La période du mercato est riche en stratégies diverses de la part des clubs de football.
Entre ceux qui n’ont pas (assez) d’argent et qui recherchent la perle en rare en Suisse (Frei), en Belgique (Bonnart), en Serbie (Pantelic) ou en Afrique et ceux qui en ont, les approches ne sont pas les mêmes.
Les premiers vont s’approvisionner à l’étranger en espérant posséder dans leurs rangs, le bon scout qui saura leur trouver un diamant (Bastia-Essien) qu’ils sauront polir avant de le revendre au plus offrant. Ce faisant ils injectent le peu de devises qu’ils ont hors du championnat français et ne participent donc pas financièrement à sa bonne santé même si sportivement, ils amènent du sang neuf, des talents et beaucoup de chèvres.
Petit et nerveux
Les seconds, qui ont de l’argent et a priori des ambitions sportives élevées ont une approche plus subtile puisqu’elle ne consiste pas seulement dans le fait de trouver la perle rare mais surtout de ne pas renforcer en la trouvant leurs adversaires directs.
Pour être plus explicite, l’OL qui propose un pont d’or à l’OM a non seulement pour but de renforcer son pouvoir de percussion mais également de briser la dynamique sportive du concurrent. Le simple fait de titiller les joueurs des clubs adverses provoque déjà chez ces derniers des remous dont ils se passeraient bien. Certains ne cèdent pas et voient leurs forces vives perdre une grande partie de leur talent (Piquionne-ASSE) car ils ne peuvent rivaliser avec les propositions financières annoncées. D’autres cèdent aux sirènes sonnantes et trébuchantes mais se mettent un boulet financier au pied pendant de nombreuses années (Pauleta-PSG). Cette tactique n’est pas l’apanage de l’OL et Marseille en son temps de gloire (Tapie) avait fait de cette tactique sa marque de fabrique.
Le fait de vouloir transférer ses propres forces à un club concurrent demande une certaine subtilité tactique. Cela peut s’avérer positif pour le club vendeur si le joueur en question ne confirme jamais ses talents (Ben Arfa, Pouget, Pedretti,…) valorisés dans un transfert ou négatif si la perte d’un point de vue sportif s’avère plus importante que prévue dans le renforcement de l’adversaire (Alou Diarra-OL-FCGB, Cana-PSG-OM, …).
Faux gentil
Le risque pour l’acheteur est double également puisqu’il fait un pari sur la valeur sportive d’une valeur marchande et surtout parce qu’il renforce les moyens de ses adversaires.
Ce risque-là, l’Olympique lyonnais en tant qu’acheteur le calcule bien et s’il jette son dévolu sur les joueurs clefs des clubs directement concurrents, il ne signe que rarement avec eux mais plutôt avec des clubs de Ligue 1 de puissance moyenne (Metz, Lille, Lens, Monaco, Nice…) ou des clubs étrangers (Juninho, Grosso, Alex, Boumsong, …) sans danger pour son hégémonie nationale.
C’est bien vu même si cela n’assure pas à la ligue une redistribution nationale des millions des droits télé. Cette donne est toutefois balancée par les milliards provenant de Premiership, Liga, Bundesliga ou Serie A.
Cette année, le mercato est donc un jeu de cache-cache entre les 4 plus gros clubs français qui ne s’engagent que rarement de manière croisée (Diawara FCGB-OM est une option) mais qui font plutôt leur marché à l’étranger ou chez les plus petits.
Cet aspect tactique va même plus loin puisque l’arrivée de Lisandro Lopez à Lyon est selon certains médias (l’Equipe) conditionnée par le transfert de Lucho Gonzales à Marseille. En effet, le FC Porto , en cas de signature de l’un n’aurait plus besoin de vendre l’autre ! Le premier de l’OL ou de l’OM qui aura signé pourrait donc faire d’une pierre deux coups.
Les victoires de mai se jouent souvent en juillet.