Rien ne sert de courir
L’enfant de choeur et l’acteur de films X n’ont peut-être pas tout perdu en se faisant éliminer par l’OL en huitième de finale de la ligue des champions. Certes, Fiorentino fait la gueule, Pellegrini ses valises et Benzema pitié mais l’avenir pourrait s’annoncer pourtant plus rose.
En effet, aussi bien Kaka que Cristiano Ronaldo dont les ambitions nombrilistes de ballon d’or et de contrats juteux sont en complète contradiction avec l’essence même du football- jeu collectif-, pourraient bien atteindre leurs objectifs et ce grâce à l’année coupe du monde qui rend toute autre compétition fanée dès que le tournoi ultime se met en marche. Qui se souviendra du vainqueur de la ligue des champions 2010 en pleine canicule juilletiste sur les plages brûlantes du monde entier. Personne.
Tenez. Faisons un test. Quels sont les clubs qui ont gagné la ligue des champions 1998, 2002 et 2006* ?… Ca rame, n’est-ce pas ?
Question plus simple : qui a gagné la coupe du monde en 1998, 2002 et 2006 ? La réponse coule de source, passe du cerveau à la langue en moins de quelques dixièmes de seconde.
Autant vous dire que celui qui soulèvera le trophée en 2010 au cœur du magnifique Santiago Bernabeu n’aura que quelques semaines pour savourer sa gloire. C’est injuste par rapport à ceux qui gagnent la coupe en année impair (saveur annuelle), mais c’est comme ça.
Du coup, le gendre et le beauf, passée la déception de perdre contre Boumsong et Jean II Makoun réunis vont pouvoir se préparer comme personne pour l’échéance finale : la coupe du monde en Afrique du Sud.
C’est à se demander si le plan com n’est pas préparé depuis des mois. Bigard, sors de ce corps me direz-vous, car le complot serait pervers mais regardons cela de plus près.
Le Real perd en coupe d’Espagne contre des amateurs. Le Real perd en ligue des champions contre des semi-professionnels (…). Ne lui reste qu’une seule compétition sérieuse à disputer : la Liga. Ca tombe bien, elle est génératrice de revenus en cas de qualifications pour la prochaine ligue des champions.
Les internationaux madrilènes, dont le joueur de dames et le jouisseur des dames, ne joueront plus qu’un match par semaine et arriveront frais comme des gardons en Afrique du sud.
Que ça plaise aux sélectionneurs des pays concernés, le Real s’en moque. Par contre, l’impact médiatique et donc commercial d’une bonne coupe du monde d’un joueur madrilène concerne au plus près les finances de Fiorentino.
Pour deux raisons :
La première est logique : la valeur marchande d’un joueur ayant fait une bonne coupe du monde explose littéralement. Même pas besoin de gagner le titre, marquer les esprits par un but spectaculaire (Owen 1998), une coupe de cheveu ou de barbe particulière (Lalas 1994), une attitude pathologique (Kahn 2002) suffit à sa peine, même il est vrai qu’atteindre les demies donne une légitimité sur le moyen-long terme, en dehors du cercle élargi de la ménagère de moins de 50 ans, et des contrats sportifs juteux.
Autrement dit, ceux qui gagnent le titre touchent le jackpot et apportent à leur club une visibilité accrue, donc de meilleurs contrats, des rentrées plus grandes en termes financiers.
Ainsi, après 2006, le Real saute sur l’occasion Cannavaro, l’OL sur Grosso, le Bayern sur Toni ou encore le Barcelone sur Zambrotta. Après 2002, les Brésiliens ont tout aussi bien capitalisé au-delà même des 23 champions du monde. Quant à l’après 1998, Petit s’est mis à vendre des biscuits avec la tunique catalane sur le dos, sans parler de tous les autres qui, au même titre que Guivar’ch ont reçu des offres de contrats qui ne se refusaient pas.
Dans cette optique, une coupe du monde pour le Brésil ou le Portugal et c’est Broadway. Mieux que du Madoff.
Se pose encore la question de savoir qui, sur le marché actuellement peut se payer Ronaldo ou Kaka ? Et qui pourrait se les payer après une victoire éventuelle en juillet 2010. Personne
Du coup, on arrive à la seconde raison qui peut faire en sorte que les éliminations rapides du Real dans des compétitions nationales ou européennes ne sont peut-être pas de mauvaises choses.
Victoire signifie valeur marchande augmentée par le truchement de la visibilité. Ronaldo, c’est 95% de ses activités en maillot blanc et 5 % en maillot rouge. De fait, un titre de champion du monde a un retour sur investissement plus important pour un joueur et un club que pour une Fédération ! Un Ronaldo qui gagne la coupe du monde, c’est un Ronaldo qui vend encore plus de yaourt mais également des maillots blancs, des shorts, des chaussettes et des loges où on déguste des tranches de Serrano et ce pour quatre ans, voire plus dans certains cas.
Ainsi, Ronaldo a beau montrer son torse comme Loana montrait ses seins, il ne sera l’égal des plus grands que s’il remporte la coupe du monde. Et il en a le potentiel. Alors que Loana n’aura jamais la reconnaissance de la compagne de Sartre.
Mais il sait, comme Fiorentino que sa seule présence sur le continent noir peut générer plus de profits dans une courbe exponentielle au regard des résultats du Portugal et de ses performances individuelles.
L’année fiscale ne fait que commencer.
* Pour information les vainqueurs de la ligue des champions sont : 1998 Real Madrid, 2002 Real Madrid, 2006 FC Barcelone






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