Un drame à l’italienne
La rigidité de l’homme du Frioul en a pris un coup, mais le défi était à sa mesure. Homme de principes, main de fer dans un gant de maille d’acier, Fabio Capello a eu avec le Terrygate de quoi challenger l’image qu’il donne de lui-même.
Finalement que John Terry face des abdo-fessiers avec la petite copine nympho de Wayne Bridge, que Tiger Woods exerce son déhanché sur la moitié des Etats-Unis ou que Avram Grant sorte minable d’un bordel de Portsmouth, on s’en fout un peu. Ce qui importe ici, c’est la gestion du cas Terry par deux des plus grands entraîneurs de la planète : Fabio Capello et Carlo Ancelotti.
Car il faut le dire, les entraîneurs ne sont plus seulement des mecs en survêts, qui hurlent sur l’arbitre et les chèvres de son équipe depuis le bord de la touche. Enfin, il en reste encore quelques uns du côté de Rennes ou de Monaco, il fallait entendre Antonetti, hurler sur l’arbitre à propos de Benoît Pedretti, lors du dernier Rennes-AJA : un veau.
Carlo Ancelotti
Non les entraîneurs sont de véritables managers et leur rôle s’affirme réellement plus dans la gestion d’un groupe que dans le nettoyage des crampons de leur effectif. Pour cette tâche-là, Ray Wilkins à Chelsea se débrouille très bien. Par contre, en histoire de cul, il a encore beaucoup à apprendre.
Ancelotti, par contre, côté fesse, s’y connaît à merveille. Non pas qu’il soit un habitué du second bureau comme on dit en Afrique de l’Ouest mais il a du gérer et avec difficulté, des champions autrement plus portés sur la bonne chair que John Terry. En effet, l’ex-capitaine anglais paraît bien pâle au regard des performances de Ronnie himself qui, s’il n’a jamais fricoté avec la copine de Bridge (quoique ?), connaît probablement et de manière intime la moitié de l’Espagne, de l’Italie et de la France réunies. Alors ce n’est pas l’écart de conduite passager du pauvre Terry qui va émouvoir, un Romain le bon Carlo de surcroît. Et puis, quoiqu’il en soit, on ne touche pas à une idole de Stamford Bridge.
Fabio Capello
Pour Capello, l’affaire est plus compliquée. La puissance des médias british, lié au puritanisme anglais et à une réputation de droiture cultivée au fil des ans ne pouvaient laisser l’ex maître de Milan, Rome, Madrid et Turin sans broncher. Le rusé Capello a attendu quelques jours pour savoir si la salive fétide des tabloïdes allait s’assécher puis il a dégainé sa décision, en cinq minutes paraît-il, à un Terry en position de victime expiatoire. Pourquoi ne pas le suspendre de toute sélection pendant deux ans si son pêché est si condamnable ?
Pour trois raisons.
La première est que Terry n’est pas un acteur de seconde zone dans la sélection anglaise. Si James avait baisé la femme de Rooney, il n’aurait pas joué la coupe du monde. Demandez donc à Pirès pourquoi il ne joue plus en bleu ? Quoique Pirès n’est pas un bon exemple, il ne joue plus non plus en jaune.
La seconde est historique. S’il se dit que Jean-François Larios avait en 1982 regardé de trop près le galbe de Christelle Platini au Macumba de Saint-Etienne, cela n’a pas empêché le milieu défensif de l’ASSE et Platini d’aller ensemble en Espagne et de voir la France arriver jusque dans le dernier carré.
Capello connaît l’histoire du football. Ainsi, alors que Wayne Bridge se demandait publiquement s’il valait le coup d’honorer une éventuelle sélection lors du prochain match amical des Anglais, Capello l’a clairement rappelé à l’ordre : si Bridge refusait sa convocation, il prenait le risque de ne pas connaître les joies d’une coupe du monde en plus d’être le cocu 2010 de l’Angleterre. Ca fait beaucoup pour un seul homme et Bridge d’y regarder d’un peu plus près.
La troisième est réaliste : Capello rencontre un problème aigu, il n’a aucun banc. Enlevez Terry, vous mettez qui à côté de Ferdinand ? Campbell ? Vous rappelez Adams ? Neville ? Capello n’a pas le choix. Ashley Cole vient de se blesser gravement et recomposer une défense à quatre mois de la coupe du monde pour ce maître tacticien rendrait son rêve de remporter le trophée, cette fois totalement impossible.
Du coup, on en connaît tous l’issue de cette mascarade médiatique : Fabio a donné un os à ronger aux médias et dégradé Terry en lui enlevant son brassard de capitaine de la sélection anglaise (jusqu’à mi juin ?). Il espère simplement que Terry n’a pas couché avec les copines de Joe Cole, Lampard ou Defoe, car après le capitanat, que pourrait-il lui enlever de plus ?
Quant à lui, Carlo a donné à son capitaine le loisir de passer par Dubai pour aller recoller, avec sa femme et ses deux enfants, les morceaux cassés par une histoire de croupe hexagonale. Concernant, les histoires de cœur, on est toujours plus compréhensif dans le Mezzogiorno que dans le Frioul
Courbis en aurait peut-être tiré un petit revenu.








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One Comment
John Terry for president!