| A la recherche de l'honneur perdu
les zéros Par David Cap, El consoultan espingouin - (autres articles du même auteur) Nov 10, 2005 - 11:39:00 PM |
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A la recherche de l’honneur perdu
les rêves brisés de la seleccion espagnole
Les quart de finalistes
I – Papy Luis
Taratata ! Tirititi ! Splonk ! Le souffle court, la capote trouée et l’habit de lumières effiloché, la selección a validé avec peine son billet pour les repêchages du mondial allemand, face à l’inconnu slovaque. Pour une fois, les discours chauvins d’un football toujours sûr de sa supériorité à l’approche des grandes échéances internationales se sont tus, la peur noue les estomacs, même le Rioja a une saveur de bouchonné. « Où va t-on ? » s’interrogent anxieux les seguidores du 11 hispanique. Ce n’est pas que les aficionados velus pensaient déjà à remporter le mondial, masochistes mais conscients d’échecs légendaires, non, le nombrilisme a ses limites. Mais là c’est différent, la temporalité n’a pas été respectée, l’Espagne du foot n’a pas eu le temps de mouiller dans son gazpacho la madeleine au goût amer des désillusions mondialistes. Alors que traditionnellement les ibères survolaient leur campagne de classification à coup d’ailes de pigeon et de jeu en triangle démoniaque, avant de se prendre la tête entre les mains au stade des quart de finale en ressassant leurs occasions manquées, ce coup-ci l’équipe n’a pas pu faire mieux que deuxième de sa poule de qualification, à force de nuls désenchantés et d’une maîtrise dans le jeu décevante. Et pas contre des têtes de gondole, jugez plutôt : Belgique, Bosnie, et la talentueuse mais jeune Serbie. Même les copains de San Marin, toujours prompts à rassurer les attaquants en détresse, n’ont pas suffi à égayer le parcours. C’est à croire que l’esprit de
Don Quijote et son appareil
Don Quijote, que l’on célèbre cette année[1] à satiété, s’est enfui, cette quête éternelle du panache et de la superbe alors que tout est déjà perdu.
Mais les héros ne meurent jamais, même chauve et avec une pubalgie. Et dans cette ambiance désenchantée, un autre castillan se dresse face aux mécréants incrédules, un capitaine en guenille dont l’idée fixe est d’aller défier les moulins d’Allemagne, le « zapatones » (les grands pieds), « el sabio de Hortaleza » (le sage du quartier populaire madrilène de la Hortaleza, où il vagit pour la première fois un jour de juin 1938), Luis Aragonés, ou tout simplement Luis, comme on le nomme affectueusement ici. Luis, le grand-père de la nation des footeux espagnols, le dernier tribun de la Furia, le garant de la tradition, fut-elle souvent pathétique ou comique.
Papy Luis en est persuadé, l’Espagne ira au mondial, elle y jouera même un rôle majeur, elle regorge de jeunes talents et de vicelards expérimentés, elle battra la Slovaquie sans problème, faut pas s’inquiéter. Vous me direz, cette belle certitude ne porte pas à l’optimisme quand elle est énoncée par un entraîneur qui déclarait à chaque match que la selección allait vaincre par 3 buts d’écarts…Les serbes en rigolent encore, les belges un peu moins, mais il est vrai qu’avoir Mbo M’Penza dans son équipe, ça déconcentre forcément.
Les séances d’auto-persuasion prodiguées par le vieil homme à l’éternel jogging en nylon ne procèdent pas seulement d’une roublardise bon enfant.
Patrick Topaloff dguis en Luis Aragones
Luis, sans conteste, connaît bien le potentiel individuel jamais démenti à travers les époques des acteurs de la selección, tout comme cette malédiction qui semble subitement les paralyser une fois la tunique enfilée. Pour lui, la solution est simple, il la martèle sans cesse à qui veut bien l’entendre: peu importe le schéma tactique, peu importe l’adversaire, la clef se trouve dans l’état d’esprit de ses joueurs. Luis s’emploie ainsi à les motiver, encore et toujours, à balayer leurs doutes, à les convaincre qu’ils défendent une cause indépassable, celle de l’Espagne, l’Espagne outragée ! L’Espagne brisée ! L’Espagne martyrisée ! Mais l’Espagne (bientôt) libérée !
