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Un successeur à Sir Alex
Publié dans: espionnage
Par [unknown placeholder $article.author$] - Apr 29, 2009 - 7:15:16 AM


Le rédacteur en chef avait eu une analyse originale et pertinente de la défaite de l’Inter en huitième de finale de ligue des champions contre le Manchester de Ferguson.

 

Primo, elle ne s’est joué pas à grand-chose : une canine de Cordoba, un cheveu gras d’Ibra, un poil de Figo ou encore un testicule douloureux d’Adriano. Le match retour à Old Trafford à été à ce titre particulièrement dur pour les Interistes qui à plusieurs reprises avaient pris à défaut le grand Van der Saar mais qui se virent contraint par le mauvais sort, un poteau, un coup de vent, incapables de mettre le ballon au fond des filets Mancuniens.

 

Deuxio, elle a pu se jouer dans la préparation mentale du match. En effet, José Mourinho nous avait habitué, depuis trois ans, que ce soit en Angleterre ou en Italie, à montrer les griffes et les dents de devant bien avant le début du match.

 

Mourinho_2.jpg Son talon d'Achille: la bière anglaise

En Italie, le traitement infligé à Claudio Ranieri et à Carlo Ancelotti depuis le début de saison est d’une mauvaise foi désopilante. Génial pour les uns, irresponsable pour les autres, la guerre de communication menée par le Portugais a eu un impact sur la manière de gérer son groupe d’hommes. De contre-feu en contre-feu, Mourinho a réussi de manière fantastique et surtout dans les soirs de défaite à complètement évacuer les critiques liées à son équipes ou dirigées contre certains de ses joueurs en jetant aux fauves-à-micros une provocation sur l’un ou l’autre de ses concurrents.

 

De point de vue de la communication, c’est du grand art car cela marche à chaque coup.

 

Pour le match contre Manchester, on pouvait s’attendre à un bis repetita du « Special One » puisque les relations entre Sir Alex et l’ancien Manager de Chelsea ont été plutôt mouvementées et froide durant les années british du dernier nommé. Invectives et provocations et ce, depuis un fameux match de ligue des champions remporté par le FC Porto de Mourinho sur la pelouse de Ferguson. Souvenez-vous de la course folle devant le banc mancunien, de cet entraîneur alors inconnu, parti, suite au but victorieux dans les dernières minutes, dans un sprint moins élégant que ceux d’Ushain Bolt, mais tout aussi émouvant pour la ménagère de Coimbra.

 

mour_a__ferg_2_1.jpg Les uns contre les autres

Depuis, Mourinho ne cesse de faire la nique à Ferguson et peut dire sans honte qu’il a été le seul concurrent sérieux de Manchester dans la course au titre dans les cinq dernières années de la Premiership.

 

On pouvait donc s’attendre à deux ou trois piques sympathiques, du type : «  Ferguson est le meilleur entraîneur d’Angleterre quand je n’y suis pas ». Ou alors, « Cristiano Ronaldo n’est utilisé qu’à 50% de ses compétences ». Ou encore : «  Ferguson a gagné la ligue des champions 2008 grâce à Grant ». Etc.

 

Vous avez lu des interviews de ce genre ? Moi rien. Que des amabilités, des caresses, des inclinaisons respectueuses, avant et après le match par ailleurs.

 

Aucune critique sur l’arbitrage, pas de mauvaise foi en conférence de presse, aucune référence à un incident ayant opposé un supporteur des Reds Devils à l’entraîneur de l’Inter. En temps normal, Mourinho en aurait fait ses choux gras, nourri son personnage de victime et en aurait profité pour traiter tous les supporteurs de Manchester d’ivrognes, comparé à ses anciens supporteurs de Chelsea.


Ce manque de gnac en amont et en aval du match appelle deux commentaires :

 

Mourinho1.jpg Direction Manchester

1. Il a sûrement généré chez ses joueurs cette petite différence qui fait que vous avez envie de marcher sur l’adversaire ou que vous espérez juste le battre proprement. Et l’envie n’est plus la même.

 

2. Mourinho nous cache quelque chose. Une vasectomie durant le mois de mars? Une grippe porcine? Une découverte tardive du vieux whiskey écossais? Une affection spontanée pour le kilt?

 

Rien de tout ça.

 

José Mourinho ne se plaît pas en Italie. Il le dit et le répète. A Porto ou à Chelsea les supporteurs le vénéraient puisqu’il leur avait apporté un retour sur la scène continentale ou nationale. A Milan, Mancini reste sur une série de trois scudetti. Alors José et son élimination en huitième de finale de la ligue des champions ne va pas provoquer des dizaines de syncopes.

 

Et puis l’Italien ne prend pas, comme l’Anglais, son pied dans une relation sado-maso. Quand Mourinho dit que les Anglais sont des glands en football management, les faits sont là et les Anglais miaulent. Quand il dit la même chose en Italie concernant ses collègues de Turin ou de Milan, ça la fout mal dans un pays persuadé de jouer le meilleur football du monde ayant gagné la dernière coupe du monde.

 

Mourinho ne se plaît pas en Italie et où peut-il aller ? En Espagne ? Il a déjà connu Barcelone (adjoint de Bobby Robson) et l’avenir y semble bouché. Le Real est une option mais où se trouvent les meilleurs salaires d’Europe ? Où se trouvent les plus gros moyens du continent jusqu’à preuve du contraire ? En Angleterre.

 

Ferguson.jpg Yes or No?

S’agissant de l’Angleterre, les possibilités correspondant à son rang ne sont pas légion. Arsenal n’a plus d’argent, Chelsea serait du réchauffé, City une insulte et Liverpool est "brandé" hispanique. Ne reste plus que Manchester.

 

Tiens, Alex Ferguson a déjà 67 ans… Il cherche depuis plusieurs années à assurer une succession digne. Carlos Queiroz a montré ses limites au Real et avec l’équipe première du Portugal. La porte est ouverte et il n’a pas échappé à Mourinho que Sir Alex allait avoir un rôle clef, de par son passé, dans le futur organigramme du futur Manchester United.

 

En 2009, en 2010, en 2011 ? Peu importe, Mourinho a ménagé la chèvre et le chou dans ce huitième de finale de ligue des champions et ce n’est sûrement pas par hasard primo si, en l’espace de 15 jours le loup est devenu agneau et deuxio si l’Inter a perdu la bataille des mots puis celle du jeu.



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