| Napoli Soccer
italie Par Lorenzo Fanfani - consultant calcistique (autres articles du même auteur) Oct 21, 2008 - 1:50:41 PM |
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J'ai passé le week-end à Naples. Quelle ville merveilleuse! Une élégance impériale derrière laquelle se cachent de minuscules ruelles qui rappellent le coeur des souks maghrébins. Le climat était encore parfaitement estival, scooter et tee-shirt pour tout le monde. Conscient de la complexité de mon souhait, j'ai tenté de trouver des billets pour aller voir Napoli-Juve au stade. Impossible. Les virages étaient fermés aux supporteurs ce qui a limité à 30 milles le nombre de spectateurs : pas de place pour un intrus. J'ai donc du regarder le match dans un restaurant où, malgré tout, je l'ai vécu avec, tout autour, une intensité et une passion impressionnantes.
Pour la première fois depuis 17 ans, les napolitains ont été se coucher, ce samedi soir, en leader du championnat de Serie A.La dernière fois, c'était après la 6e journée de la saison 1991-1992, la première année sans le grand Diego Armando. Sur le banc des azzurri, à cette époque, venait de s'asseoir, coïncidence plutôt drôle, Claudio Ranieri. Baladez-vous dans Naples quelques minutes et vous comprendrez immédiatement que Maradona y représente encore, et y représentera toujours, une divinité. Impensable donc, quelques mois seulement après son départ, qu'un autre joueur le remplace dans le sang des tifosi. Sur le terrain la lourde tâche retomba sur les épaules d'un jeune sarde, Gianfranco Zola. Avec son génie, la science du jeu du brésilien Alemao et la classe du français Laurent Blanc, Napoli limita les retombées dramatiques et termina le Championnat en 4e position. Quelques mois plus tard, en 1993, le président des "années d'or", Corrado Ferlaino, conscient d'avoir beaucoup donné et trop fait, s'en va. Commence alors un long et pénible parcours de plus de 10 ans qui se terminera avec la faillite de la société.
C'est dans un climat de dépression et de confusion que se matérialise la figure d'Aurelio De Laurentis. Ce fils de la région Campania se lance dans le monde du football sans expérience mais fort d'une grande passion, de beaucoup d'argent et d'un projet solide. Pour ce qui concerne les ressources financières, elles proviennent de la FilmAuro, société qu'il a créée en 1975 et avec laquelle il a produit plus de 300 films, nationaux et internationaux, parmi lesquels Crash et American Pie. Pour ce qui concerne le projet, il a eu la brillante intuition de le penser avec un des dirigeants les plus compétents du panorama footballistique italien, Pier Paolo Marino. Ce dernier, très jeune, avait déjà travaillé à Naples vers la fin des années '80 en contribuant à la victoire du premier Scudetto de l'équipe. Il a acquit son statut les années suivantes et en particulier au poste de directeur général de l'Udinese, club avant-gardiste avec des bilans toujours en règle et des recruteurs capables de devancer régulièrement ceux d'équipes bien plus riches. Le duo De Laurentis-Marino décide de se lancer dans un challenge des plus passionnants, reconstruire une équipe gagnante dans une des villes, au même titre que Buenos Aires et Istanbul, où le football est vécu avec le plus de passion. Le président, avec 30 millions d'euros, règle les comptes avec le Tribunal, le Directeur Sportif, en quelques jours, met en place une équipe qui, sous le nom de Napoli Soccer, ne monte pas en Serie B pour un rien, en échouant en finale des play-off gagnés par Avellino. La promotion sera atteinte la saison suivante, après l'achat de joueurs importants pour une troisième division, tels que Iezzo, Maldonado et Bogliacino. La star de l'équipe est le jeune bomber Emanuele Calaiò qui terminera l'année avec 18 buts. Le 23 mai 2006, pour fêter ce résultat sportif mais aussi pour célébrer les 80 ans du club, De Laurentis "rachète" les trophées du passé mais surtout l'ancien nom, Societa Sportiva Calcio Napoli.
