Michel Platini était à Geffroy-Guichard jeudi soir pour le 16ème de finale retour de la coupe UEFA qui opposait son ancien club l’ASSE aux Grecs de l’Olympiakos.
Par sa présence, le président de l’UEFA marquait d’un coup fort, l’importance qui entend donner dans le futur à une coupe devenue, au fil de la croissance démesurée de la ligue des champions, une coupe au rabais qui excite les supporteurs mais qui a peine à trouver son public parmi le tout public et même les passionnés. Il fallait voir les titres de l’Equipe jeudi matin mettant encore en lumière le résultat de Lyon contre Barcelone (1-1), joué deux jours auparavant plutôt que la présence de quatre clubs français dans cette coupe de l’UEFA.
Michel Platini était dans le chaudron et a été chaleureusement ovationné par les supporteurs stéphanois avant le coup d’envoi.
On peut se demander aujourd’hui si le supporteur vert ne manque pas de discernement. Certes, Platini a apporté un titre à l’ASSE (championnat 1980-1981), mais il n’a jamais égalé la génération précédente qui trustait les titres sur le plan national et faisait peur aux plus gros clubs européens dans les années 1970.
Plus que cet inventaire dans le passé, le peuple vert n’a sûrement pas fait attention aux dernières déclarations de Michel Platini concernant les nouvelles règles anti-dopage édictées par l’Agence Mondiale (AMA). http://www.lequipe.fr/Football/20090218_163748_platini-en-desaccord-avec-l-ama.html.
Ces dernières sont assez contraignantes, il est vrai (http://www.lequipe.fr/Aussi/20090224_000609_controles-inopines-contre-verites.html) mais on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs.
Dans ce cadre, en expirmant clairement son aversion pour les œufs brouillés et le eggs & bacon, Michel Platini se situe dans la droite ligne du président de la FIFA, Sepp Blatter, qui rechigne depuis des lustres à vouloir imposer durant la coupe du monde aux footballeurs les contrôles sanguins nécessaires à un suivi sérieux et professionnel en matière de dopage. Platini conseiller de Blatter pendant des années, a pieds et mains liés par ses alliances passées.
Curieusement compréhensif après la débâcle de l’Euro 2008 envers Raymond Domenech et dans une logique libertaire vis-à-vis du dopage, il faut voir que Platini a été soutenu à bout de bras par Escarlettes et par Blatter pour prendre la place de l’adipeux Suédois aux dernières élections de l’UEFA. Hier comme aujourd’hui, il remercie ses précieux parrains et surtout ne veut pas s’engager dans une direction qui mettrait vraisemblablement le football dans une position délicate dans la recherche contre le dopage a fait de progrès dans le cadre d’un suivi régulier.
La « zone-test » imposée au cyclisme depuis des années et le chaos dans lequel se trouve ce sport depuis, pousse les grands patrons des événements mondiaux à se montrer prudent dans la transparence sur l’éthique.
Les cas de dopage prouvés (Ferdinand, Juventus,…) sont toujours traités de manière individuelle et sanctionnés de manière si légère que le système n’a aucune raison d’engager une révolution morale et organisationnelle. Les clubs, puissants, ne sont pas touchés, les Fédérations nationales, détentrices de voix politiques à l’interne de l’UEFA et sous l’égide de leurs Ministères, ne sont guère inquiétées.
Comme dans le vélo, en somme. Astana se fait pincer avec plusieurs coureurs dans le tour 2007, elle n’est pas radiée à vie de toutes compétitions. Au contraire, elle revient comme si de rien n’était sur le circuit, tout comme Virenque ou Landis plus récemment.
Seul l’athlétisme semble avoir montré patte blanche en matière de volonté de combattre le fléau. A quel prix. Cela a pris des années pour résister aux actions en justice engagées par les tricheurs. Mais la fermeté montrée par la FIA et par le CIO en la matière depuis grosso modo 1988 fait qu’aujourd’hui les outils permettant de démasquer les mangeurs de pilules sont plus efficaces en amont et plus durs en aval. Cette ligne dure a également été appuyée par les grands networks américains affolés à l’idée de voir leur chute d’audience chuter à chaque olympiade. Cette puissance organisationnelle et médiatique a été rageusement soutenue par le cadre juridique US, friand de pouvoir mettre les menottes aux tricheurs quels qu’ils soient.
On est loin de toucher au but avec le football européen. Il faut voir les réactions des joueurs de football ou de tennis aux nouvelles règles de l’AMA. Rares (Federer) sont ceux qui applaudissent des deux mains, prétextant une perte de liberté insupportable quand ils sont 50 semaines par an en entraînement, en match ou en mises au vert dans le cadre de leur club.. Curieux de voir à quel point, l’agenda imposé par les clubs posent 100 fois moins de problèmes de calendrier à nos chers sportifs que celui imposé par l’AMA, censé protéger leur santé et celle indirectement de milliers de gens.
Va-ton encore nous servir la soupe d’un football au-dessus de tout soupçon quand les joueurs jouent entre 50 et 70 matchs par an ?
Le train avance. Il est chargé et ne montre aucun signe de vouloir ou de pouvoir s’arrêter.