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Le derby de l'équipe de France... Türkiye !
Publié dans: international
Par [unknown placeholder $article.author$] - Jun 6, 2009 - 2:30:19 AM




Saint-Etienne, France Nigeria

Lyon, France Turquie


Les abords du stade


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Aucun vendeur de merguez... ceux qui sont sortis du boulot pour venir directement au stade n'ont qu'à se ronger les ongles.  Ou passer à la cafétéria du sponsor historique local.  La bière y est chaude, tant pis. Dans la silencieuse confidentialité avec laquelle le public arrive, au compte goutte, ça serait presque à croire que la date du match était autre, ou que la rencontre a été annulée.

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Que calor ! Ça grouille de partout, Gerland est en vue. Les voitures arrivent en klaxonnant… drapeau rouge ! Ici, une dame âgée et en fauteuil, rouge drapée et maquillée. Des petits gosses ouvrent de grands yeux devant le spectacle. Philippe De Villiers fait dans sa culotte, tous ces turcs, c’est ça l’Europe qu’on veut ?! Les stands de bière et de kebab font leur fortune habituelle.

La météo


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Les angoissés du slip qui prennent toujours les devants et prévoient toutes les situations en sont pour leur frais. Bardés de sac, ils crèvent de chaud et n’en ont rien à faire de l’éventuelle laine, ni du k-way au cas où. La température est chaude. Le ciel clément.  Les conditions climatiques sont ultra favorables à la tenue d’un contenu sportif de qualité.  


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Plus le coup d’envoi approche, plus le ciel se noircit. Les nuages menacent, avec une gueule sévère : pas le genre à faire peur pour passer plus loin. Banco! Les joueurs goutent vite fait à l’humidité, d’abord douce, et de plus en plus violente. En seconde mi-temps, mêlée à des bourrasques de vent, l’averse a des allures d’hécatombe. Mais la pelouse évacue la flotte sans devenir une piscine dans les séquences alternées de calme.

Les tribunes


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Vides et désespérément vides… Les supporters n’ont pas fais le déplacement, et ce ne sont pas les nigerians qui auront remplacé les petits français absents ! Geoffroy Guichard est silencieux comme un match de l’OL à Gerland, à en avoir des frissons dans le dos : on peut parler au téléphone sans difficulté… ! Bientôt, le jeu est si ennuyeux sur le terrain, alors les tribunes s’occupent : olé ! quand le Nigéria se fait la passe à dix,  chants d’anti-supporter dès qu’un lyonnais touche la balle, cris d’amour à Franck Ribéry… remerciements prononcés à l’encontre de Gourcuff, largement ovationné… et, clou du spectacle : des Domenech Démission comme s’il en pleuvait.


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Tout le virage sud en rouge, et d’un rouge vif, plein du bonheur d’être là ! « Si seulement le virage pouvait être comme ça pour l’OL quand on  joue ! »  Tu m’étonnes ! A vous donner des frissons. Une demi heure avant le coup d’envoi, trop content de sa beauté, le public n’arrête pas… et les turcs donnent un tel concert de voix que des louanges emplissent le cœur ! Hourra ! Les joueurs entrent sur la pelouse : et c’est la floraison ! Les quelques cons millionnaires qui auront pu décréter qu’ils seraient bien partis en vacances trois jours plus tôt au nez et à la barbe du public, frisent de plaisir dans le slobard ! Tant mieux pour eux, c’est pour ça qu’ils jouent, non ? L’ambiance est folle. La tribune latérale face aux présidentielles est toute de bleue blanc rouge, et le virage nord se confond de tous les drapeaux ! Dans les tribunes, l’hymne turc dans l’oreille droite, l’hymne français dans l’oreille gauche, c’est le mix bon enfant ! Un vrai cauchemar pour Philippe de Villiers ! 

Le jeu


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Emballés par l’ambiance survoltée, les joueurs courent aussi vite que les spectateurs parlent doucement ! Laissant passer quelques frayeurs, le Nigeria marque en contre, avec son Uche vif comme l’éclair. Kanu, qui est sorti à la mi-temps, est passé sur la pelouse comme un fantôme.  De quoi préférer un gala de patinage artistique.


