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Red is not dead
Publié dans: 2004/2005
Par [unknown placeholder $article.author$] - May 4, 2005 - 12:54:00 AM


alf.jpg Le consultant yugo dépité

Le consultant yugo est accroupi dans ses toilettes, vomissant son encre bleue 2004/2005, blotti comme une boule poilue, une réincarnation de Alf en pleine dépression nerveuse. Il est 23h34 et Chelsea vient de perdre sa demi-finale de Ligue des Champions. Pour ceux qui veulent faire des rapprochements faciles, l’on dira que c’est une deuxième demi-finale perdue de suite pour les londoniens.

 

La rĂ©daction Ă  des attentes peu indulgentes, mais les pleurs d’un gros yougoslave de 34 ans au tĂ©lĂ©phone, avouez que ça fait mal au cĹ“ur. « Nan chef, je n’ai pas le cĹ“ur Ă  l’ouvrage, et pis qu’est ce que je vais pouvoir dire, Mon Mourinho qui perd, qu’est ce que je vais pouvoir dire… Â» A travers ses sanglots de sanglier, je pouvais percevoir une amertume irrĂ©versible, un dĂ©goĂ»t que mĂŞme un bon plat de bolognaise ne pouvait relancer.

 

Soit, je m’y plie, Ă  moi de rĂ©agir au derby anglais en Champions League. Lorsqu’un membre de l’équipage met le genou Ă  terre, il est du rĂ´le du capitaine de supplĂ©er Ă  cette dĂ©faillance (moyennant une diminution de salaire pour le venin serbe)

 

mourinho_manteau.jpg Mourinho est un messie avec ce manteau

Première observation : Mourinho a fait tomber le manteau, il l’a troquĂ© contre son nouvel uniforme fĂ©tiche, casual mais corporate, le survĂŞt façon Malesani aux couleurs du club, suintant encore de la transpiration de Bolton. Jo est superstitieux, seulement, il a peut-ĂŞtre oubliĂ© que le fĂ©tichisme a une logique prĂ©cise qui refuse que l’on mĂ©lange les catĂ©gories. Jo, un petit conseil pour l’annĂ©e prochaine, le survĂŞt’ ,pour la Premiership, le manteau, pour la Ligue des Champions. Demandez Ă  Risoli, quand la roue tourne, ça ne tient qu’à des petits dĂ©tails et ce soir le manteau fut un dĂ©tail dĂ©cisif.

 

Rien à redire par contre sur la tenue de Benitez, impeccable dans un costume ceintré à hauteur des poignées d’amour, rien à voir avec l’imper’ pourri de Houiller, dénotant un manque certain de classe et surtout une franche touche de caractère de loser.

_41105491_managers.jpg différence de dégaine

Le duo de TF1 ne tarda d’ ailleurs pas à prendre plaisir à commenter le match dans le match Benitez-Mourinho.

 

La confĂ©rence de presse d’avant match de Jo Mou fut classique, de l’intimidation, de l’intimidation et un excès de confiance infaillible, le goujat a tout de mĂŞme deux titres dans la poche, pour une première annĂ©e Ă  la tĂŞte d’un nouveau groupe. La soliditĂ© mentale est une Ă©vidence dans ces cas lĂ .

 

Le rouge est vif, il explose, il Ă©clate et dĂ©borde des virages d’Anfield, immiscĂ© dans cette ambiance, le supporter moyen devait se sentir Ă  la fois happĂ© et Ă©levĂ© Ă  l’exaltation spirituelle. Que dire lorsque 4 minutes plus tard, Luis Garcia arrachait une rĂ©alisation au nez et Ă  la barbe de Mr VidĂ©o. Gallas s’embarrasse de bras en l’air, en vain, 1-0 pour les Reds.

 

Ce scénario, détesté au possible par le stratège portugais lui procure des sueurs froides, en effet, il comptait sur une ouverture du jeu de Liverpool par rapport au match aller, afin de planter ses coups d’épées. Or, s’il fallait trouver un talon d’Achille à Chelsea cette saison, c’est son incapacité à remonter un score. Manchester City, Newcastle, Porto (à signaler, celui-ci fut un match sans enjeu) et la finale de la Coupe de la Ligue contre le même Liverpool. Pour ceux qui avaient suivi la bataille de Cardiff, souvenez-vous de la peine qu’il fallut aux Blues avant de retrouver une réussite inespérée, grâce à l’arrière du crâne de Gerrard venant crucifier Dudek en pleine lucarne. Un coup du sort, un coup de bol qui relevait Mourinho d’une période critique, accusant une pression extrême de la part des médias anglais.

