| Adriano, Mr 90: Brésil – Argentine 2-2 (6-4 a.p.)
Copa America 2004 Par Le rédac à 2 balles, Omar - (autres articles du même auteur) Jul 26, 2004 - 12:14:00 PM |
envoyer par email version imprimante |
Ordre de marche – les mystères de la culture
La tendance au chamboulement sur le continent européen n’a pas fait d’échos sur l’autre continent du football. L’Amérique du Sud a fermé les volets sur sa compétition continentale sur une affiche des plus logiques : Brésil-Argentine. Au fil de ces trois dernières semaines, le football latin a revendiqué la différence de son touché de balle, de ses gestes créatifs, de sa volonté de gagner avant de ne pas perdre. Evidemment, les mauvaises langues diront que les défenses sont autrement plus fantasques, éminemment plus faibles, que les tacticiens sont moins rigoureux qu’en Europe, ce qui laisse plus de gazon à brouter.
L’Europe nous a démontré que rien ne pouvait combattre les valeurs d’un collectif groupé et tactiquement bien ficelé, l’Amérique Latine nous rassure que l’heure des individualités talentueuses au génie imprévisible n’était point comptée.
La conclusion des plus grandes compétitions continentales constitue donc un charmant préambule aux qualifications de la Coupe du Monde germanique en 2006…j’adore l’ambivalence et le cercle vicieux de mon sport favori.
Le rédacteur en chef à 2 balles, Omar
Adriano, Mr 90: Brésil – Argentine 2-2 (6-4 a.p.), par le rédac à 2 balles, Omar
Le petit Diego s’excentre, s’arrache, balance la balle désespérément dans la « boîte », confusion, ricochets, la balle traîne, elle retombe sur le pied gauche d’Adriano, une petite jongle, une reprise instantanée du gauche, les filets argentins tremblent, le colosse brésilien de 22 ans exhibe son torse. Il aura encore réussi à changer le destin de son équipe au « buzzeur ». En effet, ce Brésil qu’on aimait à qualifier de réserve, arrachait une égalisation inespérée contre une Argentine au complet, qui maîtrisait jusque lors les débats de cette finale de Copa America. Enrichie, la parrure de Parreira, spécialiste des victoires aux « péno », lorsque Alex souleva la Copa à la barbe du maudit Bielsa (qui n’aura rien gagné durant son règne de 6 ans et qui n’a pas de barbe)
Mr 90ème a encore frappé © Onvoitsupermalproductions
Les scratchages de ballon de Tevez, les pointus dans le mollet de Kily, les cascades de Sorin et les claques de Heinze n’y feront rien, Adriano « Jordan » aura porté cette Seleçao de bout en bout devenant le premier joueur brésilien depuis Pele en 1959 à marquer plus de 6 buts en Copa America. Comme Michael (Jordan, pas Jackson), il a cette incroyable capacité à faire la différence dans les ultimes secondes d’une partie. En effet, 3 ans plus tôt, lors d’un match amical au Santiago Bernabeu, il s’était fait remarquer en affolant la défense madrilène et en catapultant un coup-franc sous la latte à la 90ème permettant à l’Inter Milan d’égaliser. La Gazzetta s’extasiait en chantant le nouveau « Fenomeno », traçant tout de suite le parallèle avec son célèbre coéquipier de l’époque. Adriano allait répéter l’exercice du buzzeur à plusieurs reprises pendant la saison 2001/2002, à un tel point qu’il allait flanquer son maillot du numéro 90 lors de son passage à la Fiorentina. Adriano a donc sûrement 90 raisons pour croire en son destin, celui d’un homme qui commence à façonner sa légende parmi les géants du Brésil.
Réactions anticipées à cet article
« ça existe le buzzeuw dasn le soccew ? » Georges Eddy
« c’est pas juste » Marcello Bielsa
« c’est Thierry Roland qui a écrit cet article ? » Les Cahiers du football
« Merde, s’il avait pas été à moi, je l’aurais acheté plus cher » Massimo Moratti
« Lui pas Drogba ? » Roman Abramovich
« je préfère Koller » Christophe Bouchet
« et moi qui croyait avoir une sale gueule, quand j’ai vu Tevez… » Quasimodo