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Du haut niveau, d’entrée, avec une équipe turque appliquée et des bleus qui agissent en contre. C’est sur une phase éclair qu’un pénalty est provoqué, tellement indiscutable et flagrant que c’est dur pour l’arbitre de ne pas mettre un carton rouge. Réduits à dix, les turcs ne voient plus le jour, au grand dam de leurs supporters, et les Bleus pilonnent le but adverse, se procurant un nombre incroyable d’occasions, jamais converties. Volkan, le goal, n’y est pas pour rien.

Les incidents


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A la 38 ème, Martine a dit à Robert que c’est la dernière fois qu’il lui fait le coup du match qu’elle trouvera sympa.
Le petit Mickaël, à la 52ème, a été vilain : il a pété et toute la tribune a entendu.
Sinon, c’est mal, c’est du racisme, ou pire, une tentative de génocide, les stéphanois ont passé le temps en sifflant les joueurs de l'OL. Une honte qui mériterait des poursuites judiciaires, en attendant qu'un député de haut vol ne le propose au vote de l'assemblée nationale !

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Un peu frustrés, les supporters latéraux balancent les montants des drapeaux dans les pieds de Sagna. Ça dure vingt secondes et ça s’arrête alors qu’un joueur en rouge fait signe de se calmer. Un peu plus tard, dans l’ambiance, trois pauvres fumigènes sont envoyés derrière les cages de Lloris… C’en est trop pour l’arbitre ! … qui décide d’arrêter le match… De quoi semer la pagaille. Une tentative d’invasion de la pelouse en solo s’avèrera aussi impressionnante que peut l’être l’armée suisse en colère. Du chocolat. 

La touche Domenech


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Pour les plus jeunes : Raymond Domenech est arrivé sur un stade de foot en comprenant assez vite qu’il y avait dans le jeu une dimension dramatique, avec tout ce qu’elle comprend de bluff, de jeu de rôle, etc. Un bon tacle gagnant un engagement moindre de l’adversaire, Raymond travaille les gestes de boucher et  pratique souvent la taille de guibolles. Sa carrière d’entraineur confirme assez vite que l’art de la parole est chez lui une nouvelle manière de pratiquer le saucissonnage de l’adversaire. En bon lyonnais, il ne manquera jamais l’occasion d’en balancer de bien bonnes à l’encontre des ligériens du Forez. C’est le jeu, mais quand ça l’arrange. Fin expert des spectateurs, mais surtout amateur des pratiques phases de cécité, Raymond a décrété après le match contre le Nigéria que s’il était né Cours Fauriel le public aurait su apprécier son travail. Siffler des lyonnais, c’est du racisme. Et dire des conneries, c’est du quoi ? Du Shakespeare ? Non, du Domenech.


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Merci la Turquie. Le public en rouge a mis tellement d’encouragements dans ce match, de couleurs et de bruits autour du terrain que les joueurs ont eu un environnement propices à une belle et forte partie. « Putain, mais ouais, j’adore ça quand je suis comme un gosse avant de rentrer sur le terrain, le cœur battant et la folle envie de courir à toute vitesse après tous les ballons pour vite marquer un but et profiter des belles ovations ! Les vacances ? Les va-quoi ? »  Dans ce contexte, le sélectionneur jubile discrètement. Et son sourcil peut dépasser avec toute l’aise satisfaite du contrat rempli. Aussi agaçant qu’il est, il a concocté une bonne équipe face aux turcs. Malouda et Anelka ont été intéressants aux ailes. Benzema puis Gignac montrent comment la puissance de frappe à venir du onze bleu à de quoi faire saliver. Gourcuff et Ribéry, et surtout le boulonnais, c’est tout ce que le foot a de beau : vif, technique, inventif ! Mexès et Boumsong ont été puissants, surs et vigilants. Toulalan et L. Diarra ont cadenacés l’entre jeu, le lyonnais avec un bon cran offensif qu’on lui reproche souvent de ne pas avoir.  Dans les cages, Lloris a dégagé une belle confiance en soi.




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