| La récré et les recrues au crible : le Real Madrid
espagne Par Subfoot - La Rédaction (autres articles du même auteur) Sep 15, 2009 - 7:46:34 AM |
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C’est fou, le Real. On grandit tous dans sa légende. C’est que le Real a commencé tôt à attirer dans ses couches les cuisses imberbes des jeunes hommes virils de la planète football.
A l’époque du football champagne déjà, de jeunes hommes virils en blanc savaient mieux que quiconque sabrer les bouteilles de la réussite, à la désillusion de rémois à carreaux ! Quelques décennies plus tard, de mêmes quoique nouveaux ont redonné leurs lettres de noblesse au lustre immaculé d’un blanc royal en formant une équipe d’étoiles auréolées du titre de ballon d’or et tournées vers l’offensive.
En pleine lumière, le Real, c’est peu de le dire, n’est pas une cible comme les autres.
Les cendres de l’année passée
Armer sa plume pour aller défier le géant de Castille, c’est un classique éculé de la littérature footballistique. La Maison Blanche est un sujet vieux comme le ballon rond ou presque. Pas question de faire dans la mesure, c’est perdu d’avance.
Autant jouer profil bas, donc, et dire les choses aussi crument que s’il s’agissait de Boulogne-sur-Mer. Le Real sort d’un cycle calamiteux. La calamité prend des formes particulières, forcément, quand on parle d’un club qui a balancé les millions sur la table cet été, fut ce au prix de mettre les banquiers sur la paille et de futurs propriétaires à la rue ! (http://www.rue89.com/ibere-espace/2009/08/20/madrid-un-projet-de-logements-victime-de-cristiano-ronaldo)
Calamité = pas de titre, pas de gloire = un parcours digne d’un OM honorable, c’est dire.
Il fallait une réaction, et les élections pour la tête du club ont fais tourné la boule au comptable du cru. Florentino a signé son retour, avec Zidane dans l’escarcelle pour fleurer bon le contrôle orienté et les pas de danseuse.
Ni une ni deux, le Real, qui est une vraie boite à fantasmes, plus puissante encore qu’Amanda Lear ne l’était sous les yeux du génial Dali, ne connait pas les cendres. Quelque chose qui brûle en permanence, sans sortir de l’atmosphère, on appelle ça un règne.
Le cahier de vacances du club
Un régnant ne fait pas dans la dentelle, à moins de se prendre pour un fantasque pharaon qui ferait l’apologie de l’amour et du prochain plutôt que de renforcer ses armées égyptiennes en Syrie.
Les empires chutent vite, et le Real n’est pas constitué d’ambitions douces, mais vibre de l’impérieux et frénétique désir d’une puissance souveraine.
Aussi l’Espagne, après avoir occupé le devant de la scène sportive pendant que le Barça régalait le ballon rond de ses performances européennes, a régalé le monde de la finance durant l’été par le Real interposé, prononçant plus d’une fois des transferts astronomiques.
(Vous
aurez remarqué l’utilisation répétée de vocables qui soulignent le caractère
particulièrement extraordinaire du club enquêté.)
Faut-il revenir sur la saga du Real ?
Oui !
Pour préciser que Cristiano Ronaldo, athlète aux pieds doués, conserve sa gomina et de quoi irriter la pupille. Le prodige portugais surfe sur une vague dominatrice où ses faiblesses ne laissent aucune place au doute… Mais il n’y ait bien que les imbéciles pour ne pas considérer qu’à hauteur de 90 millions, l’affaire de l’été a été footballistiquement réalisé par ManU. A ce prix là, Usain Bolt aurait déjà battu l’ensemble des records du monde masculin et, avec un petit coup de main du bistouri, ferait de même avec les records féminins !
Bon élève, le Real ? On ne peut plus ! Platini a beau trouver ça déraisonnable… on apprend dans la Bible que celui qui ne fait rien de son or prend une bonne branlée de son dieu… alors… plutôt parier, non ?! En l’occurrence, le pari est davantage défensif (un secteur du jeu que les recruteurs maison ont du mal à renforcer à la mesure de leurs camarades de devant) qu’économique. Mais c’est un problème récurrent du côté de Bernabeu… Et c’est vrai, le Real n’a plus d’or depuis longtemps…
Ambition ou vanité
Le choix qu’il faut effectuer demande une approche méthodique. Et la réponse ne s’organise qu’à la condition d’une lecture découplée entre aspect sportif et aspect économique, les deux n’étant pas déliés.
Sportivement parlant, il faut être clair et ne laisser planer aucun doute : plus qu’aucun autre club au monde, le Real est ambitieux !
Sûr de son blanc, Madrid piaffe d’impatience à l’idée de ses succès forcément appelés à être grandiose !
L’ambition ne protège de rien, sinon de la vanité, et quelque soit les perspectives que le Real se donne, il apparait que le club risque principalement de piétiner sur place.
On voit mal le Barça en perte de vitesse sur sa lancée de l’année dernière. On voit mal les clubs anglais faner trop tôt. Pas plus qu’on ne voit l’Inter faire preuve de bonhommie printanière deux années de suite, ni la Juve ou le Milan restés sur la touche des quarts indéfiniment ! Ce qui, au final, laisse peu de place à la concrétisation des espoirs madrilènes quand l’équipe a misé sur un rodage immédiat des lignes offensives.
Le Real est par ailleurs sur une trajectoire économique vaniteuse (si cela a un sens ?...), et pourtant. Le patriotisme francophone a beau jeu de vanter les travaux de la DNCG, les investissements du Real paraissent moins aléatoires qu’importants. Du reste, autant les montants impressionnent, autant la question de leur viabilité fait couler peu d’encre. Il faut dire que tous les clubs n’ont pas une éminente majesté dans leurs tribunes.
Les deux aspects se parlent cependant, et l’économie du Real fonde son sport, ou l’inverse, ici n’est pas la question. Toujours est-il que le club madrilène investit dans le spectacle… et fixe son horizon là où la cohérence globale de l’édifice établit une harmonie entre l’investissement financier et les résultats sportifs, ainsi qu’il existe une semblable harmonie entre les objectifs sportifs et les résultats financiers.
Grosso modo, le Real ne peut pas être autre chose qu’ambitieux. La vanité appartient à ceux qui n’ont aucun de leurs neuf titres de champion d’Europe. Mais quand les mathématiques établissent des équations du type [budget du PSG = Cristiano Ronaldo] en intégrant des facteurs fonctionnels tels que le Martin Bouygues français (Flo-flo) et l’héritier d’une dynastie non décapitée (son altesse louis croix vé baton ou quelque chose comme ça qui se termine en « os »), sans faire le délicat, on ne déglutit pas sans gloups.
