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L'astuce de Guus
Publié dans: 2004/2005
Par [unknown placeholder $article.author$] - Apr 26, 2005 - 1:02:00 AM


guus_20hiddink2.jpg Guus Hiddink ne fut pas un joueur glorieux et faisait fuir les collectioneurs Panini

 

« Cela ne sera pas une autre Corée!» déclarations claires et fort réductrices de la part d’Ancelotti, à l'égard de son collègue néerlandais, à la veille de la première demi-finale de Ligue des Champions. Le Milan n’entend pas laisser Guus réitérer son Italocide de 2002. Ce sombre souvenir asiatique qui vit Maldini se faire surprendre par la touffe fougueuse d’Ahn le pérousien.

 

Pourtant, en exprimant cette métaphore maladroite dans la Gazzetta dello Sport, l’entraîneur milanais avoue implicitement sa crainte du sorcier Coréen. Souvenez-vous des marées rouges, des bandeaux qui serraient les tempes des milliers de sud-coréens épris de leur sélection nationale. Les diables rouges avaient trouvé leur nouveau camp, dans un football frais, actif, vivace, à la limite du sauvage. Le Guus avait pourtant buté sur des allemands réorganisés en garnison redoutable.

 

Carlo connaît pourtant bien le palmarès du batave, un bouffeur de titres en Hollande et un  compétiteur sans égal au niveau mondial et européen. Un palmarès riche pour l’obscur milieu de terrain de métier  qui commença sa carrière de coach en 1982 avec De Graafschap. Il enchaîne avec le PSV où il adhère au plaisir du succès de 84 à 90, Guus enlève quatre titres de champion d’Hollande et un Championnat d’Europe en 88. Puis, Valence, la sélection hollandaise qu’il mène respectivement en quart de l’EURO 96 (défaite contre les Bleus de Jaquet) et en demi-finale du Mondial 98 (défaite contre le Brésil) et le Grand Real Madrid (oui Madame). Guus ne boit pas que du petit lait et à l’habitude de jongler avec les grands noms, avec le Real il remportera une Coupe Intercontinentale mais se fait clouer par le Dynamo Kiev du petit prince d’Ukraine en Ligue des Champions et par le Barça de Kluivert, Figo  Rivaldo et son compatriote Van Gaal en Liga. S’ensuit une saison ratée au Betis, une période de chômage de deux ans durant laquelle il conduit sa femme au boulot, avant d'entamer le retour flamboyant qu'on lui connaît sur le plan international, la moustache égayée par une consécration de citoyen d’honneur de la part du gouvernement du Matin Calme.

 

Guus qui roule n’amasse pas mousse me direz-vous. Et bien détrompez vous, il n’est peut-être pas aussi tapageur que d'autres entraîneurs au venin mortel, pourtant son chemin il le trace à coups de Van Bommel dans les mollets. Sacrés champion d’Hollande une fois de plus ce week-end, les pensionnaires du Stadium Phillips roulent tout droit vers un triplé. Une ligne droite tout de même embûchée par l’obstacle de masse Stamistique et Shevantronique avant de peut-être retrouver les transfuges Arjen et Mateja, deux membres affaiblis sous la paille d’Abra, l’un, le plus souvent blessé, l’autre en manque de jus. Le gendarme couché de Willem II en Amstel Cup semble être surmontable.

 

Avec ce titre de champion des Pays-Bas, Hiddink devient Mr Football Total Plus dépassant le maître Michels himself (5 championnat contre 4 pour Rinus)

 

La régularité du collectif néerlandais, toutes compétitions confondues, est impressionnante cette saison: 45 matches joués, 34 gagnés, 4 perdus, 7 matches nuls. En Ligue des Champions 11 buts marqués pour 10 reçus ( ?) un goal average digne d'une Juventus moderne. Le PSV n’a aussi plus perdu à la maison en Coupe d’Europe depuis le passage des petit princes de Monaco de la glorieuse épopée 2003/2004. Seulement 2 buts encaissés à domicile lors de la campagne 2004-2005. Hiddink tributaire du football d’attaque et ouvert lorsqu’il officiait en Espagne, maniant Raul et Mijatovic, pour le grand bonheur de nos yeux, aurait peut-être laissé son séduisant plumage aux vestiaires.

 

Le Milan lors de ces deux dernières rencontres en Ligue des Champions face au PSV, s’était imposé (en 92 puis en 93), un printemps où Boli faisait rêver la France d’un coup de boule qui n’avait encore rien à voir avec la loterie et qui faisait chialer Baresi comme un bambin. De plus, le Milan n’a jamais concédé un nul face à une équipe hollandaise à domicile, Carlo pourtant se méfie de son acolyte « coréen ». L’art Guus coûte peu cher, avec un budget 10 fois inférieur à celui de la bande à Galliani, le PSV pourrait être la surprise du cru 2004/2005.

 

17 ans plus tard, sans le Benfica de Chalana, Hiddink tente de rééditer un exploit que les moins de 45 ans ne peuvent pas connaître, c’est aussi ça la Bohême, n’est-ce pas Jo Mou?



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