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Les sentiers de la gloriole, épisode 2
Publié dans:
Euro 2008
Par [unknown placeholder $article.author$] - Jul 14, 2008 - 2:46:22 PM
Suède/Espagne, 14 juin, 18:00
Après avoir célébré durant 4 jours la geste et l’attitude de Villa plus que la victoire en elle-même, fans et médias attendent le match contre la Suède comme le vrai premier test de niveau. La Suède, où Ibrahimovich donne l’impression de vouloir enfin jouer, a été lors des qualifications l’adversaire le plus coriace d’une sélection ibérique alors en plein doute.
A Göteborg, le 2-0 plein de maîtrise, gagné par les géants blonds au jeu direct et qui compliquait grandement la qualification, fut d’ailleurs le point de départ d’une nouvelle campagne de violentes diatribes contre Aragonés, sur le thème d’un Basta Ya !, démissionne vieux con. Aucun fond de jeu, pas de garra, une défense perdue à l’image de Puyol, des attaquants impuissants, une innocence confondante…et la sempiternelle solution Raúl, ignoré dédaigneusement par Aragonés depuis la coupe du monde, qui commence à refaire surface, relayée quasi quotidiennement par les journalistes pro-Real…c’est-à-dire les trois-quarts du panorama médiatique du pays.
Pourtant, comme sous l’ère Jacquet en France, c’est à ce moment là que le groupe s’est enfin soudé autour du papy et fit bloc publiquement, Casillas en tête, capitaine courage appelant même le sélectionneur pour lui témoigner son soutien. Un papy qui avait tiré les leçons des erreurs passées : Autant que le système de jeu, c’est la mentalité et la solidarité sans faille qui comptent. Plus de clans et de vieux prétentieux condescendants (Raúl, Salgado, Cañizares, Barajas, etc.) qui traînent la patte, foutent la mauvaise ambiance et cherchent la mutinerie permanente qui leur donnerait les clefs de la baraque (1).
La méforme persistante de la clique aidera à Aragonés à s’en défaire sans trop de mal. Sauf pour Raúl, dont l’inespéré regain de forme (18 buts en championnat, Real champion) en fait un candidat incontournable. Dans la tourmente, Aragonés tiendra bon, allant jusqu’à participer à un programme populaire de télévision en direct pour défendre ses choix (2) . Sans véritablement convaincre, s’emmêlant les pinceaux dans des monologues sans queue ni tête, le vieux protège inlassablement son groupe de joueurs.
Ecartée la figure de proue du football national des 5 dernières compétitions internationales (3), la selección remportera ensuite tous ses matches sauf un nul pour se qualifier, faisant preuve d’une force mentale inédite, rendant notamment la monnaie de leur pièce aux suédois à Madrid (3-0).
Ce troisième match en 12 mois contre Ljunberg et consorts sera, avec celui de l’Italie, le plus problématique du parcours des champions, sans pour autant pousser dans ses derniers retranchements une Roja plus attentiste que d’habitude. Le nul méritoire se transforma même en victoire sur un but de renard de Villa lors de la toute dernière seconde du temps additionnel, après un dégagement chanceux du latéral de Villareal, Capdevilla, le joueur le moins doué des titulaires.
La qualification acquise pour les quarts, tout demeure étonnamment calme pour qui connaît la propension locale à se voir plus beau que nature. Voire : les journalistes cherchent des poux dans la tête clairsemée d’Aragonés en insistant sur une supposée bouderie de Torres, premier sacrifié avec force mouvements d’humeur des changements tactiques, et sur un commentaire malheureux en conférence de presse sur la glissade de Ramos qui amena l’égalisation d’Ibrahimovitch.
Les oiseaux de mauvaise augure soulignent aussi que le prochain adversaire des quarts sera probablement un vieux briscard de grand pedigree, soit la bête noire française, soit les revêches italiens, ni plus ni moins que le finaliste ou le vainqueur de la dernière Coupe du monde. Qu’à cela ne tienne. La joie intense et les embrassades des joueurs titulaires et remplaçants montrent aux mauvais gagnants que l’esprit collectif est bien là, et qu’il ne craint pas grand monde.
Grèce/Espagne, 18 juin, 20:45
Place aux remplaçants. Tandis que l’Espagne est assurée de la première place, la Grèce se présente déjà éliminée et l’orgueil blessé. Ce match, qui sera postérieurement celui de l’ancien champion vieillissant face à son successeur juvénile, est plutôt indécis, entre des joueurs espagnols novices et pas habitués à jouer ensemble et des grecs qui retrouvent un peu de leurs vertus de 2004. Charisteas le premier, qui ouvre le score de…la tête sur…un coup de pied arrêté. Aussi surprenant qu’une campagne de promotion de Madonna et ses provocations éculées.
Menée par Xabi Alonso qui retrouve son jeu du ‘Pool 2005®, la selección comble son retard par une bonne frappe de mule de De la Red, bon milieu madrilène qui commence à tracer sa route. Avant que le pichichi Güiza termine brillamment le boulot, convainquant Aragonés de lui accorder sa demi-heure pour les matchs suivants.
Un canterano du Real et un Gitan qui marquent et font gagner…¡Increible ! ¡Está claro, está claro ! comme le hurle ce bon p’tit gros de Camacho : après ça, la Roja ne craint vraiment plus rien ni personne.
(1) Ce qui se passera la veille du match contre la France où Raúl entra en cours de jeu, sans succès.
(2) “Tengo una pregunta para usted”, “j’ai une question pour vous”, programme d’une heure de la première chaîne, où le public pose ses questions sans véritable censure à l’invité du jour. Les deux premières émissions avaient vu défiler le premier ministre Zapatero et le chef de l’opposition Rajoy, alors en pleine campagne électorale. La troisième sera dévolue à Aragonés
(3) 1998, 2000, 2002, 2004 et 2006, Raúl étant capitaine désigné en 2000, 2002 et 2004, et intermittent en 2006 (sur le banc).
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