Rondeurs du foot (réédition)

15 visistes    



Wikipédia stipule : « Une femme est un individu de sexe féminin de l’espèce humaine par opposition à l’homme, individu de sexe masculin. Son anatomie permet le développement d’un fœtus humain et la naissance de l’enfant. » Son cerveau n’offrirait cependant pas toutes les garanties pour la compréhension des règles et des subtilités du football, ainsi que le sport roi consacrerait une fois de plus la domination masculine. Une exploration édifiante de Thierry Pellet, tout en accélérations et contre pieds.

Inventée en 1909 par le parti socialiste américain et officialisée en France en 1982 (source JDD du 8 mars 2009), la Journée de la Femme a l’immense privilège de faire dire chaque année à la maligne ou au malin son bon mot : « … et le reste de l’année, c’est pour l’homme ! »

A celui qui croirait que l’égalité des sexes prévaut déjà largement dans la société française, la lecture de « La domination masculine » de Pierre Bourdieu (Paris, Seuil, 1998) est un salutaire rappel à l’ordre.

L’exploration culturelle de ce que l’on croit relever d’une distinction naturelle donne un sérieux coup de neuf aux idées. Et la tête bien mieux placée sur les épaules, on peut se poser la question de la féminité dans le foot.

Pour d’aucuns l’affaire du ballon rond est d’abord machiste (on en veut pour preuve à la place de ces d’aucuns les résultats d’une recherche des tags « football et femme » sur google). Comme si le genre avait à voir avec l’adresse du corps et le plaisir du jeu, et que le sexe mâle valait expertise en football, l’usage (des plaisanteries surtout) s’est conformé à la pratique, donnant raison aux accusateurs du caractère susdit. Joué majoritairement par des hommes majoritairement assis dans les stades ou sur le canapé, le football s’est fait une spécialité de replacer souvent la femme aux fourneaux et, surtout, rangée derrière l’avis forcément plus abouti et éclairé de son homme.

Ce bon vieux footeux a construit là une quasi composante. Pauvres d’eux, pourvus d’une queue, qui n’aiment pas le ballon rond ! Comment justifient ils leur virilité ?

Pauvres d’eux, plus encore, pourvus d’une queue, ceux qui bandent à l’oraison des culs de … mecs ! Le footeux macho y saisit l’occasion deux fois plus belle de brandir l’étendard de sa force virile, l’affirmation d’une domination marquée par des principes de puissance, la soif de l’opposition et l’ambition de la première place, et crie à qui mieux mieux sans que personne ne s’en offusque encore l’affiliation honteuse alors de ceux des hommes qui aiment les hommes : gardiens traités d’enculés, défiance d’être une tapette, tout y passe !

Et pourtant ! Que dire de cet homo-footus fort et puissant qui est « mieux à boire des bières devant un match de foot qu’à se faire enculer ! » ?

Sans nul doute possible il se livre sans crainte et même à corps perdus aux corps à corps des membres chauds et à demi nus. Il se déculotte, sans vergogne, avant les matchs puis après, au sens littéral l’impudeur convenable remisée aux vestiaires, bite à l’air avant de foncer sur l’herbe à onze contre onze, bite à l’air dans les vapeurs des bains.

Étonnant macho que ce footballeur dont on se demanderait presque si, deux mille ans plus tôt dans les coulisses du Colisée, il n’aurait pas cédé aux charmes de se courber devant un camarade sans que son honneur et sa virilité ne trouvent à y redire !

Est il machiste, le ballon rond, d’une façon familière. Mais comment fait il de la place à la femme ?

Réalité faite de contrastes… Quand les Etats-Unis ont offert à Mia Hamm le statut d’icône, l’Italie continue à garnir ses shows foot télés de poules de luxe aux gorges avantageuses et, la France, de botter en touche.

Enfin, Estelle Denis changeait la donne, animant LE plateau télé français consacré au foot, une émission 100% ballon rond. La minette n’en était pas une, et pas par manque de charme, mais elle était bien plus journaliste que bonne femme… Si sa bouille et ses formes étaient chassées par « caps » interposés sur le Net, les amateurs du pré suivaient et la trouvaient à sa place.

Une défaite plus tard, son compagnon réclamait son épaule et sa main et réduisait en une déclaration maladroite la présentatrice en consolante. De retour de guerre, le mâle footeux a besoin de tendresse…

Il est un fait que le foot garde encore souvent ce caractère privilégié du bastion de potes, où les gros mots sont autorisés, voire conseillés, et les fantasmes ne valent pas condamnation mais rires de l’assemblée s’ils sont clamés dans une exclamation de bonne facture !

La place de la femme dans le football ne se pose pas en problème selon sa présence ou non mais davantage quant au rôle qu’elle tient dès lors qu’elle a effectivement une place.

Au sein de la rédaction de Subfoot, Gisèle était au secrétariat. En attendant donc, on lancera des invitations : et toutes celles qui seront prêtes à porter la plume toutes gorges devant aux côtés des présents félibres à queue seront accueillies à bras ouverts pour autant que leur verbe emportera dans sa fougue, comme un tir au but, les yeux jusqu’au bout de la ligne. Les mots n’ont bien de sexe que d’intention.

publié la première fois sur subfoot le 8 mars 2009

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