| Foot en exils
Ordre du jour Par Ted Perry, Foot bless you - La Rédaction (autres articles du même auteur) Nov 19, 2008 - 9:49:52 AM |
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Le foot, sport universel, connaît autant de
réalités qu'il est d'exils. Là rien n'est demandé d'une vie palpitante ou d'allées et venues aux quatre
coins du monde. Les nomades d'hier passent aujourd'hui pour de quasi
sédentaires ; et celui qui traverse deux fois les frontières de son pays peut
déjà témoigner des destinées que rencontrent le foot.
Les couleurs sont chaudes, et les palais
caressées dans le sens des papilles. Dans les lumières du soir, alors que s'exerce
une magie héritée et vivante, l'homme effleure le trottoir d'un pas calme, et
alerte. A son bras, la douce qui circule embarquée par les mêmes dispositions
dans des plaisirs diffus et réels, n'entend pourtant rien d'autres ébats qui
agitent l'œil de son tendre ! Ici et là, des couleurs entravent les bâtiments,
et les vitrines des commerces se trouvent soudain peuplés de chants sourds et
d'encouragements aussi latents que forts. Partout, règne l'impression d'une
puissante passion ; elle affiche ses symboles et sa mode au hasard des rues
avec la métronome régularité qui singularise un succès populaire. Une culture
frémit, et les signes sont nombreux, le jour venu, qui confirment l'impression
d'une ballade aux saveurs de la nuit.
Dans les commerces, et dans les kiosques à
journaux.
Sur le dos des romains, aussi, qui portent
leur préférence et influencent les touristes - au diapason, couleurs locales
pour aimer plus encore un séjour de douceurs.
Au fond des restaurants, quant au milieu de la
semaine les petits protégés affrontent les Blues de Chelsea, plusieurs fois au
cours du repas les hommes prétextent le besoin des toilettes, et la masse se
retrouve captivée par l'écran, faisant durer le temps que prendrait le pipi
annoncé.
L'office du tourisme, solidaire des hommes et
jamais avare d'un bon coup, avancerait sans surprendre qu'il est indispensable
de se rendre au stade pour s'imprégner vraiment de la culture romaine !
Et le foot est si pâle, alors qu'il se présente.
Dans les pubs qui vibrent aux rythmes des succès locaux en rugby ou dans la
version gaélique du foot, les télés qui diffusent des matchs à onze contre onze
exportent la chose depuis les rives de la voisine Angleterre.
Au cœur d'une capitale rebelle, au pied même
d'un wall of fame où les minots minois d'un groupe de rock aussi grand que le
monde se dessinent en noir et blanc de leurs premiers accords et concerts, le
foot est labellisé anglais, match de Liverpool, et même, tristesse, d'un
Manchester City – Hull City aussi passionnant pour le footeux lambda d'ici
qu'un livre de Marc Lévy pour n'importe quel amoureux sain des lettres.
Quelque chose comme, de la passion, ce qu'elle est : toute la magie qui circulait dans les rues de Rome, et que les matchs souvent entretiennent moins que la tradition populaire ne se suffit elle-meme.
