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Domenech
a-t-il confiance en lui ?
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Thèse
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La
confiance déborde de ses veines au point de lui faire friser le
cheveu et, selon, vriller la langue de travers ou tenir des
discours rectilignes. En matière de tactique par exemple,
Domenech est aussi fin qu'une autoroute au milieu d'une forêt.
Pas la peine d'avoir un projet de jeu, puisqu'il faut un projet de
jeu par match. "Et
ça ne se discute pas, je suis éducateur d'entraineur depuis plus
longtemps qu'Estelle ne sait lire."
Que le raisonnement soit juste ou faux importe peu, c'est la
manière qu'il faut analyser : il est trop tard, pour Domenech,
pour changer de méthode ; les convictions sont ancrées dans le
bonhomme. Une ancre qui, pourrait on dire, s'appelle confiance.
Confiance dans un schéma, dans un raisonnement qui, au bout du
compte, doit payer. Là est la confiance, dans l'idée qu'on se
fait qu'en suivant telle manière de faire on arrivera au but
qu'on poursuit. Là, et encore ici : dans l'idée qu'il est normal
que d'autres critiquent et abondent à l'inverse. La confiance a
deux fonctions chez Domenech : 1/ elle incline à suivre les
choses qu'on sait faire et de la manière dont on sait les mener
et 2/ elle permet de se protéger des critiques et d'en limiter
les effets sur la confiance qu'il faut en soi pour continuer à
avancer droit dans la tourmente.
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Antithèse
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Un
mec qui a passé sa carrière à tacler comme un porc,
pardon, un boucher et qui, carrière au rencart, s'est précipité
sur les planches pour, entraineur, envoyer des vacheries à tout
bout de champ à ses adversaires, porte un nom : c'est un
« mec-pas-sur-de-lui-pour-deux-sous ». Le gars
Domenech est à ce point en manque de confiance en soi qu'il en
fait des caisses et en rajoute à mort, quitte à passer les
bornes. Ce n'est pas une nature, c'est une démesure qui a 1/
vocation à rassurer son auteur et 2/ vocation à tromper
l'adversaire (« Pourvu qu'ils ne se rendent jamais compte
de mes peurs... »). Puisque celui qui a confiance en soi
n'a pas besoin de perdre son temps à provoquer les autres, à
s'affirmer, mais qu'il est (ni plus ni moins), Domenech est
l'exemple type du gars qui cherche de la reconnaissance comme on
part en revanche, et ce d'autant plus qu'il sera contredit ! La
contradiction sera le moteur qui alimentera davantage le goût de
prouver sa raison... Incompris se croit il, alors Domenech se
montre de plus en plus apte à saler l'addition, histoire de
démontrer (moins qu'il a raison ?) qu'« ils » avaient
tort. Le mec-pas-sur-de-lui-pour-deux-sous aspire à respirer
tranquille une bonne fois pour toute, sans avoir besoin de se
prouver qu'il est quelqu'un de bien, de beau et de fort.
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Synthèse
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Domenech
manque peut-être de confiance à la base, n'empêche le gars a de
la patate dans la cervelle et cette dernière ne manque pas de lui
apporter des solutions à ses questions. Le temps a passé et la
confiance s'est gagnée, manches remontées sur les bras, à coups
d'expériences (ratées ou non) et de courages successifs, l'homme
est têtu et s'engage, coûte que coûte. Pour sûr, les progrès
n'ont pas tout arrangé... et le naturel revient au galop plus
souvent qu'à son tour comme lorsque, après une défaite qui le
menait au pilori, plutôt que de se présenter au tribunal,
Raymond s'est envoyé tout seul vers l'autel des futurs mariés,
faisant tourner carré le ballon rond !... Si ce n'est pas une
histoire de confiance en trop ou en manque, c'est à tout le moins
de la maladresse, ou bien un moche effet manipulateur. Domenech
est il plus malin que ses contempteurs ?
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