La nouvelle théorie Manichéene: Portugal – Hollande 2-1
Euro 2004
Par Le rédac à 2 balles - Omar - (autres articles du même auteur)
Jul 1, 2004 - 11:15:00 AM

Ordre de Marche – Advocaat, sur la moumoute de Lisbonne

 

advocaat.jpg avec un peu plus de colle...(Getty images)

Trois jours de pause pour la rédaction. Vacances rafraîchissantes avant de nous replonger dans la devise du mois. Avant de retrouver cette réjouissante équipe du Portugal, offensive, à l’image de son capitaine piqué dans son amour propre lors des quarts de finale. On comptait donc sur Luis pour nous donner des leçons de pédalage dans le vide et l’on fut servi.

 

Le rédacteur en chef à 2 balles, Omar

 

 

 

 

La nouvelle théorie Manichéene: Portugal – Hollande 2-1, par le rédac à 2 balles

 

Premier acte

 

La métaphore pugilistique du round d’observation était de mise dans un début de match prouvant que Nuno Valente ment sur sa vitesse, se faisant doubler par Overmars titularisé sur le flanc droit. C’est sur cette accélération que le match démarre vraiment. Quelques minutes passent et Deco plus en jambes que contre l’Angleterre, ne trouve la boule de Pauleta de justesse. Inspiré par la mobylette batave, Figo tente ensuite de surprendre Cocu dans un déboulé suivi d’une passe en retrait pour Cristiano qui frappe, et devine Van der Sar, les intentions du jeune Mancunien. En fait, les Hollandais auraient du porter des shorts encore plus courts tellement les inondations portugaises débordaient leurs contrées basses.

 

La sanction vient sur un corner enveloppé de Deco sur la tête du minet de United qui se fait un plaisir d’arborer son corps de jeune étalon afin de célébrer l’ouverture du score. Excité, Friske applique le règlement à la lettre en répondant au bronze de Ronaldo par un jaune assorti à ses mèches.

 

Au contraire des hommes de Scolari, les oranjes vêtus de blancs nous proposèrent une bouillie d’Advocaat, un guacamole bien fade qui ne mène qu’à un Overmars reprenant de volée over saturne. Van Nistelrooy est isolé par des ailiers inefficaces. Ignoré par l’arbitre Robben boude (et non Robin Hood) et Davids le supplée aux centres avec peu de succès.

 

Deco et Maniche développent alors une combinaison Porteuse d’espoir pour un Pauleta toujours allergique à l’Euro, mais le filiforme Van der Sar s’interpose encore une fois. Il ne pourra faire de même sur une magie catalane de Figo, heureusement pour lui, il sera sauvé par son frère jumeau (le poteau)

 

 

La pause

 

La pause sur BBC1  en compagnie de Lineker, Schmeichel et Ian Wright (excusez du few) permit une analyse détaillée de la position passive, quasi-efféminée de Davids sur le 1-0. Les consultants étaient morts de rire à observer le puissant rasta prenant le poteau pour un arrêt de bus sur le corner de Deco.

 

Deuxième acte

 

maniche.jpg avec Narta et Maniche, le Portugal est grand (Getty images)

Makaay pensait obtenir le Dick d’or du meilleur second rôle à l’entame du deuxième round (avez-vous senti ce prolongement de la métaphore pugilistique ?). L’arrière garde portugaise menée par un impeccable Ricardo Carvalho n’en était que plus avertie. Pourtant ce qui aurait pu être le duo le plus redoutable d’Europe allait prolonger la stérilité générale d’une équipe sans volume.

Pauleta n’atteignit pas l’état de confiance et d’efficacité déployée à Paris en manquant ce qu’il ne manque d’habitude jamais. Peu après, la réalisation nous priva du but miroir Nelinhesque (sortez vos archives Argentina 78) de Maniche. Quel dommage que cette ablation du direct sur un bijou de tir brossé venant flirter avec le filet intérieur.

Felipao prend alors des précautions mesurées et consolide son milieu de terrain.

 

Andrade irréprochable jusque-là, allait s’interposer avec malchance et maladresse entre Ricardo et la menace Van Nistelrooy. Mais comme Imagination ce fut « just an illusion », d’un réveil néerlandais barré par les vaillants portugais qui défendent en avançant (et non en reculant, messieurs les Anglais). En fin de match Maniche ovationné par Lisbonne, est remplacé par le Desailly portugais (Couto) qui allait offrir une dernière frayeur à la population impatiente de délirer. Scolari sort alors son école de football portative sous les yeux d’un Figo studieux et acquis à la cause de la nation. Fort heureusement pour les Lusitans, Van Couille donc n’est plus l’artificier qu’il fut un temps et les klaxons allaient bel et bien assourdir la nuit de Lisbonne.

 

Posthume

 

Une Hollande aussi chiante que François, voilà l’impression laissée par le bureau d’étude d’Advocaat. Avec à leur actif une seule victoire contre la Lettonie, les coéquipiers de Ruud faisaient preuve d’un parcours digne d’une Mannshaft des années 90. Un collectif trompe-l’œil qui aurait bien plu à David Copperfield.

 

Le pays hôte sort donc logiquement vainqueur d’une demi-finale marquée par la classe de Maniche aussi discret que précieux pour un Scolari brésilien qui pleure des larmes de joies de plus en plus portugaises…