Samedi, surlendemain de défaite… Bonjour tristesse !
Après son nul face à l’Uruguay (obtenus avec de positives touches) et sa défaite face au Mexique (un nouveau temps traumatique dans la lignée de France – Bulgarie 93, décidément Houiller est dans tous les bons coups…), c’est un moment en forme de refrain pour une équipe de France qui avait déjà tout perdu, si vite, lors du dernier Euro, pour une équipe de France qui est parvenue à se qualifier pour la Coupe du Monde avec heurts et quolibets et qui, sans conteste, est en train de réussir une élimination tout en froide bêtise…
… La chose se présente sous des auspices rondement comiques, alors que la compétition n’est pas même terminée ! Pour ces Bleus, l’espoir est une zone délaissée, la miette fortuite d’une fatalité peu surprenante, et ce fait est dans le ton.
Le paradoxe avancé là est important : central, même.
Il restait près de trente minutes de jeu pour réagir face au Mexique, mais que croyez vous qu’il se dégageait des Bleus, joueurs – staffs – commentateurs et supporters ? L’avènement de l’implacable attendu ! Les supporters jouaient d’ironie, et de frustration. Les commentateurs ôtaient le conditionnel de leur propos amers et enclenchaient la touche « repeat » de leur console, suivant une ligne dont ils ont peu déviés depuis deux ans et plus. Le staff (image immense !), incarné par le sélectionneur, prenait appui de l’épaule contre l’abri du banc de touche. Les joueurs, eux, perdaient leur regard dans les jambes adverses, d’autres au hasard de la pelouse… Il y avait un à zéro pour le Mexique et l’on aurait dit le verdict définitif, la Coupe du Monde pliée… Alors que sonnait le moment de se révolter, l’abattement soudait les onze bleus. Est-il possible qu’ils aient alors été soulagés que se produisent pour de bon ce qu’ils auraient tous individuellement craints ? Et qu’alors, plutôt que de sentir en eux bouillir l’énergie qu’on a lorsqu’on est dos au mur, leur corps –membres et mental- se soient délités pour de bon, empêchant d’investir les minutes qui restaient pour inverser la tendance et emporter la décision ?
Ce ne sont pas des compétiteurs qui ont perdu face au Mexique, alors même qu’ils en sont par leur histoire (personnalité), leur carrière (expérience) et leur métier (poste occupé) ! Ces joueurs abattus avant l’heure, dépités séparément, incapables de se révolter à onze, ressemblaient à de capricieux adolescents d’une quelconque équipe de collège un peu douée dans un tournoi UNSS de n’importe quel bled de France.
La comédie brosse des réalités.
Bonjour tristesse !… ainsi qu’il faille au repos du week-end se réveiller de cette difficile semaine française, aux mêmes refrains qu’en 2008. L’air est connu. Les casques décriés de français gosses et prétentieux ont déjà pris le revers de la main de la critique nationale. L’insulte d’Anelka à l’attention du coach dans le secret (tout relatif) du vestiaire à la mi-temps du Mexique, le majeur balancé par Gallas à la caméra au moment de quitter la pelouse, tout cela rajoute une couche au millefeuille certes, mais ce dernier est cuit et recuit et sa crème déborde, pâteuse et défraichie.
A perdre sans gloire, se couvre t on de honte ? L’ombre de cette dernière, comme un linceul, est doucement tirée par tous sur cette équipe que d’aucuns voudraient déjà refaire avec des si ou parler au passé !
Bonjour tristesse !… Si Domenech est voué aux gémonies, il emporte avec lui ses compagnons d’échec. Ce dernier n’est pas le résultat d’un match. Mais le terme d’une ère, comme ont dit du passage d’un sélectionneur à la tête d’une sélection. L’édifice de l’échec est solide. Ses pierres d’angle sont connues : des incohérences du chef à ses paranoïas, de son bon dos à ses joueurs pris avant que délaissés, lâchés puis repris, investis et dégagés, des manques des joueurs appelés à être la colonne vertébrale de l’équipe, le méli-mélo des parce-que renvoient le pourquoi dans ses cordes, aux subjectifs éclairages des critiques unanimes sans être toujours identiques.
Bonjour tristesse !… dans ces larmes qui montent, au regret de ne pas disputer vraiment la Coupe (mais sait on jamais pourtant !?), on se prête à rêver que cette descente aux enfers aient une utilité et, que ce grain fort, long et douloureux dont le groupe Bleu vit l’apogée en ces heures soit traversé pour aboutir sur un champ désolé certes, mais propice aux jours nouveaux.
Samedi, surlendemain de défaite, alors que bonjour tristesse !, l’espoir est un plat froid, c’est d’aube qu’on a besoin ! Le crépuscule dure depuis si longtemps… Que c’est long, d’abdiquer !




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