Cette psychologie de troupier et de troquet ne surprendra personne, c’est la marque de fabrique du bonhomme, et c’est le ressort de ses succès antérieurs. Après une omniprésence d’un demi-siècle, passée à écumer les recoins de la maison foot espagnole, Luis en évoque mieux que quiconque la couleur de la moquette et le vernis des meubles. Par son expérience et un chauvinisme jamais pris en défaut, il possède une légitimité incontestable pour occuper le poste de sélectionneur, tant est si bien que sa nomination en 2004 était alors apparue comme une évidence. Déjà, en 1998, la fédération lui avait proposé de diriger le onze national, mais Luis, jugeant inacceptable de ne pouvoir choisir lui-même ses adjoints, laissera la place à Camacho, en claquant la porte avec humeur. Typique. Mais n’ayez pas peur de ses réactions épidermiques, si Luis est un peu butor et rétrograde, il n’est pas foncièrement méchant, d’ailleurs vous allez faire plus ample connaissance.
Madrilène de naissance, Luis Aragonés Suárez, avant de devenir entraîneur, fut d’abord de 1958 à 1974 un attaquant habile et intelligent[2]
Luis Titi
, doté d’une bonne vision du jeu, excellent centreur et tireur de coups francs et de penaltys, quoique souffrant d’un style à la Buster Keaton qui lui valut le doux surnom du “zapatones”, les supporters se demandant toujours comment il pouvait tenir l’équilibre avec une technique de course similaire à celle d’un canard menotté. Bien qu’ayant été recruté jeune par le Riche Madrid, après avoir fait ses classes chez les pauvres de Getafe, il ne jouera aucun match avec l’équipe première, les dirigeants merengue, dubitatifs sur ses réelles compétences, préférant l’envoyer en prêt aux 4 points cardinaux de l’Espagne. Enfin libre, c’est au Betis Séville que Luis se fera remarquer, avant de rentrer chez lui fort d’une belle petite réputation, pour poser définitivement ses valises au Metropolitano[3], à l’Atlético Madrid, comme pour mieux toiser un stade Bernabeu qui l’avait jusqu’ici snobé. Il y obtiendra la consécration avec élégance, calé sur l’aile droite, durant 10 années passées à orchestrer les mouvements d’attaque de ses compères Ufarte et Gárate et à faire fructifier les coups de pied arrêtés, avec à la clef un joli palmarès ponctué de quelques faits d’armes: 11 fois international (3 buts), trophée pichichi en 1970 (16 buts), trois fois vainqueur du championnat (1966-1970-1973) et deux fois de la Coupe du Roi (1965-1972). Surtout, le souvenir d’un Aragonés batifolant en short reste attaché à la finale de la Coupe des clubs champions perdue en 1974 avec ce même Atlético , au stade du Heysel, face à la meilleure équipe d’Europe de l’époque, le Bayern München, guidée par les Beckenbauer, Müller and co, qui deviendront quelques semaines plus tard champions du monde chez eux, en Teutonie, en battant les hippies hollandais. Luis, déjà vétéran, fait croire à l’exploit en ouvrant le score d’un magistral coup franc, avant que Schwarzenbeck n’égalise et n’oblige à rejouer une nouvelle fois la finale (les prolongations n’existaient pas à l’époque). Pour le deuxième match, on ne vous fera pas de lapalissade sur les allemands qui gagnent toujours à la fin, le coeur n’y est pas.
Si la carrière du joueur a été somme toute placide et placée sur le ton de la discrétion, l’homme étant peu porté à l’extériorisation lors de ses déhanchements patauds sur le pré, ni aux déclarations intempestives d’après match, c’est dans son étape d’entraîneur que Luis a définitivement basculé dans l’inconscient subjectifoot des passionnés de la péninsule.
