Gone too soon
2004/2005
Par Omar, le rédacteur en chef subjectif - (autres articles du même auteur)
Apr 14, 2005 - 1:09:00 AM

ex-frenchy.jpg Ex-frenchy

Mathoux transpire, suinte, il doit faire chaud dans les studios du stadium Philips d’Eindhoven. Ces mêmes couloirs habités par les fantômes de Ronaldo et Romario. Rien de bien brésilien dans le collectif de Guus pourtant, hormis le colosse Alex qui ne manquait pas de perforer Coupet, d’une volée ras du sol qui fusa sur la pelouse et annihila le coup de pied hargneux du début de partie, d’un ravivé Wiltord  
 

 

Aulas avait tiré la gueule lors du tirage au sort dans la salle de conférence de l’UEFA à l’annonce de ses futurs adversaires en quarts. Etait-ce une feinte afin de conjurer un sort plutôt favorable considérant les autres participants ou une déception nourrie par le manque à gagner d’une belle affiche Lyon-Milan? Quoiqu’il en soit cette grimace se concrétisa lorsque l’ex-servettien et ami intime du Guru, Robert coulissa sur ses genoux au grand bonheur des supporters bataves.

 

Juninho n’enfilera plus de coups francs, Govou ne débordera plus, Diarra ne décochera plus de patates, Coupet ne plongera plus comme un chat, Essien ne mordra plus le gazon, Malouda ne brillera plus de ses centres brossés et Berthod ne pourra plus se coiffer au son de l’hymne de la Ligue des Champions.

 

Il était beau ce groupe lyonnais, il offrait non seulement une bonne dose de spectacle grâce à un football varié, mais possédait de plus cet équilibre que la distinction d’un Le Guen a su bâtir. On y remarquait une certaine virtuosité technique orientée vers l’offensive, un milieu de terrain solide et hargneux ainsi qu’une défense idéalement placée.

 

Les statistiques lyonnaises parlaient aussi d’elles mêmes, une secouée brêmoise venant rafraîchir les chiffres, soit, mais voilà, lorsque l’on s’accorde 29 buts contre 11 encaissés, lorsqu’au compteur on affiche 6 victoires, 3 matches nuls et 1 défaite, l’on ne peut que regretter une élimination en quarts de finale.

 

Au lendemain d’un triste épisode pour ce sport, l’attitude du groupe

la_classe_d_un_breton.jpg La classe d'un breton

lyonnais nous procure aussi un certain réconfort, Paul Le Guen réagissant « à chaud » garde un calme et une lucidité exemplaire alors que l’on évoque le penalty non sifflé sur Nilmar. Identique preuve de maturité du côté du gardien Grégory Coupet, relativisant sa défaite, préférant dédier le parcours de son club aux récents disparus dans l’entourage rhodanien plutôt que de vomir sur l'arbitre. Certes la langue de vipère est souvent incarnée par le président du club; un Mr Aulas se plaignant souvent de la pluie et du beau temps faisant les yeux doux au G14, mais il faut lui reconnaître un savoir-faire dans le cadre d’une gestion sportive teintée de continuité, ce qui est rare dans le milieu.

 

Le championnat semble acquis pour le groupe lyonnais, est-ce cependant la fin annoncée d’une génération ? Avec un possible départ de Le Guen, Aulas pourra t’il conserver autant d’homogénéité ?

 

Sans faire de bruit, cette ondée lyonnaise sentait bon le printemps, on espérait qu’elle gagnerait les contrées de Milan puis peut-être celles d’Istanbul. Plus que jamais, la cuvée Lyon 2004/2005 semblait bien apprêtée pour une consécration européenne.

 

la_la_.jpg La La!

Néanmoins, c’est la rigueur de la froide Hollande qui viendra frapper nos chaumières. Lors d’une émission spécialisée, l’on comparait le PSV à l’équipe de Grèce durant l’Euro 2004. La calvitie de Galliani n’y résistera peut-être point. Les schémas de Guus ne sont pas ceux d’Otto, bien que pour se rendre aux matches, il prend l’auto Guus.