| L’Empire contre-attaque : Portugal – Grèce 0-1
Euro 2004 Par Le rédac à 2 balles, Omar - (autres articles du même auteur) Jul 5, 2004 - 11:10:00 AM |
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Ordre de marche – La génération des Luzers
La Génération des Luzers
Soustrayons-nous du joug nationaliste, il ne s’agit point de sentiment ou de ressentiment à l’égard de l’une ou de l’autre nation. La farce a pris toute son ampleur, elle est révélée aux yeux du monde entier, accessible aux plus triviaux de nos passants, ceux qui parlent sans comprendre, sans avoir vu, sans connaître l’idéal de ce sport.
La discipline et la besogne ont vaincu, la rigueur et la solidité ont terrassé l’allant et la volonté d’aller marquer des buts.
Le rédacteur en chef à 2 balles, Omar
L’Empire contre-attaque : Portugal – Grèce 0-1, par le rédac à 2 balles, Omar
Le planeur brésilien est moins efficace que l'avion à hélice allemand (Getty images)
Ce fut une démonstration de la différence entre le mot donner et le mot prendre. Le Portugal, en voulant donner la victoire à son pays contre les Hellènes s’égara, la Grèce, opportuniste, pris cette victoire en plein vol, encore sur un coup de pied arrêté converti par Charisteas devançant d’une tête le maigrichon Costinha. Le reste, il ne sert de le résumer, de le conter, le scénario s’est déroulé comme prévu, les vagues fougueuses sont venues s’écraser sur les rochers. Les chiffres de nos statisticiens du gazon vert sont à eux seuls explicites :
17 tirs à 4 en faveur du Portugal, dont 5 cadrés contre 1 seul pour les Grecs ( !)
Les journalistes et analystes blâmeront cette génération de génies inachevés qui n’ont rien gagné et qui ont vécu l’échec suprême d’une défaite en finale à domicile (Le syndrôme du Maracana 50), chercheront à démontrer les erreurs de coaching d’un Scolari qui est tombé sur plus guerrier, plus stratégiste que lui, la stérilité d’un Deco pitoyable de fatigue et le désarroi d’un Figo Realiste et non réaliste, mais qu’importe…
La morale de l’histoire nous apprend qu’il faut être groupé, déterminé, obéir à la lettre aux consignes de l’entraîneur, concentré, physiquement affûté, opportuniste et un brin chanceux pour gagner une compétition majeure. Qu’il faut avoir dans ses rangs un gardien en état de grâce, un entraîneur allemand et dix « soldatinos » appliqués à la besogne du contre.
Difficile à digérer pour un webzine qui salive devant un football artistique, échancré, scintillant, sexy, aguicheur, mélangeant les bienfaits du collectif au culot de certaines individualités talentueuses, soignant un équilibre parfait entre l’art de l’attaque et celui de la défense. Car ce ne fut ni l’Euro de Zizou, de Nedved, de Figo, de Van Nistelrooy, de Ballack, de Totti, de Cassano, de Beckham ou de Rooney aux services de leurs équipes nationales respectives. Ce fut l’Euro d’Otto et son armée grecque.
Ce fut aussi l’Euro de la vidéo ethique, du Big Brother moraliste qui espionne les élèves peu disciplinés, qui ouvre la porte aux paparazzime des stades et qui continue à oublier qu’il est impossible de correctement modérer un enjeu impliquant une vingtaine d’acteurs lorsque l’on est seulement trois gars vêtus de noir.
Encore une fois, je suis trahi par mon amour, qui m’avait pourtant appris que les caresses, les changements de rythmes et la séduction proactive sont la clé de sa conquête. Au contraire, elle s’est livrée froidement dans les bras d’un gros bloc qui l’a attendu sans lui faire d’avances. Elle a été pénétrée par l’efficacité d’une passivité mécanique.
J’espère que vous comprendrez dès lors l’absence de mots et la présence de maux dans le cœur d’un rédacteur en chef à 2 balles qui se complaît dans un romantisme footbalistique virtuel.
Adidas, qui deux ans plus tard prend une revanche sur Nike, élève son slogan au firmament des publicistes. Quant aux Grecs, un roman de science-fiction devient réalité…