Luis le grognard
Entier, donneur de leçons, caractériel, goguenard, truculent ou un peu fou, c’est selon, Don Aragonés a laissé son empreinte dans un bonne demi-douzaine d’équipes de la Liga, régalant les bonnes âmes de ses petites phrases et engueulant ses joueurs avec une gouaille inimitable. C’est à l’Atlético qu’il débute, dès les crampons compensés rangés dans le placard, en 1974, et y reviendra à échéances régulières, au total 14 ans à gesticuler sur le banc rojiblanco. De fait, souvent au prix d’empoignes mémorables, de brouilles à grand fracas et de réconciliations viriles, Luis est entré dans le Guinness Book comme le seul être humain à avoir pu supporter Jésus Gil y Gil[4]
Le Loulou Nicollin espagnol, Jesus Gil y Gil
plus d’une demi-heure en tête à tête. Durant les intermèdes, Luis s’est intéressé au sort d’autres clubs sans jamais faire la fine bouche, de Séville (Betis et Sevilla) en passant par Barcelone (Barça et Espanyol) et Oviedo, avec des détours au soleil de Mallorca.
Au final, de pérégrinations en retours programmés au bercail, Luis reste l’entraîneur ayant dirigé le plus grand nombre de matches de championnat, 757, même si la plupart du temps ses équipes possédaient plus le calibre d’une carabine à plomb que celui d’un magnum…En l’espace de 30 ans, le désormais « sage de la Hortaleza » ne convaincra jamais totalement, sans décevoir non plus, collectionnant les places européennes et récoltant quelques trophées au passage, presque tous en faveur des colchoneros : un championnat (1977, Atlético), 4 copas del Rey (1976, 1983 et 1992, Atlético ; 1988, Barcelona), une supercopa (Atlético, 1985), et, cerise sur le gâteau, une intercontinentale en 1974 contre l’Independiente, le Bayern ayant refusé de défendre ses chances.
Bien que Luis ait fait ses preuves comme meneur d’hommes, la tactique n’a jamais été son point fort. Il privilégie généralement une organisation plutôt défensive, dans un style souvent brutal et physique, pardon, « engagé », basé sur la contre-attaque et la récupération intimidante du ballon (« si tu me dribbles, tu prends mon coude dans ton tarin, car si tu passes, je me prends un coup pied dans le c… par l’excité là-bas »). Ce qui explique peut-être que ses équipes se soient faites spécialistes des remontées fantastiques en deuxième partie de championnat, le temps pour les joueurs d’assimiler les consignes et de soigner leur tympans endoloris par les aboiements du « sage » durant les matches aller. Très à cheval sur la discipline et l’esprit de sacrifice, Luis a semble t-il toujours été plus à l’aise avec un effectif de joueurs besogneux qu’il dominait de la tête et des épaules, qu’avec des stars à l’ego surdimensionné et l’attitude irrespectueuse. Baixhino, le génial, en a fait l’expérience à Valence. Transféré chez les « che » durant l’été 1996 un an après l’arrivée de Luis, son refus obstiné de s’entraîner un tant soit peu sérieusement et de dormir plus de 4 heures par nuit la vieille des matches provoquent l’ostracisme de papy qui le relègue sur le banc dès le début de saison, et le force à partir sans gloire en prêt à Flamengo à la mi-octobre. Sans que les résultats s’en ressentent. Le club terminera à la deuxième place, puis s’effondrera l’année suivante, avec un Romario pourtant revenu en grâce après le départ du beuglard. 2 ans auparavant, Luis avait également échoué à faire jouer ensemble à Séville l’autre Dream Team, celle des Maradona, Prieto, Simeone et autre Suker, plus occupés à errer dans les bars à copas de la ville qu’à écouter les complaintes d’un adjudant-chef. A la même époque, sûrement déjà échaudé par les énergumènes qu’il se voyait sermonner en vain dans les vestiaires, il libère lestement sa frustration à coup de gifles dans la tête de l’entraîneur de Naples, dans un contexte à haute tension, il est vrai, celui d’un match de préparation d’avant saison…
