| LCA, to be or not to be opéré... interview d'un patient
Les croisements Par Th.P. - La Rédaction (autres articles du même auteur) Mar 4, 2009 - 12:36:09 PM |
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reveillere aurait déjà pu soigner ce gros bouton jaune sur son front...
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Th.P. : Comment la blessure est-elle intervenue ?
Pierre G. : Balle haute, dans l'espace en direction des cages adverses. J'étais rentré peu de temps auparavant comme milieu, mais j'avais du mal à me situer entre défensif et offensif...! C'est un match amateur, c'est le premier match de la saison et mon premier match avec cette équipe... Bref, je me retrouve dans la course pour cette balle haute, d'abord pour presser. Et puis je me suis rendu compte que je rattrapais le défenseur, et que je pouvais disputer le ballon, qui allait rebondir peu avant la surface de réparation. En plus, le goal avait mal anticipé, et n'avait plus le temps de sortir... Si je récupère la balle, je joue le un contre un décisif ! Pour un premier match dans l'équipe, c'est une chance de marquer les esprits et de se faire adopter, non ?!
blessé certes, mais soigné !
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Th.P. : Et...
Pierre G. : J'ai sauté sur le rebond pour passer devant le défenseur et emporter la balle. Je suis passé devant mais, sur l'appui de la réception, je me suis écroulé : le genou est parti dans un sens, dans un autre, ça se fait en une fraction de seconde et, si tu comprends que c'est mort pour l'action, tu comprends surtout qu'il faut que tu sortes du terrain.
Th.P. : Verdict médical ?
Pierre G. : Le lendemain je passe une radio, qui ne montre rien au niveau osseux, mais les tests ne laissent aucun doute au Professeur : rupture des ligaments croisés antérieurs gauche. Aucune réactivité. Mon genou est complètement fou ! Il me dit de réfléchir mais, qu'en gros, à mon âge, il ne faut pas trop réfléchir... Je repars avec une liste de chirurgiens et un IRM à faire, par acquis de conscience.
Th.P. : L'opération a eu lieu combien de temps après ?
Pierre G. : J'ai contacté un chirurgien qui m'avait déjà opéré pour le même genou, pour un autre souci. Je voulais le même : quand ça s'est bien passé une fois, on reveut le même ! Mais le temps d'attente était long... Plusieurs mois. Cliniquement, c'est sans souci pour le genou et pas gênant pour la vie, puisque la rupture de LCA n'entraîne pas de grosse modification quotidienne, en dehors de la pratique du sport.
Th.P. : En quoi ça nous intéresse ?
lca, la petite bête croisée du milieu du dessin...
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Th.P. : Donc tu vas le voir...
Pierre G. : Je vais le voir et à ce moment là, tout est simple : je suis dans l'attente d'une date pour me faire opérer. D'abord, il m'observe, constate un ou deux dysfonctionnements ou relâchement musculaire, me donne des exercices. Puis il me fait les tests, Lachman et autre. Puis on en vient à parler sérieusement. Lui, en gros, il me dit que ce n'est pas forcément utile d'opérer.
Th.P. : Le contraire du premier médecin ?
Pierre G. : Oui ! Il dit qu'il faut refaire les tests dans quelques mois, qu'on peut se donner la chance de voir si le ligament cicatrise de lui-même. Je suis un peu abasourdi : pourquoi lui pense que mon ligament peut cicatriser alors que l'autre non ? Je ne saurai pas dire très précisément la chose, mais grosso modo, la médecine n'est pas une science exacte ! Le fonctionnement du corps et les soins sont étudiés avec des chiffres... Quand Vésale, anatomiste de la Renaissance, parvient à dessiner le corps humain, il doit disséquer des centaines de corps pour parvenir à la réalité la plus fréquente. Le médecin ne me dit pas autre chose que : la statistique démontre qu'il vaut mieux opérer une rupture de LCA, mais les expériences de cicatrisation sans opération se sont raréfier au point que la statistique dit une chose somme toute banale...
vésale... autre chose que l'expo "Our Body"...
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Th.P. : Je ne te suis pas...
Pierre G. : Sur 100 cas, plus tu étudies de cas opérés, plus l'opération aura de réussite. Moins tu étudies de cas de cicatrisation naturelle, moins tu as de réussite. Plus le temps passe, plus la statistique démontre qu'il faut opérer. Mais ce n'est pas une vérité du corps humain, c'est juste les effets d'une méthode et de son choix.
Th.P. : Tu as choisi l'opération ou pas alors ?
Pierre G. : Ce n'est pas mon métier de faire du foot, la pression que j'avais à choisir était beaucoup plus douce que si j'avais été sportif professionnel. Mais si mon métier n'était pas en jeu, c'est quand même la santé... Le choix était celui-ci : soit j'opère et, ça marche la plupart du temps, mais ça peut aussi ne pas marcher, c'est à dire que mon genou pourra sauter à nouveau. Ou l'autre de toute façon, parce que si l'un a sauté, les chances existent pour que l'autre ne soit pas en forme. Soit je n'opère pas, j'évite la table d'opération, et je peux soit récupérer, soit ne pas récupérer. Si les tests sont négatifs, on opérera, s'ils sont positifs : mes chances que le genou tienne sont les mêmes qu'avec la greffe pratiquée par l'opération.
Th.P. : Ce qui change, c'est principalement le temps finalement.
Pierre G. : Clairement, si tu es pressé et que tu veux reprendre vite, il faut choisir l'opération. Mais si tu n'es pas pressé et que tu veux te donner la chance de ne pas passer sur la table d'opération, alors tu peux ne pas opérer.
Th.P. : Résultat des courses ?
Pierre G. : Je n'ai pas choisi d'opérer, j'ai suivi les conseils de ce médecin, aussi parce qu'il me donnait des clés, parce qu'il me faisait entrer dans le diagnostic médical : c'est mon corps, son fonctionnement est à peu de choses près celui-ci, voilà les solutions qui se proposent à nous, que choisissons nous ? Donnons des chances à mon corps de se guérir j'ai dit ! Quelques mois après, j'ai rencontré le médecin de nouveau. Avant les tests, j'étais un peu tendu. Mais les tests étaient positifs, il sentait que le ligament avait cicatrisé. Le ressaut était plus tardif, sa stabilité interviendrait donc un peu plus tard dans l'appui. Mais c'était guéri.
Th.P. : C'était il y a combien de temps ?
Pierre G. : Plus de deux ans. Depuis ça ne bouge pas, malgré mes appréhensions !
