| Groupe F: l'insurrection des suffisants
ligue des champions Par Consultant Yugo - Sinitch Emphatic (autres articles du même auteur) Nov 5, 2009 - 4:00:00 AM |
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Vous ai-je déjà parlé de ma passion pour les films à revanche? En tant que gamin pré pubère et facilement impressionnable, un de mes films préférés était "Conan le Barbare". Cette magnifique fresque fantasque, produite par nulle autre que Dino di Laurentis, le padrino du Napoli, mettait en scène les périples d'un Schwarzie quasi muet, dans la fleur de l'âge, obsédé dans sa quête de justice, contre vents et marées. Il en avait surtout gros sur la patate contre l'annonceur de CNN, James Earl Jones, qui, après avoir pillé et tué à volonté pendant des années (y compris les parents et amis de Conan), se complaisait dans son rôle de guru autoproclamé serein et philosophe.
La belle Valeria, guerrière insoumise
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Mais c'est facile de deviner les numéros du loto une fois qu'ils sont sortis[i]. Il fallait avoir la clairvoyance de s'en rendre compte au début. José Mourinho l'avait signalé d'ailleurs, en attirant l'attention du monde entier sur ce groupe composé de quatre champions (de leurs championnats respectifs) et compliqué à souhaits. En vue de l'actuel renversement de situation en ce qui concerne le classement de ce groupe après cette quatrième journée, cela devrait encourager les observateurs au respect et à l'humilité.
Hélas, le journalisme sportif n'est pas une discipline ou les valeurs de l'humilité et du respect (ni d'ailleurs de la clairvoyance) sont particulièrement valorisées de nos jours. Les consultants, commentateurs, présentateurs et autres espèces de plateaux télés et journaux bénéficient désormais de tellement de temps d'antenne et d'espaces médiatiques pour donner libre cours à leur ego qu'à force ils perdent tout sens des réalités. À force de se fourvoyer dans ce milieu où il fait bon de se lancer dans de grandes théories à partir de la dernière action de jeu observée, ils se perdent dans le labyrinthe de leur fierté et des impulsions et subjectivités personnelles. Chacun se construit son propre mausolée en forme de G14 ou Club des 11, construit sur la base de suppositions et facteurs inébranlables censées représenter alternativement le beau jeu (Arsenal, Barcelone), le succès intemporel (Real Madrid, l'A.C. Milan), la tradition (Liverpool, St. Etienne) et ainsi de suite. Dès lors, on a l'impression en tant qu'observateurs de ce processus que ces journalistes ne perçoivent plus véritablement les actions des acteurs sur le terrain qu'ils sont censés observer, et qu'on est en train d'écouter en boucle le même et unique disque de ce discours figé coulé dans la pierre. Malheur à ces équipes qui ne pourront pas accéder à ce Panthéon aristocratique car elles ne bénéficieront d'aucun soutien, voir même reconnaissance de la valeur sportive de leur travail.
Nombreux sont donc ceux qui ainsi s'enfoncent, préférant se maintenir sur leur lancée dogmatique plutôt que de reconnaître la réalité, voir au moins retourner leur veste (l'autre moitié de la profession concernée), par tous les moyens. Est-ce que cela constitue de la masturbation intellectuelle ou est-ce qui s'agit d'un plus simple besoin de confort de simplets incapables d'appréhender une réalité en mouvement?
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Wesley Sneijder, encore décisif
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Les statistiques clés[ii] sont d'ailleurs très parlantes pour illustrer le mérite global de l'équipe des bleus et noirs, sans parler de son caractère de combattante acharné. En voici un aperçu comparatif:
1. 20 tirs dont 9 cadrés pour l'Inter, contre 9 mais seulement 1 cadré pour Dynamo
2. Possession de balle de 60% pour l'Inter, 40% pour Dynamo (pourtant à la maison)
3. 405 passes complétées (sur 542), soit 75% de réussite pour l'Inter, contre 217 (sur 368), soit 59% de réussite pour le Dynamo
4. 63 passes livrées et raids solitaires tentés dans la troisième partie du terrain (attaque) pour l'Inter contre 38 pour le Dynamo
5. 19 passes livrées et raids solitaires tentés dans la surface de réparation pour l'Inter contre 6 pour le Dynamo
6. 7 coups de pieds du coin pour l'Inter contre 3 pour le Dynamo
7. 2 buts dans le jeu pour l'Inter contre 1 but dans le jeu pour Dynamo
Que nenni! Tous les bons journalistes savent que les statistiques ne valent rien à côté de la subjectivité pure. Ainsi les nombreux détracteurs de l'Inter et de José Mourinho ne manquaient pas de manifester leur mauvaise foi au sifflet final. Pour certains, il était surtout question d'un Inter "suffisant" et peu inspiré dans le jeu, "pas assez collectif". Pour d'autres, il était même question de "presque un hold-up" en dépit de l'évident sens unique du jeu en deuxième mi-temps. Même l'UEFA semble égarée en élisant Andriy Shevchenko en homme du match, en dépit de l'assist et du but de Wesley Sneijder.
Fort
heureusement, le football est beau et tout cela n'est pas si grave que ça et n'empêchera
certainement pas José Mourinho et son équipe de dormir d'un sommeil profond et
heureux, récompensés de leur labeur par une position désormais meneur de ce
groupe F toujours aussi ouvert. Les chiens aboient, et la caravane passe. En
attendant, ça ne s'arrange pas pour mon abonnement télé.
La joie de José
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Réactions anticipées à cet article:
Le sociologue: Allo Mourad? La stratégie a marché, deux articles du yugo en une semaine, ce n'était plus arrivé depuis 2007. Continuez comme ça, j'envoie le virement ce soir.
La femme du yugo: Chéri, s'il te plaît, on ne va pas prendre Sky Italia, je ne parle pas un mot d'italien.
Patrick Vieira: Hé les gars, je n'ai pas eu de carton ce soir, alors un peu de gratitude, quoi!
Andriy Shevchenko: Io giocato molto bene
Jack Brêle: Ouaaaiis, ils sont tellement réalistes ses Italiens, c'est typique, toujours à jouer défensif à 11 derrière, de diieeuu
Franz Beckenbauer: Je tiens à rappeler que c'est le Bayern qui détient le copyright du stéréotype de marquer et de gagner des rencontres à la dernière minute.