De Laurentiis, homme d'affaires
C'est donc ainsi que l'équipe va affronter un des championnats de Serie B les plus durs mais les plus passionnants de l'histoire. Les trois clubs qui vont monter en 1e division sont parmi les plus glorieux du calcio : la Juventus avec plusieurs dimanches d'avance et, suite à un match nul entre les deux clubs à la dernière journée, Genoa et Napoli. Ce dernier va affronter la Serie A avec pour objectif le maintien. Mais le recrutement est intéressant car, sans mettre à feu et à sang le budget mais grâce à un très bon timing, arrivent des jeunes joueurs courtisés par beaucoup de clubs de premier plan. Gargano est le pit-bull du milieu de terrain, Lavezzi l'attaquant au dribble fulminant et Hamsik, à mon avis, le meilleur Under 21 de tout le championnat. En les alignant à côté de joueurs plus expérimentés tels que Blasi ou Zalayeta, Reja obtient un mix quasiment parfait et pour preuve les victoires contre des adversaires, sur le papier, bien plus forts (Inter, Juventus, Milan, Fiorentina) mais surtout 50 points au total et une 8e place qui signifie retrouver l'Europe après 14 ans d'attente.
Hamsik, manga vivant
Il est clair que, si on considère les résultats sportifs, les étapes du projet De Laurentis ont été brûlées mais ce qui importe le président et ses collaborateurs n'est pas d'être étincelants l'espace d'un match ou d'une saison, ils ne veulent pas se laisser emporter par un excès d'enthousiasme précoce ou éphémère. Ils ont un objectif clair et plausible : jouer la Champions League d'ici trois ans. Entre temps le renforcement de l'effectif va poursuivre, ne pas laisser partir les jeunes talents de l'équipe est la priorité, l'achat d'autres jeunes talents à faire grandir sous le soleil de Naples est tout aussi important. Car comme le disait suite à la splendide victoire de samedi soir contre la Juventus le producteur-proprietaire "A rien ne sert de participer à la Champions si on n'a pas les moyens de bien y figurer".
Napoli s’est couché en 1e position samedi soir mais en 2e dimanche après l’incroyable démonstration de réalisme et d’efficacité parsemée de beau jeu de la part de l’Inter. La Roma à mon goût ne méritait pas une défaite aussi lourde car Totti et ses coéquipiers ont fait voir de bonnes choses pendant une bonne partie de la première mi-temps mais il est clair que si les neroazzurri s’imposent pour la 3e année d ‘affilée à l’Olimpico cela veut dire que l'écart entre les deux équipes est encore trop vaste. La Roma a maintenant 9 points de retard et a perdu pour la 4e fois en 7 rencontres alors que l’an passé 4 furent les défaites de tout le championnat. Si ce n’est pas une crise, ça y ressemble beaucoup. L’Inter quant à elle a une richesse d’effectif qui fait peur et cela s’est vu ce week-end car Adriano est arrivé en retard à l’entraînement de jeudi ; Mourinho énervé a décidé de ne pas le faire jouer et, Figo blessé, il pouvait choisir entre la fraîcheur de Balotelli, la puissance de Crespo, l’efficacité de Cruz, la technique de Mancini et il a surpris tout le monde en alignant le quasi-débutant Victor Obinna qui l’a repayé avec un beau but.
Grâce à cette victoire, l’Inter fait un tout petit premier trou et distance ses poursuivants de deux points. Le Milan, aujourd’hui, semble être le concurrent numéro 1 et est une longueur derrière le trio des surprises : la talentueuse Udinese, le pétillant Catania et Napoli. Ce Napoli qui ne veut pas arriver trop vite en Champions League mais victoire après victoire, étape brûlée après étape brûlée risque, compte tenu des problèmes de Juventus et Roma, de devoir se confronter avec l’Europe des grands, bien plus tôt que prévu. Et ce n’est pas sûr que ce soit les napolitains à qui ça peut faire le plus mal…
Homer est aussi supporter de Naples
