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Saint-Etienne,
France Nigeria
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Lyon,
France Turquie
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Les
abords du stade
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Aucun
vendeur de merguez... ceux qui sont sortis du boulot pour venir
directement au stade n'ont qu'à se ronger les ongles. Ou
passer à la cafétéria du sponsor historique local. La
bière y est chaude, tant pis. Dans la silencieuse confidentialité
avec laquelle le public arrive, au compte goutte, ça serait
presque à croire que la date du match était autre, ou que la
rencontre a été annulée.
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Que
calor ! Ça grouille de partout, Gerland est en vue. Les voitures
arrivent en klaxonnant… drapeau rouge ! Ici, une dame âgée et
en fauteuil, rouge drapée et maquillée. Des petits gosses ouvrent de
grands yeux devant le spectacle. Philippe De Villiers fait dans sa
culotte, tous ces turcs, c’est ça l’Europe qu’on veut ?!
Les stands de bière et de kebab font leur fortune habituelle.
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La
météo
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Les
angoissés du slip qui prennent toujours les devants et prévoient
toutes les situations en sont pour leur frais. Bardés de sac, ils
crèvent de chaud et n’en ont rien à faire de l’éventuelle
laine, ni du k-way au cas où. La température est chaude. Le ciel
clément. Les conditions climatiques sont ultra favorables à
la tenue d’un contenu sportif de qualité.
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Plus
le coup d’envoi approche, plus le ciel se noircit. Les nuages
menacent, avec une gueule sévère : pas le genre à faire peur
pour passer plus loin. Banco! Les joueurs goutent vite fait à l’humidité, d’abord douce, et de
plus en plus violente. En seconde mi-temps, mêlée à des
bourrasques de vent, l’averse a des allures d’hécatombe.
Mais la pelouse évacue la flotte sans devenir une piscine dans les séquences alternées
de calme.
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Les
tribunes
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Vides
et désespérément vides… Les supporters n’ont pas fais le
déplacement, et ce ne sont pas les nigerians qui auront remplacé
les petits français absents ! Geoffroy Guichard est silencieux
comme un match de l’OL à Gerland, à en avoir des frissons dans
le dos : on peut parler au téléphone sans difficulté… !
Bientôt, le jeu est si ennuyeux sur le terrain, alors les
tribunes s’occupent : olé ! quand le Nigéria se fait la passe
à dix, chants d’anti-supporter dès qu’un lyonnais
touche la balle, cris d’amour à Franck Ribéry… remerciements
prononcés à l’encontre de Gourcuff, largement ovationné…
et, clou du spectacle : des Domenech Démission comme s’il en
pleuvait.
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Tout
le virage sud en rouge, et d’un rouge vif, plein du bonheur
d’être là ! « Si
seulement le virage pouvait être comme ça pour l’OL quand on
joue ! » Tu m’étonnes
! A vous donner des frissons. Une demi heure avant le coup
d’envoi, trop content de sa beauté, le public n’arrête pas…
et les turcs donnent un tel concert de voix que des louanges
emplissent le cœur ! Hourra ! Les joueurs entrent sur la pelouse
: et c’est la floraison ! Les quelques cons millionnaires qui
auront pu décréter qu’ils seraient bien partis en vacances
trois jours plus tôt au nez et à la barbe du public, frisent de
plaisir dans le slobard ! Tant mieux pour eux, c’est pour ça
qu’ils jouent, non ? L’ambiance est folle. La tribune latérale
face aux présidentielles est toute de bleue blanc rouge, et le
virage nord se confond de tous les drapeaux ! Dans les tribunes,
l’hymne turc dans l’oreille droite, l’hymne français dans
l’oreille gauche, c’est le mix bon enfant ! Un vrai cauchemar
pour Philippe de Villiers !
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Le
jeu
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Emballés
par l’ambiance survoltée, les joueurs courent aussi vite que
les spectateurs parlent doucement ! Laissant passer quelques
frayeurs, le Nigeria marque en contre, avec son Uche vif comme
l’éclair. Kanu, qui est sorti à la mi-temps, est passé sur la
pelouse comme un fantôme. De quoi préférer un gala de
patinage artistique.