La personnalité de Luis, faîte d’entêtement de vieux bouc, de perfectionnisme et d’une conception rigide des valeurs collectives, ne supporte aucune entorse au code de l’honneur somme toute militaire qu’il s’impose à lui-même. Mais si les joueurs adhèrent au pacte, Luis s’érige toujours comme leur premier défenseur, contre les ennemis malveillants du futbol qu’il a eu tôt fait d’identifier : les journalistes monomaniaques et les présidents avides et autoritaires. En 1988, après être arrivé en pompier au Barça pour remplacer Terry Venables au bout de 5 journées de championnat, il s’unit sans hésitation en fin de saison à la grève des joueurs qui réclament la démission du président d’alors, Josep Lluís Nuñez. Les 13 mutins de l’Hesperia, l’hôtel de Barcelone où est décidé le coup de force, réclament une hausse de leurs émoluments, et obtiennent à la place une feuille de licenciement. Luis, plongé dans ses phobies, éjecté et remplacé par Talleyrand Cruyff, s’éloignera un temps de la famille pour soigner une bien vilaine dépression. Face aux médias jugés inquisiteurs et enquiquinants, il protégera comme une mère juive les plus brillants de ses jeunes pupilles, soumis trop tôt à la pression, à l’instar ces dernières années de Samuel Eto’o ou Fernando Torres. Mais les journalistes malmenés, loin de s’offusquer des remontrances de papy tonnerre, ne lui en tiennent pas rigueur. Ils accourent au contraire à la moindre conférence de presse, impatients d’assister au nouveau cours magistral.
Luis fait le polaroid
Avachi sur sa chaise, Luis, dédaigneux ou cabotin, ne se prive alors pas de servir à cette bande d’ignares ce qu’ils désirent. Toujours droit dans ses baskets.
Cependant, de colères impulsives en mise en scène, le personnage de papy Luis pourrait venir à lasser. A 67 ans, Aragonés se complaît sans grand recul dans sa propre caricature, et ses méthodes, éprouvées dans d’autres lieux et d’autres époques, semblent désormais un peu légères pour contrer les nouveaux technocrates du jeu qui s’installent dans leur costard propret sur le banc d’à côté, en louant leurs nouveaux logiciels de statistiques. D’obstination bourrue en posture blasée, Papy Luis fait aujourd’hui plus penser à ce vieil oncle, gominé au Petrol Ahn et parfumé à l’eau de Cologne à la lavande, qui a fait la guerre d’Algérie et qui, éméché, parle de putes et de torture à table durant le repas de famille, alors que le petit Louis, encore debout, est en train de jouer avec ses pantoufles sous la chaise.
Luis n’est pourtant pas bête, il se rend bien compte qu’il est un peu dépassé, mais ne sait que faire pour y remédier. Plutôt que de se remettre un tant soit peu en cause, il préfère dénoncer sans grand discernement les suppôts d’une machination anti-patriotique, ces adversaires qui semblent bien jouer rien que pour l’embêter, ces arbitres qui ne sifflent pas les fautes éhontées des mottes de terre qui font tomber ses attaquants, ou encore ces journaleux critiques qui feraient mieux d’inventer les paroles de l’hymne espagnol au lieu de parler tactique. Et soigne sa frustration avec ses joueurs, en multipliant ses fameuses séances de motivation, au prix de quelques dérapages indignes de sa personne.
La finesse manageriale de Luis
Le polémique « tu es meilleur que ce noir de merde », asséné consciemment devant les caméras à Reyes, qui pleurait dans les bras de papy les vexations subites par Henry à Arsenal, n’en est qu’une triste illustration. Il est loin d’être prouvé que Luis soit raciste, dans l’acceptation académique du terme (le terme est galvaudé), tout au plus un nouveau porte-parole affligeant de ce racisme ordinaire et quotidien qui puise ses racines dans l’ignorance et la beauferie sans frontières. C’est ce qu’a laissé entendre Samuel Eto’o à demi-mot, pourtant pourfendeur officiel des macaques en tribune amateurs du lancer de bananes, et qui a volé au secours de ce grand-père qui l’avait accueilli adolescent dans sa propre maison, à Mallorca, afin de l’éduquer au football civilisateur espagnol. Gageons que Luis avait su lui opposer son talent naissant à celui de ces attaquants « sudaka » qui cannibalisent la Liga. Ou peut-être lui donna t-il son point de vue historique sur ces colons anglais, qui « persécutaient (les noirs) comme des loups pourchassant leur proie ». Il n’empêche, le mal est fait, et pour une fois, au lieu de privilégier l’attaque pour répondre aux accusations, Luis aurait dû jouer sur son point fort, la défense. Peut-être la sélection pressentie du milieu de Villareal, Marcos Senna, brésilien chocolat naturalisé espingouin, nuancera le tableau.
