Les mauvaises actions

14 visistes    



Le Financial Times, journal pro-éminent dans le monde de la finance titrait aujourd’hui que l’obligation émise il y deux semaines par Manchester United pour le rachat de ses propres dettes, accusait une des plus mauvaises performances sur le marché des obligations. Ce constat n’étonnera évidemment personne tant les clubs de football ont une structure inappropriée pour une évolution positive dans le monde de la finance.

Sur la base des chiffres énoncés dans FT, le club aurait pourtant réussi à obtenir le montant nécessaire au rachat des dettes du club (500 millions de pounds). Vous imaginez ça, quels sont les milliers de cons qui ont investi leur oseille dans « un club »? Quel imbécile pense pouvoir rentabiliser son investissement dans une structure aussi chaotique, fut-ce t-il l’un des meilleurs clubs du monde?

Un bilan criblé de dettes servant à combler les coûts fixes d’un ensemble d’employés payés à coups de millions par mois ou à l’engagement de futurs employés pour des sommes astronomiques dans un environnement où le « turn-over » en terme de ressources humaines avoisine les 200% dans certains de ces clubs. La comptabilité est très facile à résumer dans le monde du football. Pas besoin d’être un expert comptable.

aig.jpg Un sponsor solide,…
Et pourtant Manchester pointait à la seconde place en matière de revenus dans le rapport 2008 publié par Deloitte (325 millions d’euros exactement, revenu déprécié par la chute du sterling sinon Manchester aurait passé l’épaule devant le Real Madrid). Des revenus principalement générés grâce au merchandising et sponsors (1/3, AIG…sic) aux droits télés (un autre tiers) et au « matchday » (recettes abonnement et entrées au stade ainsi que revenus liés aux participations des grandes compétitions nationales et européennes, un dernier tiers)

Malgré une saison exceptionnelle en 2007/2008, marquée par un doublé Champions League, Championnat, le club a récemment donc pris la décision de se refinancer via l’émission de cette obligation afin de combler les dettes du bilan. Remplaçons des dettes merdiques par des dettes plus honorables quoi. Sans compter le fait que, les nouveaux proprios yankees et haïs par le syndicat United, les Glazers, aurait contribué à enfler cette dette afin de rembourser d’autres emprunts dans des « hedges funds » qui leur avaient permis de racheter le club il y a de celà 3 ans (pour les ignares en finance, allez sur Wikipédia)

Le problème du club de foot officiant au haut niveau n’est donc pas dans sa capacité à générer des revenus, mais celle de les gérer, car il aurait fallu multiplier ces revenus par 20, dans le cas de United, afin de subvenir à l’infrastructure de coûts générés par l’entraineur et quelques joueurs phares. Les clubs ne sont pas des sociétés, ce sont des hobbies à perte monstrueuse, la preuve par 15aines, ces clubs qui sont lancés sur le stock market et qui ont vu leurs actions dégringoler lamentablement.

portsmouth.jpg Un investisseur sérieux…
Récemment l’excellent magazine anglais When Saturday Comes (WSC – toujours posé ostensiblement sur le bureau de ce con de Prince Omar qui en branle plus une depuis des lustres) affirmait « le football était un sport de millionaire, il est dorénavant devenu un hobby de milliardaires »

En effet le seul « business model » viable pour le club de football est devenu celui du président milliardaire aux fonds inépuisables capables d’injecter des capitaux à base régulière. Manchester City, Chelsea, plus récemment Birmingham, Portsmouth (dont la pseudo-reprise du club est en train d’être vécue comme un calvaire) nombreux sont ceux qui ont dorénavant ce gentil papa, capable de soutenir le « club », avec des bourses bien avantageuses (ne nous emballons pas).
slip_d_abra.jpg des bourses bien avantageuses, et le tour est joué

Rares, sont les exceptions, ces clubs trustant le firmament des compétitions européennes et jouissant d’une situation financière, ils ne se comptent d’ailleurs même plus sur un seul doigt (certains me disent que la Juve a un bilan sain, par contre dans les gradins et sur le terrain, ça sent le brûlé et le moisi).

Therefore, comme diraient nos amis d’Outre-Planche, je me demande encore quel imbécile peut prendre la décision d’investir dans un tel véhicule. Mon père me disait « La passion c’est pour les cons », il avait peut-être raison, en tout cas, aimons le football pour ce qu’il est, un jeu.

Pour rire, voici l’argument de vente de l’obligation (pour ceux qui ne captent pas l’anglais, allez sur Google Translate)

« The Manchester United chief executive, David Gill, has over the past fortnight led a global roadshow across Asia, Europe and the US to sell the idea to investors, arguing that the club’s iconic brand and global commercial potential made them a safe bet despite the large debt they are carrying. » (tiré de www.guardian.co.uk)

Donnez votre avis

Postez votre commentaire ci-dessous, ou trackback from your own site. Vous pouvez aussi vous abonner au fil pour ces commentaires via RSS.

Votre email ne sera pas jamais diffuse. Les champas marques par un * sont obligatoires