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Commentaires sur commentaires
Publié dans: médias
Par [unknown placeholder $article.author$] - Feb 25, 2009 - 7:18:56 AM


Il est deux façons de commenter le foot : au fil du jeu ou après le match. Le commentaire au fil du jeu connaît deux tendances.

Soumis à l'instantanéité, il peut assez logiquement supporter la mesure et se suffire de relater l'essentiel (qui est qui, qui fait quoi, explication des décisions de l'arbitre de manière pédagogique) voire de commenter sur un versant émotionnel (telle baisse de régime d'un favori laisse craindre le pire, tel passage dynamique est enthousiasmant, etc.).

Soumis à l'instantanéité, il peut très bien prendre la cause du pragmatisme, idéologie de ceux qui veulent avoir raison toutes les trois secondes quitte à se contredire au même rythme : les temps de jeu offrent ainsi autant de vérités qu'ils ont de caractère différents et, pour prendre exemple sur le match d'hier entre l'OL et le Barça, pendant que Lyon mène à la marque, le Barça est méconnaissable et tenu par l'appétit de résistance des olympiens mais, dès lors que Henry a égalisé, Lyon s'est fait trop bêtement rattrapé par une équipe expérimentée et talentueuse...

bon_chasseur.jpg quelle différence y a t il entre le bon et le mauvais commentaire ?

Le commentaire d'après match arrive lui une fois que les jeux sont faits. Il devrait tout naturellement permettre de pondérer la frontière qui existe entre les deux tendances du commentaire en live : et celui qui relate, de s'engager plus avant dans l'analyse et, celui qui analyse à tous crins de pouvoir se reposer sur un résultat fondé.

Hélas ? le commentaire d'après match disons de lendemain, n'échappe pas à la dérive ? de celui qui est en live et, bien souvent, parvient à franchir toutes démagogies des vérités d'un jour...

En ce lendemain de Lyon – Barça, les exemples sont nombreux et journaux, radios ou blogs se sont fais un malin plaisir de relayer des informations pour le moins ambitieuses en ce qu'elles peuvent prendre une toute autre allure dans quelques temps, en fonction de la tournure du vent :

De ces exemples il ressort la démonstration que souvent l'impression fait l'avis et qu'alors le commentaire qui cède à l'envie de vérité, dicté par son pragmatisme du jour, frappe par l'incohérence de ses vues dans le temps.

Juger de la performance d'un joueur, ainsi qu'il est de coutume pratiqué par la presse, s'avère un exercice pour le moins délicat : qu'est ce qu'un match réussi ? Faut il marquer ? Est ce insuffisant ? Faut il peser dans le jeu... mais alors, si l'on ne marque pas, fait on un moins bon match que celui qui, transparent, aura finalement marqué ?

Juger de la performance d'un joueur revient souvent à faire œuvre de réputations.
Critiqué après son match à Lyon, Messi pourtant est l'auteur d'un match plein (beaucoup de ballons joués, beaucoup de duels physiques face à Boumsong qui fait deux fois sa taille et son poids, une capacité à tenir la focale défensive sur soi et à savoir malgré tout créer parfois le déséquilibre...). Mais il n'a pas marqué en partant en dribble depuis sa ligne de but, et les suiveurs sont déçus qu'il n'ait pas été à la hauteur de leurs attentes.
Annoncé comme le numéro 1 des numéros 9, Benzema est discuté : dangereux certes mais... cette course solitaire quand il eut fallu donner, crime d'individualisme qui lui vaut de soulever les doutes !
Hugo Lloris a arrêté un pénalty contre Nancy, il sort plusieurs ballons contre Barcelone et, dans le même temps, Mandanda, titulaire en équipe de France, a pu jouer les passoires... La conclusion est simple : la comparaison ronronne et les décrets tombent : Mandanda moins solide mentalement, Lloris plus complet, etc. Tout décret qui sortait inversé au début de la saison, et sur la foi de preuves issues comme il se doit de la sacro-sainte vérité des terrains !

valbuena.jpg hier décrété aux portes de l'edf, aujourd'hui supervisé par les yamakasis... ??
Commenter cependant oblige à prendre des risques et, peut on tenir un opinion sans arrêt et sans jamais en changer ? Peut on continuellement rester dans l'expectative et remettre à plus tard l'avis d'aujourd'hui, pour ne pas se compromettre dans des vérités trop vite faites et promises au procès ?

Peut-être qu'il irait bien et tout simplement aux commentaires qui se veulent une valeur de faits de s'inscrire dans leur environnement, le monde du foot est comme un théâtre, et d'intégrer plus de sens de l'auto-dérision, ou d'un réalisme « froid », qui peut dire les choses telles qu'elles sont et sans que cela engage d'écriture valant loi.

Peut-être aussi que le commentaire va trop souvent à gloser sur la performance des joueurs, en oubliant d'investir le reste du sujet.

Quand pourra t on rire ouvertement des sauts de cabri de Valbuena et des malices de Juninho tout en se demandant si des stades de football ont vocation à devenir des investissements d'intérêt général, si des sportifs ont vocation à apparaître dans les immobilisations des comptes d'un club ?

Les commentaires affirmatifs deviennent ridicules dès lors qu'ils sont dépourvus du moindre sel et, borgnes, à prendre la chose tout au sérieux de leur position dans ladite chose.



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