| Izno-Jacquet, sur la piste d'athlé
les faux Par Izno, stagiaire + 5 - La Rédaction (autres articles du même auteur) Aug 20, 2009 - 1:33:30 AM |
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Ma thèse n'est pas mon thème...
Soyons franc, ou honnête, les nuances m’importent peu quand je rentre de vacances. A Subfoot ou ailleurs, le boulot, c’est le boulot, et la reprise, c’est une chienlit. Ma thèse, que je ne défends nulle part, et n’étaierais pas, c’est que les footballeurs vivent ce même cauchemar… Mais ça n’a rien à voir avec mon thème.
Ca m’a prit, sans que personne ne me demande rien. Je suis
allé faire mon tour dans les Alpes, où je savais que ma « cible »
passait ses vacances. Direction Chamonix. Je m’éloigne des routes principales.
Je monte un peu vers les alpages. Et là, près d’une estive, un chalet brille d’un
bois de jais, d’un toit de lauzes et de fleurs aux fenêtres. Sur la
terrasse, en train de profiter d’un bon roman de gare, noble dans le repos,
Aymé Jacquet me fait un signe du bras.
accueillante, la vallée
Izno : "Salut Aymé !
Jacquet : Izno, mon amitié…
Izno : Eh ! Toujours aussi cordial, toi ! Et quelle allure ! Ca fait du bien, quand même, un titre de champion du monde !
Jacquet : On peut dire ça comme ça… Que me vaut ta visite ?
Izno : Les championnats du monde d’athlétisme.
Jacquet : Ah.
Izno : Les joueurs de foot sont ils de bons athlètes ?
Jacquet : Tu veux la vérité ? Ou tu veux le couplet d’usage ?
Izno : J’adore quand j’ai le choix.
Jacquet : Le foot n’est pas encore au mieux dans la gestion des aspects athlétiques. La marge de progression est encore énorme par rapport à la somme de détails que représente la mécanique humaine.
Izno : Tu me scies !
Jacquet : On est dans les Alpes !
Izno : Cette synthèse, d’un coup… Tu veux dire que des
progrès sont encore possibles… mais, ça veut dire que le travail effectué est
perfectible, ou qu’il n’y en a pas, de travail ?
valbuena à l'entrainement : la coulée après le plongeon...
Jacquet : Du travail, le monde professionnel en fournit ! L’argent et les enjeux, sportif et financier sont là pour permettre une approche globale de la performance et du jeu. Mais si des équilibres sont choisis, l’horlogerie appartient encore aux autres disciplines.
Izno : Les Suisses ont de l’avenir !
Jacquet : Qu’on fasse le choix de travailler la vitesse
ou l’endurance, pourquoi pas. Mais certaines faiblesses ne sont pas
acceptables. Et certaines approximations coûtent chères. D’autant plus qu’il ne
faut pas se faire d’illusion, le génie est rare. Très rare. Et la majorité a le
seul salut de la répétition des gammes, de l’apprentissage par l’exercice… Le
progrès ne tombe pas du Ciel ! Un seul mot d'ordre : l'éducatif !
Izno : Un Ronaldo trop gros qui marque encore, c’est
une raison de crier pour un entraineur ?
tout est gros, dans le ronaldo
Jacquet : Ronaldo est un pur génie du foot. Et son corps a changé tant et tant de fois dans sa carrière, sans compter les blessures, rudes, qu’il a subies, et qui ont forcément joué sur une orientation de jeu, sur son approche… en termes de préparation et de compétition. Mais Ronaldo, encore une fois, est un pur génie. C’est un mauvais exemple, ou celui qui confirme la règle. Tu ne demandes pas à Gazza de dessaouler.
Izno : A Toulalan, tu lui demandes de frapper fort ?"
J'avais plutôt aimé sa réplique, à l'Aymé, et je me tenais assez haut en estime pour prétendre tenir le rythme !
Une fois balancée
ma question, j'avoue que je me suis permis de jeter un œil au-dessus de
nos têtes, pensant que j'allais rêvasser aux crêtes escarpées qui sont
l'apanage des fameux guides de Frison-Roche pendant qu'Aymé tricoterait un début de phrase merdeux, les pieds emmêlés dans la glaise d'une idée naissante à peine..
Un instant, je croyais même apercevoir deux chamois en train de suivre un axe nord-sud... Mais Jacquet le tenait,
le rythme, et plutôt bien... Je mettais mes yeux dans les siens. Quand on dit que l'altitude a du bon...
