| Tchèkis, Rest In Peace: Grèce – République Tchèque 1-0 (a.p)
Euro 2004 Par Le consultant yugo à 2 dinars, Sinitch - (autres articles du même auteur) Jul 2, 2004 - 11:32:00 AM |
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Ordre de marche – Générosité violée
un vrai joueur ©AFP
Je déteste le football, j’exècre ce sentiment qui vainement macère mon estomac. Figé sur mon canapé, la télécommande pendant à la main, je pleure l’échec Tchèque. Je pleure la défaite d’un football total, la dissolution d’une équipe étincelante qui a surclassé cet Euro en quatre victoires consécutives et un match nul (battant la Lettonie, la Hollande, l’Allemagne et le Danemark et butant finalement sur ce bloc inamovible qu’est la Grèce)
Je suis dégoûté de constater qu’une équipe puisse marquer dix buts en encaisser quatre et finisse par être éliminée par une autre qui en a marqué la moitié et qui en a encaissé autant?!
Oui Pavel, tu la méritais cette finale, toi le petit prince aux boucles d’or, infatigable sur tes jambes arquées. Le destin a une nouvelle fois choisi de perforer ton talent de battant, de déchirer ton coeur fier pour une nation que tu voulais tant consacrer, de t’arracher les larmes acides d’un grand joueur qui s’accomplit à mouiller son maillot, non par égocentrisme mais par amour pour un football généreux et sans concessions.
Excuses à nos lecteurs Grecs, notre amour pour le jeu Tchèque a décidé du ton subjectif de l'article du consultant yugo.
Le rédacteur en chef à 2 balles, Omar
Tchèkis rest in peace: Grèce – République Tchèque 1-0 (a.p), par le consultant yugo à 2 dinars, Sinitch Scoralotovitch
Les Grecs jouaient à 12 contre 11 ©AFP
Siège de Troie ou invasion de Prague? C’est en tout cas en termes grandioses, historiques et militaires, que j’aurais aimé vous conter ce choc des civilisations qui démarra tout de suite à 180 à l’heure (sur une route de campagne de Porto) et ce dès la 2ème minute. En effet, la superbe reprise de volée du jeune Tomáš Rosický, dont le rebond sur la transversale retentit encore aux fins fonds de l’Europe, résumait à elle seule toute la splendeur de l’art tchèque. La fluidité de mouvement, la grâce, l’allégresse était de nouveau au rendez vous et notre cœur battait fort pour cette équipe qui symbolise tout de ce que le football a de plus beau :
Du talent individuel pur et brut, en passant par la puissance athlétique en allant jusqu’à l’harmonie collective.
Hélas, notre cœur n’y est plus car cette partie se terminera plus tôt que prévu pour les martyrs Tchèques. Comment est-ce possible que les dieux du football aient laissé faire cela? « C’est pas juste » dira Jan Koller, et c’est pas nous qui allons le contredire. J’ai envie de dire que c’est encore le machiavélique Collina qui s’en est mêlé, mais comment l’accuser puisque le crapaud sifflant, pour une fois, n’a pas été décisif? C’est drôle, parce que je suppliais justement le destin de ne pas lui accorder le rôle de Zeus dans cette fresque qui s’avéra si tragique. Cela me semblait être l’image la plus propice, car nous connaissons la fâcheuse tendance de notre illustrissime chauv’prudhomme du gazon vert à intervenir dans les plans de ces pauvres combattants, exactement à l’image du patron des Dieux Grecs. Et pourtant, c’est justement peut-être le contraire qu’il aurait fallu demander au ciel, car dans d’autres circonstances, il aurait été plus clément envers l’autre Monsieur chauve de la soirée (Jan).
Première mi-tao
Et pourtant tout avait si bien commencé pour les coéquipiers de Pavel: A la 5ème minute, Marek Jankulovski, latéral gauche, confirmait son potentiel offensif en allant provoquer, sur une action personnelle, le gardien grec Nikopolidis. Ce début de partie ressemble au siège de Troie mais sans Bradis Pittis, qui aura le dernier mot ? Les deux occasions ratées ci-dessus présageaient-elles le dénouement final?
Les Grecs sont plus vivaces qu’un certain joueur de l’Inter Milan et répondent par coups de pieds arrêtés. En observant les Tchèques, on est forcé de constater certaines caractéristiques démontrées lors des matches précédents, ils sont impressionnants de sérénité, attendant patiemment que les attaquants grecs se décident, sans se lancer ; Ils finissent toujours par récupérer la balle. Toute l’équipe est concernée, y compris les attaquants Koller et Baros (Vahid aurait dit : « beaucoup aimer Jan Koller, lui jouer avoir très bon esprit de groupe, revenir tout le temps en défense »).