 

MalgrĂ© cette exception, nous le confirmons, Chelsea ne sait pas remonter un score, d’autant que sa tâche fut hier compliquĂ©e par l’absence de ses ailiers (Robben, entrĂ© en fin de partie mais diminuĂ© et le frère de John, Damian Duff). Les nuits furent aussi peut-ĂŞtre un peu longues et arrosĂ©es pour les Terry, Lampard, Makelele et Cole suite Ă  la cĂ©lĂ©bration du titre. Le plus dur Ă©tait fait, le gĂ©nial portugais l’avait dit durant la saison, la prioritĂ© c’est la consĂ©cration, 50 ans plus tard, en Premiership, « car c’ est sur 38 matches qu’on prouve vraiment sa soliditĂ©, qu'on est vraiment les plus forts, tandis que sur les matches Ă  Ă©limination directe, tout peut arriver Â»

 

Le reste de la partie, Chelsea passait son temps a faire circuler le ballon, le plus habilement entre la 10ème et la 30ème minute de la deuxième mi-temps, seulement, sans s’approcher vraiment de Jerzi Dudek. Liverpool dĂ©fendait, sortait de temps en temps son nez, ravis qu’ils Ă©taient, grâce Ă  leur but d’avance, de bĂ©nĂ©ficier de la mĂŞme configuration qu’au match aller : Contenir.

 

Et il semblerait que l’espagnol a su insuffler cet art à ses joueurs, car battre Juventus et Chelsea au forceps (Capello et Mourinho, si l’on se replace dans le contexte du match dans le match souligné par Larqué et Gilardi), avouez que cela mérite bien une place en finale de la Ligue des Champions.

 

Je tenais aussi Ă  souligner l’absence de volume Ă  la pointe de l’attaque, mais aussi sur le banc de Chelsea. Les journalistes maladroits se

joe_cole.jpg Joe Cole ŕ West Ham

satisfaisant du classique  «cette Ă©quipe construite Ă  coups de pĂ©tro-dollars russes Â» oublient que les mĂŞmes joueurs honorant la tunique bleue hier soir, Ă©voluaient il y a deux ou trois saisons, dans des clubs aussi modestes ou non confirmĂ©s tels que Blackburn, Rennes, En Avant Guingamp, West-Ham, Beira Mar, rĂ©serve de Porto (pas celle des viticulteurs), PSV, Union Berlin, Bolton…mais voilĂ , Roman a voulu les payer cher, tant pis pour lui.

 

Le Guru l’a dit, l’argent ne fait pas seulement le bonheur, il ne fait pas non plus la valeur, et Mourinho a tout de mĂŞme rĂ©alisĂ© un exploit sans prĂ©cĂ©dents en amenant ce groupe, lĂ  oĂą il est aujourd’hui. A l’exception de Makelele et Geremi qui proviennent du Real Madrid, aucun joueur de Chelsea, n’a remportĂ© de titre majeur au niveau europĂ©en. Le travail de JosĂ© est d’autant plus mĂ©ritoire au regard des stats de ses attaquants, Drogba et Gudjohnsen, une dizaine de buts, Kezman, une calamitĂ©, laissant des milieux de terrains prendre le dessus sur leurs manque d’efficacitĂ© (Lampard, Cole et Robben). Encore une fois hier soir, les attaquants du Chelsea firent la dĂ©monstration de leur rĂ©elle faiblesse Ă  ce stade de la compĂ©tition. Izno va se fâcher, mais Drogba est un bon joueur de championnat de L1 mais n’arrive pas Ă  la cheville d’un Shevchenko et Kezman aurait sa place dans un film burlesque aux cĂ´tĂ©s de Charlie Chaplin, ratant tous ses contrĂ´les, constamment en retard sur ses tacles et incapable de toucher le ballon du pied. Quant Ă  Gudjohnsen, sa technique est certes prĂ©sente, mais que vaut-il lorsqu’on sait qu’au mĂŞme poste (ou similaire, le Milan AC n’évoluant pas selon le mĂŞme dispositif tactique) au Milan AC joue un certain Kaka ? Que dire de la flagrante expression d’impuissance offensive lors de l’entrĂ©e de Huth au poste de Shaquille O’Neal des surfaces. Gilardi et LarquĂ© en Ă©taient mĂ©dusĂ©s, ignares, ils ne savaient mĂŞme pas que le gĂ©ant allemand est habituellement dĂ©fenseur central.

 

mourinho.jpg Mourinho n'est peut-ętre pas si fort que ça

Mourinho a démontré qu’il n’était pas la personnification du Dieu des Managers sur terre, car l’on fut tout de même surpris par la sortie prématurée de Joe Cole. Bien que discret, il est un des seuls avec Lampard et Robben capable de créer cette étincelle qui peut perforer n’importe quelle ceinture de chasteté.

 

6 minutes supplémentaires venant compenser l’irruption des mêmes streakers catalans qui avaient chatouillé les poils de nez de Figo avec une écharpe aux couleurs locales lors de la finale de l’Euro 2004, ne suffirent pas. Qui sait, si Mourinho avait vêtu son vieux manteau gris, Gudjohnsen aurait sûrement vu sa volée de la 96ème faire vibrer les filets de Dudek, Anfield se serait tu et le triplé, serait devenu une réalité.

 

Quoiqu’il en soit, samedi, Stamford Bridge sera Ă  la fĂŞte et les cotillons bleus orneront le ciel de London. Le jeune entraĂ®neur portugais s’est peut-ĂŞtre inconsciemment laissĂ© un titre Ă  remporter pour la saison prochaine…pour cela, il faudra aussi cessĂ© de jouer sur la psychologie d’intimidation ainsi que la fortune et investir plus Ă  propos, afin de renforcer un secteur offensif bien limitĂ©, car on ne peut pas aller en finale de LC sans marquer de buts en demi-finale...

 

 



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