Serie A avec Fanfani
Liberatemi!
Par Lorenzo Fanfani - Italian consultant (autres articles du même auteur)
Mar 20, 2008 - 1:09:03 AM

J’aime bien les statistiques et les chiffres mais je ne saurais dire s’il n'est jamais arrivé dans un championnat professionnel d’un sport quelconque qu’aucun des cinq premiers clubs du classement n’arrive à gagner dans la même journée. Cela s’est passé ce mercredi 19 mars où nous venons de vivre un 29e tour de Serie A totalement mais fantastiquement fou.

Le grand gagnant, malgré un résultat de 1-1 sous la lanterne de Gênes, est l’Inter qui s’endort cette nuit en sachant que samedi soir contre la Juventus, elle aura une première balle de match. En gagnant contre les hommes de Claudio Ranieri, Roberto Mancini et ses joueurs deviendront champions d’Italie. Ça ne sera pas facile pour deux raisons. D’une part car la Juve est une équipe solide, comme son histoire nous apprend, avec un grand caractère et beaucoup de souffle. D’autre part car les neroazzurri n’obtiennent plus avec la même facilité, comme il y a un mois, leurs victoires.

Et la Roma pourrait en profiter. Mais, après cette soirée, ce sera un peu plus compliqué car le derby a été une incroyable occasion perdue. Même s’il est vrai que la Lazio ait retrouvé des couleurs dans les dernières semaines, il fallait pour les giallorossi absolument gagner pour grignoter deux points aux leaders. À une vingtaine de minutes de la fin, et suite à l’entrée en jeu de Ludovic Giuly, il semblait que la classe des joueurs de Luciano Spalletti allait faire la différence mais un contre-pied biancoceleste conclu dans les filets de Doni par Behrami a envoyé au paradis les aiglons et en enfer les louveteaux.

Troisième dans cette course passionnante est la Juve. Giovanni Agnelli, de là-haut, rêvait certainement en début de saison d'une qualification en Champions mais n’en aurait pas parié les actions ‘Ferrari’ de ses neveux pour autant. Et pourtant, malgré le score vierge contre Empoli, les buts de la paire Del Piero-Trézéguet confirment que la Vecchia Signora est de retour sur les devants de la scène.

La Fiorentina et le Milan ont toutes deux perdu, mais si les rossoneri se mordent les doigts, les viola n’ont jamais accepté une défaite d’aussi bon gré.En effet, l'écart entre les deux clubs qui se bataillent la dernière place qualificative pour la prochaine Ligue des Champions est resté le même malgré la défaite à Naples car la malédiction San Siro poursuit pour le club d’Ancelotti et la Sampdoria en profite en jouant une bonne première mi-temps et en résistant aux assauts de Seedorf & co jusqu’à la 96e minute. Les journées avant la fin de la compétition ne sont plus que neuf mais les deux entraîneurs savent que tout est encore à jouer.

Un des facteurs qui sera à mon avis déterminant est le parcours de la Fiorentina en Coupe de l’Uefa. Prandelli et ses joueurs doivent affronter les quarts de finale contre le Psv, difficile mais pas impossible, et l’envie d’aller affronter en finale le Bayern de Luca Toni est immense. Cependant en poursuivant sur deux tableaux, alors que le Milan est éliminé de la Champions, Adrian Mutu et ses partenaires vont dépenser beaucoup plus d’énergie et de ressources morales. Surtout que les toscans, avec 43 matches, sont le club italien avec le plus de matches joués toutes compétitions confondues.

Personne plus que le Milan ne craint de rester en dehors de l’Europe des grands et tous les supporteurs demandent à la vieille garde un énième dernier exploit. Nonobstant les deux défaites d’affilée la condition athlétique est en progrès mais c’est surtout le manque de jeu qui préoccupe. Manque de jeu qui se répercute sur une carence terrible de buts. Et d’ailleurs, avec Ronaldo avec des béquilles, Inzaghi et Kakà blessés, Gilardino endormi et Pato pataud (excusez le jeu de mots) cette responsabilité repose sur les épaules du plus jeune de l’effectif : Paloschi. Un passage de témoin un peu précoce et forcé, malgré les qualités du petit.