Emblème d’un football institutionnel espagnol un peu décati, glissant volontiers dans le népotisme et privilégiant le statu quo, de peur de perdre définitivement ses repères, espérons seulement que Papy Luis, à quelques heures du coup d’envoi des barrages, saura pour une fois s’abstenir de nouveaux commentaires condescendants sur la médiocrité supposée des joueurs slovaques (http://www.subjectifoot.com/artman/publish/article_305.shtml) Il en va de la crédibilité de la selección, pour éviter qu’elle ne ressemble définitivement à ces taureaux en bois qui jalonnent les routes d’Espagne: impressionnants de loin, mais simples décors carton-pâte de près.
Seulement, d’instinct, nous laissons encore le bénéfice du doute à ce vieux hibou, caractériel et obstiné, mais qui reste au fond sympathique. Après tout, même perdu dans un monde qui n’était plus tout à fait le sien, même avec une armure rouillée, son lointain ancêtre de la Mancha a bien réussi à transformer un destin de looser en épopée.
Repères :
Né le 28 juin 1938
Parcours de joueur :
- Getafe Club de Fútbol, 1957-1958
- Recreativo de Huelva, 1958-1959
- Hércules de Alicante, 1959-1960
- Plus Ultra, 1960
- Real Oviedo, 1960-1961
- Real Betis Balompié, 1961-1964
- Atlético de Madrid, 1964-1974
Parcours d’entraîneur :
- Atlético de Madrid, 1974-1980
- Real Betis Balompié, 1981-1982
- Atlético de Madrid, 1982-1987
- FC Barcelona, 1987-1988
- RCD Espanyol, 1990-1991
- Atlético de Madrid, 1991-1993
- Sevilla FC, 1993-1995
- Valencia CF 1995-1997
- Real Betis Balompié, 1997-1998
- Real Oviedo, 1999-2000
- Real Mallorca, 2000-2001
- Atlético de Madrid, 2002-2003
- Real Mallorca, 2003-2004
- Sélection espagnole, depuis 2004
[1] 500ème anniversaire de la naissance de la figure littéraire du pays, reste à savoir qui le lit encore...L’espoir est néanmoins permis, Paulo Coelho en aurait déjà dépassé la 200ème page, en se relayant avec Isabel Allende.
[2] 160 buts en 360 matches de championnat.
[3] Ancien stade de l’Atlético, remplacé en 1966 par l’enceinte sportive la plus moderne d’Europe à l’époque, le stade de Manzanares. Ce stade porte désormais le nom de Vicente Calderon, en hommage au président le plus titré de l’histoire du club, qui commença à officier en...1963. De fait, tous les succès de Don Calderon furent obtenus avec Aragonés, soit comme joueur, soit comme entraîneur.
[4] Jesús Gil y Gil, président obèse de l’Atlético, un brin mafieux, entrepreneur immobilier comme le veut la longue tradition des présidents de clubs espagnols, maire de Marbella sous la bannière du parti G.I.L (groupe indépendant libéral, il avait rien trouvé pour J.E.S.U.S), dont il vira la plèbe pour mieux chouchouter ses nombreux concitoyens de la jet-set. C’est encore lui, pour la petite histoire, qui traita élégamment Michel Vautrot de « pédé ». Mort d’un infarctus cérébral en 2004, notre bon Jesús, après des années à ferrailler avec la justice et remplir quelques milliers de page de dossiers d’instruction, fut dignement et unanimement célébré comme le “meilleur d’entre nous” par l’Espagne du football. Recueillons-nous.