Ensuite, c’est encore ce diable de Jankulovski qui a la chance de mettre la balle au fond des filets sur une balle qui traînait dans les seize, Nikopolidis s’oppose encore avec brio. Les « nouveaux » bleus (petit b, car ils n’ont pas la grosse tête, eux) résistent bien et continuent de remonter le terrain, ils sont présents, prêts à injecter leur venin. D’autant plus que Pavel titube. Karel Bruckner s’inquiète et l’on annonce le changement
Sortie donc de pas-vieille la Niedvied, dont nous partageons la simple et honnête tristesse d’un guerrier entièrement dédié à sa cause. Nous espérons, à ce moment, qu’il sera quand même de retour pour la finale.
Swissair (comme l’appelle Vahid) rentre alors à sa place, et nous ne suivons plus le dessin du druide Tchèque. Pourquoi introduire un « has never been », techniquement doué certes, à la place de Nedved, muscle cardiaque de cette équipe. Nous ne voulons pas refaire le match comme LCI, mais pourquoi laisser le juteux Heinz sur le banc ?
Jankulovski se distinguera encore vers la fin de la première mi-temps; non seulement en accomplissant un travail titanesque en défense, mais en enchaînant grand pont, dribbles chaloupés et lob venu de nulle part, juste au-dessus des cages de Nikopolidis.
Deuxième mi-tao
On se demande à l’entame de cette deuxième période, si les Tchèques ne vont pas subir le même sort que la Juventus lors de la finale de la Ligue des Champions 2003, lorsqu’elle avait été aussi privée du ballon d’or. Et en effet, comme me l’insuffle mon rédacteur en chef, qui ne tient plus en place chez lui, l’intensité du jeu est retombée, on dirait qu’il manque quelque chose dans ce match, qui devient de plus en plus lourd, violent et tactique, au fil des minutes qui passent.
Nos craintes augmentent sur le constat de la passivité du Kojak italien sur la faute de Dellas contre Koller; a t-il déjà décidé de prendre parti? On craint le pire. Les Grecs continuent de se créer des occasions, notamment sur les balles arrêtées, comme sur le coup franc à la 66ème minute, stoppé par Cech. Ils vont récidiver durant la première prolongation à la 12ème minute avec une tête de Charisteas habilement repoussée par l’excellent Cech.
Les hommes en blanc n’abandonnent pas, puisant l’énergie pour aller encore tenter des infiltrations subtiles. Poborsky re-confirme son génie sur une superbe petite reprise du plat du pied à la 68ème minute. Nikopolidis est battu, mais la balle passe au-dessus et je m’arrache le peu de cheveux qu'il me reste, faisant la même grimace que Sven Yeeuran Eeyrickson face au Portugal.
Koller doit vraiment croire qu’il est maudit lorsque suite à un délicieux redoublement de passes avec Rosický, il se retrouve nez-à -nez avec Nikopolidis, manquant incroyablement ce qui ressemblait à un penalty.
Otto se décide alors à réussir « son coup d’pokeeer » et joue finalement mieux que le Druide Bruckner en amenant Giannakapoulos et Tsiartas. Très techniques, ils poseront de sérieux problèmes aux défenseurs Tchéques.
Prolongacao
Les deux équipes sont épuisées, avance rapide (fast forward) jusqu’au putain de silver goal (quelle invention de merde) qui arrive sur un corner au premier poteau de Tsiartas pour l’autre géant Dellas qui annihile tous les espoirs de cette magnifique équipe Tchèque qu’on aurait tant, tant, tant aimé voir confronter les Portugais dans une finale entre gens généreux (bien que les Grecs aient été très généreux en efforts physiques, ils le furent peu techniquement)
Conclusao
Détrompez-vous, je ne pense pas que les Grecs aient mal joué. Seulement, ils n’ont été dangereux que sur les coups de pieds arrêtés et ont développé un jeu plus tactique que technique basé sur un catenaccio Bearzottique et un milieu de terrain à huit joueurs!
Il ne me reste donc plus que hargne et passion absolues pour le Portugao de Felipe Scolari en espérant qu’il entende mon incantation :
Felipao, s’il te plaît, prend la revanche du futbol arte, celui de Maradona, Eusebio, Pelé et Zizou, celui du rêve et non du calcul…