Jacquet : "Toulalan, c'est un autre bon exemple : si tu lui demandes
de frapper fort et juste, est ce que le travail que cela demande implique qu’il
perde ses qualités physiques reconnues, à savoir l’endurance ? A partir de
là, tu n’es plus dans le génie, mais dans le choix. La préparation physique, c’est
déjà la tactique. C’est déjà la philosophie de jeu. Mais ça, ça n’intéresse
personne. Les médias, le public… Tout ce monde là préfère les gourous, et les
matchs ! On ne saurait leur donner tort !
pirès, dix ans plus tard, le détail travaillé au pied de la lettre...
Izno : Tu te mets dans la case gourou ?
Jacquet : Comme les autres coachs, en foot, je ne suis pas l’équivalent d’un entraineur d’athlé. Les détails du corps, des gestes, je ne les maîtrise pas. Je ne suis pas Dieu ! Je m’appuie sur une équipe !
Izno : C’est un blasphème, ça…
Jacquet : Quoi ?
Izno : Tu n’es pas Dieu ?
Jacquet : Non, parce que j’étais sur le banc en 93, au Parc. Et parce que j’ai gagné sans Canto. Dieu n’est pas perfectible. Je le suis.
Izno : Quelle lucidité !
Jacquet : Tu me mets hors jeu, là…
Izno : Reprends, je t’écoute.
Jacquet : Ce que je disais, c’est que le coach dans le foot intervient davantage sur un encadrement d’hommes, qu’il soit joueur ou encadrant technique, et sur une stratégie d’ensemble, avec ses déclinaisons tactiques. Mais le dur, ça, ce n’est pas lui qui le fait !
Izno : C’est quoi le dur ?
Jacquet : Tu sais comment le bassin doit être positionné pour faire une bonne frappe, toi ?
Izno : Tu veux me mettre une claque, hein, c’est ça ?
Jacquet : Tu veux une claque ! ?
Izno : Non, Aymé, c’est les vacances, euh… la reprise, j’y vais doucement, d’accord !"
Je lançais des perches, mais elles tombaient toutes à l'eau... Et Jacquet, sans dédaigner pourtant mes envies de repos, enchainaient sans pause dans sa logique...
le répétiteur technique de El Hadji Diouf
Jacquet : "Et bien moi je sais à peu près comment le mouvement du bassin doit intervenir. Mais pas exactement. Et je ne sais pas comment on travaille ça, spécifiquement. Et je me demande même : est ce que ça ne peut pas se travailler avec des biomécaniciens, ces histoires ?
Izno : Jipépé avec une cohorte de capteurs sur le corps, pour perfectionner sa frappe… dans un laboratoire futuriste !
Jacquet : Jipépé frappait parfaitement, ou presque. Mais il y a toujours un match, un résultat, qui va se jouer à trois fois rien, parce que la prise de détente était mauvaise, ou le timing, parce que la coordination du joueur laisse à désirer, quand bien même son bagage technique, balle aux pieds, est indiscutable… On oublie souvent la technique du corps. Le physique, ça n’est pas que de l’effort. Pas que de la caisse. Puel qui montre l’exemple à Lyon, peut-être, mais quel exemple ? Les médias s’emmêlent les pinceaux… Il ne montre rien qui est à voir avec le physique, Puel, il est sur un aspect mental, une approche de gagneur, poing serré, prêt à mordre dans toutes les actions. L’abnégation.
Izno : C’est rare que le foot ait une approche technique du corps… du physique.
Jacquet : Le jeu est collectif, et le ballon s’ajoute
aux membres. Un footballeur ne doit pas maîtriser son pied d’appui… mais son
pied d’appui, le ballon, le positionnement du défenseur et la course d’appel de
son coéquipier ! Sans compter l’arbitre, qui est peut-être sur la
trajectoire de la passe qu’il veut faire… !
technique, le buste
Izno : La somme des détails…
Jacquet : Les sommets passent par là. Et le foot est en chemin. Déjà, le football total de l'Ajax allait dans cette direction. Même les arbitres ont des critères physiques de sélection, et s'échauffent, avant les matchs... Quant à CriCri du Real, il n’y est pas pour rien, au sommet. C’est peut-être pour ça que Messi a une gueule plus sympathique. Messi, il ne ressemble pas à un sprinter. Messi, il entre dans les canons du foot. C’est une image d’Epinal. C’est Garrincha. CriCri, il fait injustement mécanique, alors qu’il est simplement dans un équilibre quasiment parfait des qualités de footballeur.
Izno : Ok, stop ! Je n’aime pas les conversations dans lesquelles on passe la brosse à reluire au gominé…
Jacquet : Alors on ne parle plus de foot ! Tiens, on va se regarder le Décathlon, avant de prendre un apéro ! »
la bedaine des arbitres, moins vraie que leur calvitie...
