ça claque, le futur Lansdwone Road !
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Lansdowne Road se fait une beauté, ainsi vont les choses. Les sièges en bois de l'ancien ouvrage, construit en 1872, ont été conduits au bûcher en 2007 pour laisser la place à un chantier gigantesque conduit par la Lansdowne Road Development Company (LRDC), une joint-venture entre la Fédération de Rugby (IRFU) et celle de foot (FAI) sous l'œil attentif du Ministère de la Culture et des Sports.
Je descends la rue en direction du stade, lequel révèle à l'approcher que la moitié ouest de l'assiette est encore toute nue de tribunes. Au croisement avec Haddington Road, je peux voir les célèbres cheminées jumelles des docks de Dublin, et pas loin non plus le joli bâtiment circulaire, grenat et vitré du Former Gas Frame.
Pour le reste, n'est la proximité de la côte et ses larges espaces de sable humide, Lansdowne Road habite un quartier résidentiel avec ses enfilées de petites demeures en briques, devancées par des jardinets dédiés en simples devantures. Certaines traverses sont des plus paisibles. Je m'imagine l'excitation qui a parfois du les emporter. Combien de gloires et de défaites sur la pelouse proche ? Combien de débordements prompts à faire s'ouvrir les rideaux ici fermés sur le passant que je suis pour observer d'un œil la foule en marche festive ?
Le chantier est quasi silencieux, quoique je sois désormais tout proche à vol d'oiseau. Les bruits de la circulation couvrent tout. J'aperçois quelques funambules en jaune en train de guider les grues depuis le haut des tribunes. Je pique à gauche après avoir croisé deux lycéennes en uniforme et me retrouve bientôt nez à nez avec l'ouvrage en cours. Cette fois, le chantier bruit de toute sa vie fourmillante.
des tribunes encore toute nues
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Dans ce remue ménage, où grandit « doucement » la future demeure du foot international irlandais, les rumeurs du passé ont du mal à se frayer un chemin jusqu'à moi. Le site officiel du LRDC s'est montré avare en détail... Les belles heures du rugby irlandais ont été assez peu nombreuses (un Grand Chelem en 1949 dans le Tournoi des Cinq Nations), et sans doute les victoires ici ont été fêté avec d'autant plus de fougue... N'empêche, le rugby a sa place historique dans ce temple, que le foot n'a prit que récemment. C'est dans les années 80 que le « XI du trèfle » s'est installé dans ces lieux, ce qui lui a vraisemblablement porté chance,... C'est à la fin de ces mêmes années que l'équipe d'Irlande a connu son apogée en participant au Championnat d'Europe de 1988 et en atteignant les ¼ de finales au Mondiale 90.
Je lis sur un panneau que Gold Force Security Management « is watching me » et reste à hauteur des barricades qui interdisent l'entrée au public. Plus haut, des éclats de soudure couronnent un échafaudage. A mi-hauteur, des casques oranges circulent au milieu de pointes d'acier dressées vers le ciel. En bas, deux mecs fument une clope et discutent en me lançant des regards indifférents.
Je contourne par le Sud pour rejoindre l'aile Est. Je traverse les rails de la DART, une voie ferrée qui relie les villes voisines de la côte au centre ville et dont un arrêt dessert le stade en le longeant à ses pieds. Autrefois il passait sous la tribune présidentielle.
Avec la nuit qui tombe, il est bientôt 16h30, les ouvriers quittent les lieux. Des néons éclairent partout l'ellipse pour ceux qui n'ont pas fini leur besogne. Un peu plus loin, je découvre l'intérieur de l'assiette. Tout est outils, machines, trous, entrepôts et affairement. Et tout sera encore ainsi jusqu'en 2010, date à laquelle tout devrait être fini et prêt à accueillir les sportifs et la foule !
le DART sort du stade, traverse la route et s'arrête en gare
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Le cours du canal, que je ne peux suivre, je le laisse derrière moi, lui et la belle terrasse qui le sépare de l'édifice, un par-terre appelé à se gorger de monde ! Je m'enfonce dans des rues pour regagner plus loin le bon côté de la rive. Dans les jardins des maisons particulières, les palmiers sont trompeurs. L'heure a laissé rougir mon nez dans le froid et je n'attarde guère les yeux où mon menton ne peut plus se calfeutrer sous le col montant. J'ai accéléré le pas. Peut-être ai je un peu de l'allure de Ronnie Delany, un coureur du cru, médaillé d'or olympique, et qui participa à un meeting dans l'enceinte conçu par un autre athlète, Henry Dunlop.
Je traverse enfin, vers le Lansdowne Lawn Tennis Club et ses cours de gazon, et file à vive allure, laissant le futur stade à sa nuit et au froid. Trop pressé pour m'arrêter dans un des deux pubs que je croise.
Je reviendrai quand les travaux auront laissé la place à un stade.