Gilardi Vox : les promesses de saison
les faux
Par Subfoot - La Rédaction (autres articles du même auteur)
Sep 2, 2009 - 2:49:33 AM

cfc.jpeg certifié strass et temps perdu
Quelques mois en arrière disparaissait Thierry Gilardi, ex journaliste crypté passé du côté obscur mais éclairé de TF1.

 

Pendant que Canal ploie de plus en plus sous les paillettes newlook où ne manque qu’un peu de cul / qu’un brin de pets, Orange trifouille dans un rôle étonnant de mastodonte aux prises avec le délice des débuts artisanaux et TF1, moins que France 2, se débat pour montrer un peu d’images de jeu entre deux interviews cadencés de montages qu’Eric Hannezo approuve pour en avoir éprouvé son paquet, en son temps, dans Stade 2.

 

A s’y perdre.

 

Ennuyé.

 

Ou se prendre à rêver d’un gouvernement à l’argentine, prêt à débourser, en pleine crise et faillite, des millions publics pour racheter les droits du foot dans une magouille de pouvoirs et contre pouvoirs drôles à en rire jaune !

cristina.jpeg cristina rachète les droits

 

Bref, la nostalgie nous guette… On se rappelle de Thierry Gilardi en monsieur loyal de l’Equipe du dimanche et de Jour de foot, quand ces émissions étaient à l’aficionado de foot des repères d’un classicisme épuré.

 

Subfoot prend le taureau par les cornes et débauche Gilardi. Saint Pierre nous pardonne, mais le foot a ses besoins et le Paradis attendra.

 

Thierry Pellet : « Thierry, on passe sur les conditions de cette interview. Comment se présente ce début de saison ?

Thierry Gilardi : Ah, Thierry, je suis tout émoustillé, comme chaque année… Mais cette année, c’est alléchant, je dois le dire, bien plus alléchant que l’année dernière !

Pellet : La vue d’en haut est à ce point imprenable ?

Gilardi : Tu veux ma place ?

Pellet : Non. Je te propose un PMU dans le désordre : qu’est ce qui t’excite le plus cette saison ?

Gilardi : D’abord et avant tout, je veux connaître les qualifiés pour la prochaine Coupe du Monde. C’est dans moins d’un an maintenant, et ça ne tardera pas à coller aux basques de tous les crampons. Qualifiés ou pas qualifiés, les joueurs ne seront pas les mêmes sur le terrain !

Pellet : Ok, ça fait une bonne raison de saliver !

Gilardi : Ensuite, je n’hésite pas une seconde, c’est le match entre le Real et le Barça. Ce n’est pas très original de dire ça, mais je croise les doigts pour que la sauce prenne à Bernabeu, et que le clasico soit un sommet ! Sur le papier, ça peut être un match extraordinaire ! »

 

Mis en verve par ce début d’entretien, nous prenons l’un et l’autre une gorgée de flotte. La canicule n’est pas vieille et les réflexes d’hyperhydratation sont tenaces.

 

botte_italienne.jpeg excitant, le réveil de la botte
Pellet : « Après, quoi d’autre qui t’excite ?

Gilardi : La question qui me taraude est un peu cruelle pour la Série A : les clubs italiens vont-ils renouer avec leur statut de grands d’Europe ? J’ai dis que c’est une question cruelle, parce qu’elle remue le couteau dans la plaie, mais la plaie est présente alors autant ne pas la nier, et j’énonce surtout un espoir… L’Europe sans l’Italie, pardonnez moi, mais c’est d’un ennui mortel ! Je ne fais pas parti de ceux qui vitupèrent le « catenaccio » en oubliant que ses lettres de noblesse ont été mises au musée il y a déjà belle lurette, parce que tout le monde les a récupéré à son compte, et digéré.

Pellet : La Coupe du Monde, le clasico espagnol, le réveil de la botte… Et quoi d’autres ?

Gilardi : La Premier League, cette année encore, propose un tableau de gros morceaux et d’outsiders. Chelsea à la sauce spaghetti après l’épisode batave, ça nourrit ma curiosité. Et je trouverai intéressant qu’Arsène parvienne enfin à son rêve : aller loin avec ses « gosses » ! Le Barça de l’année dernière, jeu enlevé, nous a ouvert l’appétit !

Pellet : La France dans tout ça ?

Gilardi : Le championnat va profiter d’une intersaison qui lui aura moins coûté que rapporté. Gourcuff, Gignac, Lisandro, Lucho Gonzalez, Sessegnon. Plusieurs clubs affichent des joueurs formidables ! Et des jeunes percent ou ne demandent que ça : Sakho à Paris, Matuidi à Sainté, Rémy à Nice et d’autres moins connus encore. »

 

Lui comme moi sentons qu’une nouvelle et dernière pause convient avant l’attaque d’une dernière ligne droite sur le sujet qui fera battre fort le cœur des supporters français…

 

Pellet : « Et l’équipe de France ?

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Gilardi : C’est d’abord une question de joueurs ! Et je trouve que les nouvelles pourraient être pires : Henry, Anelka, Evra, Ribéry, Benzema, Gallas, Lassana Diarra, Malouda… la liste des joueurs qui évoluent dans des grands clubs européens, aux ambitions majeures, loin d’être exhaustive ici, a reprit du poil de la bête. Je pourrai rajouter Flamini, Clichy, Sagna, Nasri, Abidal, Vieira…

Pellet : La défense ? Le leadership sur le terrain ?

Gilardi : Bah… Les matchs couperet des éliminatoires en diront plus qu’on ne peut en prévoir ! Si ça veut prendre, en tout cas, le potentiel existe, c’est une certitude. Mais le niveau de performance collective, c’est toujours une autre histoire que les promesses d’un effectif…

Pellet : On joue au pronostic ? Champion de France ?

Gilardi : Une revanche, avec un sprint Lyon-Bordeaux.

Pellet : Champion d’Europe ?

Gilardi : Déjà : des demis avec quatre clubs de pays différents ! Et un Barça – Inter, pour retrouver Ibra et Eto’o dans le rond central !

Pellet : La saison de Ribéry ?

Gilardi : Si la France va en Afrique du Sud, sa saison commencera en mai !

Pellet : La saison de Gourcuff ?

Gilardi : Etincelante avec Bordeaux. Et pour le reste, il est jeune… C’est ouvert ! »

 

J’ai pris une respiration, je me suis détendu, et j’ai posé ma dernière question :

« On te reverra dans nos pages, Thierry ?

Gilardi : Je compte bien faire de la concurrence à Izno, mon bonhomme. »

 

Rien à dire, l’énergie ne se perd pas.