| Champions intercontinentaux
Weltmeisterschaft 2006 Par Lorenzo Fanfani - (autres articles du même auteur) Jul 8, 2006 - 11:05:00 PM |
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Le nôtre est un sport qui stimule et enivre la passion, parfois à un tel point qu’il peut être l’étincelle qui enflamme des relations socio-politico-économiques déjà ‘chaudes’ entre deux pays en devenant la cause d’un conflit armé, comme ça a été le cas en juillet 1969 avec la ‘guerre du football’ entre le Honduras et El Salvador.
La brillante et excitante victoire de mon équipe nationale contre l’Allemagne et, le lendemain, celle terne et soporifique de la France contre le Portugal ont plongé ma famille et moi dans une situation de confusion totale. Ma mère et ma grande soeur, italiennes comme moi, ont toutes deux épousé des français et leurs foyers respectifs sont en ce moment des chaudrons à l’intérieur desquels le mélange entre amour et patriotisme bouillonne dangeureusement.
La France a pour moi été un fantastique pays d’accueil où j’ai passé 11 heureuses années de ma vie. Paris est une ville magnifique qui m’a énormément apporté et beaucoup influencé. J’ai quitté l’Italie petit garçon et j’y suis rentré jeune homme : entre temps j’ai, bien évidemment, radicalement changé mais certaines choses sont pareilles aujourd’hui à ce qu’elles étaient en 1989 et parmi elles ma grande, intense, merveilleuse, presque douloureuse passion pour la Nazionale.
Dimanche se joue la finale de la Coupe du Monde et à Berlin s’affronteront Italie et France. Mon coeur n’a jamais balancé entre ces deux équipes et il ne le fera certainement pas à cette occasion, d’autant plus que de mon vivant nous n’avons jamais battu nos cousins transalpins (depuis 1978) et l’heure de prendre une belle revanche pour les cuisantes défaites de 1998, en quarts de finale de la Coupe du Monde, et de 2000, en finale du Championnat d’Europe, semble bel et bien arrivée…
L’événement est idéal pour consommer notre vendetta et pour rétablir la tradition selon laquelle nous sommes historiquement supérieurs à nos voisins : sur 33 matches nous en avons gagnés 17 et les Français 7.
La rencontre qui nous attend, je ne le cache pas, sera pour moi difficile à vivre car mes meilleurs amis habitent Paris et durant toute la compétition, quand bleus et azzurri jouaient nous avons fait la fortune de nos opérateurs de télécomunication en échangeant des milliers de messages textos. L’amitié se doit d’être plus forte qu’une défaite mais je sais dès maintenant que le fair-play sur les lignes de téléphone ne pourra pas durer pendant 90 minutes car la victoire d’un des deux camps plongera l’autre dans une déception si forte qu’elle ne permettra pas de tolérer des moqueries, même prononcées par un copain.
Lippi et ses joueurs, en tout cas, s’approchent du grand jour sereins. Non pas grâce à ces coincidences, mais conscients d’avoir progressé de match en match, surtout après le passage du premier tour, d’avoir la meilleure défense (personne n’a marqué contre nous, seul notre Zaccardo l’a fait, contre son camp) et la meilleure attaque (avec le record de 10 différents joueurs ayant réalisé au moins un but) du championnat. Un groupe solide dans lequel personne ne joue le rôle de primadonna et chacun apporte de l’eau au moulin selon ses caractéristiques. Une équipe qui à l’issue des 6 matches joués est déjà ‘championne intercontinentale’ puisqu’elle est arrivée en finale ayant affronté chaque continent : le Ghana pour l’Afrique, les Etats-Unis pour l’Amérique, la République Tchèque et l’Allemagne pour l’Europe, l’Australie pour l’Océanie, l’Ukraine (si on la considère pays de l’ex U.R.S.S.) pour l’Asie.
Dans mon article précédent (http://www.subjectifoot.com/artman/publish/article_553.shtml) je mentionnais l’importance de la superstition dans mon pays et ces derniers jours ne cessent d’apparaître des petits signes qui renforcent la conviction des italiens de remporter le trophée. Ils sont de tous types, même religieux ou ‘rock’. Pour satisfaire votre curiosité sachez donc qu’en 1982, année où nous avons décroché notre 3ème étoile, nous avons rencontré la Pologne en demi-finale et le Pape était un certain Karol Wojtyla. Cette année l’avant dernier match se jouait contre l’Allemagne, patrie du nouveau Pontife, Joseph Ratzinger. Il y a 24 ans Le score des deux rencontres ? Deux à zéro en notre faveur. Les Rolling Stones s’exhibaient à Turin le 11 juillet 1982, alors que l’Italie battait l’Allemagne. Ce 11 juillet ils seront de retour au Belpaese. Longue vie à Mick Jagger !