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Du
haut niveau, d’entrée, avec une équipe turque appliquée et
des bleus qui agissent en contre. C’est sur une phase éclair
qu’un pénalty est provoqué, tellement indiscutable et flagrant
que c’est dur pour l’arbitre de ne pas mettre un carton rouge.
Réduits à dix, les turcs ne voient plus le jour, au grand dam de
leurs supporters, et les Bleus pilonnent le but adverse, se
procurant un nombre incroyable d’occasions, jamais converties.
Volkan, le goal, n’y est pas pour rien.
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Les
incidents
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A
la 38 ème, Martine a dit à Robert que c’est la dernière
fois qu’il lui fait le coup du match qu’elle trouvera
sympa.
Le
petit Mickaël, à la 52ème, a été vilain : il a pété et
toute la tribune a entendu.
Sinon,
c’est mal, c’est du racisme, ou pire, une tentative de
génocide, les stéphanois ont passé le temps en sifflant les joueurs de l'OL. Une honte qui mériterait des poursuites judiciaires, en attendant qu'un député de haut vol ne le propose au vote de l'assemblée nationale !
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Un
peu frustrés, les supporters latéraux balancent les montants des
drapeaux dans les pieds de Sagna. Ça dure vingt secondes et ça
s’arrête alors qu’un joueur en rouge fait signe de se calmer.
Un peu plus tard, dans l’ambiance, trois pauvres fumigènes sont
envoyés derrière les cages de Lloris… C’en est trop pour
l’arbitre ! … qui décide d’arrêter le match… De quoi
semer la pagaille. Une tentative d’invasion de la pelouse en
solo s’avèrera aussi impressionnante que peut l’être l’armée
suisse en colère. Du chocolat.
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La
touche Domenech
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Pour
les plus jeunes : Raymond Domenech est arrivé sur un stade de foot
en comprenant assez vite qu’il y avait dans le jeu une dimension
dramatique, avec tout ce qu’elle comprend de bluff, de jeu de
rôle, etc. Un bon tacle gagnant un engagement moindre de
l’adversaire, Raymond travaille les gestes de boucher et
pratique souvent la taille de guibolles. Sa carrière d’entraineur
confirme assez vite que l’art de la parole est chez lui une
nouvelle manière de pratiquer le saucissonnage de l’adversaire.
En bon lyonnais, il ne manquera jamais l’occasion d’en
balancer de bien bonnes à l’encontre des ligériens du Forez.
C’est le jeu, mais quand ça l’arrange. Fin expert des
spectateurs, mais surtout amateur des pratiques phases de cécité,
Raymond a décrété après le match contre le Nigéria que s’il
était né Cours Fauriel le public aurait su apprécier son
travail. Siffler des lyonnais, c’est du racisme. Et dire des
conneries, c’est du quoi ? Du Shakespeare ? Non, du Domenech.
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Merci
la Turquie. Le public en rouge a mis tellement d’encouragements
dans ce match, de couleurs et de bruits autour du terrain que les
joueurs ont eu un environnement propices à une belle et forte
partie. « Putain,
mais ouais, j’adore ça quand je suis comme un gosse avant de
rentrer sur le terrain, le cœur battant et la folle envie de
courir à toute vitesse après tous les ballons pour vite marquer
un but et profiter des belles ovations ! Les vacances ? Les
va-quoi ? » Dans ce
contexte, le sélectionneur jubile discrètement. Et son sourcil
peut dépasser avec toute l’aise satisfaite du contrat rempli.
Aussi agaçant qu’il est, il a concocté une bonne équipe face aux turcs. Malouda et Anelka ont été
intéressants aux ailes. Benzema puis Gignac montrent comment la
puissance de frappe à venir du onze bleu à de quoi faire
saliver. Gourcuff et Ribéry, et surtout le boulonnais, c’est
tout ce que le foot a de beau : vif, technique, inventif ! Mexès
et Boumsong ont été puissants, surs et vigilants. Toulalan et L.
Diarra ont cadenacés l’entre jeu, le lyonnais avec un bon cran
offensif qu’on lui reproche souvent de ne pas avoir. Dans
les cages, Lloris a dégagé une belle confiance en soi.
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