Pour d'aucuns l'affaire du ballon rond est d'abord machiste (on en veut pour preuve à la place de ces d'aucuns les résultats d'une recherche des tags "football et femme" sur google). Comme si le genre avait à voir avec l'adresse du corps et le plaisir du jeu, et que le sexe mâle valait expertise en football, l'usage (des plaisanteries surtout) s'est conformé à la pratique, donnant raison aux accusateurs du caractère susdit. Joué majoritairement par des hommes majoritairement assis dans les stades ou sur le canapé, le football s'est fait une spécialité de replacer souvent la femme aux fourneaux et, surtout, rangée derrière l'avis forcément plus abouti et éclairé de son homme.
Ce bon vieux footeux a construit là une quasi composante. Pauvres d'eux, pourvus d'une queue, qui n'aiment pas le ballon rond ! Comment justifient ils leur virilité ?
Pauvres d'eux, plus encore, pourvus
d'une queue, ceux qui bandent à l'oraison des culs de ... mecs ! Le
footeux macho y saisit l'occasion deux fois plus belle de brandir
l'étendard
de sa force virile, l'affirmation d'une domination marquée par des
principes de puissance, la soif de l'opposition et l'ambition de la
première place, et crie à qui mieux mieux sans que personne ne s'en
offusque encore l'affiliation honteuse alors de ceux des hommes qui
aiment les hommes : gardiens traités d'enculés, défiance d'être
une tapette, tout y passe !
Et pourtant ! Que dire de cet homo-footus fort et puissant qui est « mieux à boire des bières devant un match de foot qu'à se faire enculer ! » ?
Sans nul doute possible il se livre sans crainte et même à corps perdus aux corps à corps des membres chauds et à demi nus. Il se déculotte, sans vergogne, avant les matchs puis après, au sens littéral l'impudeur convenable remisée aux vestiaires, bite à l'air avant de foncer sur l'herbe à onze contre onze, bite à l'air dans les vapeurs des bains.
Étonnant macho que ce footballeur dont on se demanderait presque si, deux mille ans plus tôt dans les coulisses du Colisée, il n'aurait pas cédé aux charmes de se courber devant un camarade sans que son honneur et sa virilité ne trouvent à y redire !
Est il machiste, le ballon rond, d'une façon familière. Mais comment fait il de la place à la femme ?
Réalité faite de contrastes... Quand
les Etats-Unis ont offert à Mia Hamm le statut d'icône, l'Italie
continue à garnir ses shows foot télés de poules de luxe aux
gorges avantageuses et, la France, de botter en touche.
Enfin, Estelle
Denis changeait la
donne, animant LE plateau télé français consacré au foot, une
émission 100% ballon rond. La minette n'en était pas une, et pas
par manque de charme, mais elle était bien plus journaliste que
bonne femme... Si sa bouille et ses formes étaient chassées par
« caps » interposés sur le Net, les amateurs du pré
suivaient et la trouvaient à sa place.
Une défaite plus tard, son compagnon
réclamait son épaule et sa main et réduisait en une déclaration
maladroite la présentatrice en consolante. De retour de guerre, le
mâle footeux a besoin de tendresse... Il est un fait que le foot garde encore
souvent ce caractère privilégié du bastion de potes, où les gros
mots sont autorisés, voire conseillés, et les fantasmes ne valent
pas condamnation mais rires de l'assemblée s'ils sont clamés dans
une exclamation de bonne facture !
La place de la femme dans le football
ne se pose pas en problème selon sa présence ou non mais davantage
quant au rôle qu'elle tient dès lors qu'elle a effectivement
une place. Au sein de la rédaction de Subfoot,
Gisèle était au secrétariat. En attendant donc, on lancera des
invitations : et toutes celles qui seront prêtes à porter la plume
toutes gorges devant aux côtés des présents félibres à queue
seront accueillies à bras ouverts pour autant que leur verbe
emportera dans sa fougue, comme un tir au but, les yeux jusqu'au bout
de la ligne. Les mots n'ont bien de sexe que d'intention. publié la première fois sur subfoot le 8 mars 2009