Les bobofs du dimanche
médias
Par Subfoot - La Rédaction (autres articles du même auteur)
Oct 26, 2009 - 1:11:15 AM

On se bâtit quelques repères dans la vie et, fort heureusement, ils varient. Ces changements sont parfois vécus dans la douleur, mais ils permettent de ne pas s’encrouter. A ne jamais bouger, on se fige, à n’y plus rien comprendre du monde. A trop changer, on peut se perdre, à n’y plus s’intéresser à ce qu’on aime.

 

Se perdre ou se fermer, c’est un drôle de dilemme où s’est fourvoyée la direction des sports de Canal en matière de traitement du championnat de France de foot. La soirée d’hier a atteint des sommets pathétiques jusqu’ici propres aux manchots désireux de taper la balle.

 

Hier soir, comme tous les soirs, on faisait le résumé de la journée de L1 du week end. Et hier soir, actu oblige, on dissertait sur l’annulation de OM-PSG. Deux angles d’attaque pour ébouriffer l’émission pathétique des « bobofs » de Canal, bobos du foot.

 

Le résumé de la L1, parlons-en. La patience m’interdirait pourtant d’en juger : passé plus d’une demi-heure d’attente et déjà deux pages de publicité, j’ai préféré parler à mon épouse qu’invoquer l’arrivée prochaine des images.

 

Pourtant, ce n’était pas faute d’avoir manœuvré en douceur. Au bout d’un quart d’heure et pour gagner du temps, j’avais lancé la conversation sur un débat mitonné comme il fallait, et lui parlais des droits du foot.

 

Mais les blablas des bobofs duraient, duraient.

 

Une émission de résumé sans rythme, avec un décorum digne de Sacrée Soirée, Subfoot en avait déjà parlé et, ailleurs, d’autres médias ont dis et répété ce qu’ils pensaient de la qualité de l’émission. Le Canal Football Club au mieux est un Banal Football Club (pour faire dans la veine de ses jeux de mots) au pire, un étalage de moyens humains et techniques moins intéressés à montrer les images chèrement acquises qu’à prouver du savoir faire.

 

Et ce truc de professionnels qui en jettent plein la vue respire le clinquant ennuyeux. On se croirait en compagnie d’une tarte bourgeoise qui préfèrerait un Champagne dégueulasse à un Blanc de Blanc délicieux, parce que l’enveloppe suffit à satisfaire à ses papilles.

 

Les bobofs étaient d’autant plus pathétiques hier soir que leur « clasico » était annulé.

Lexicalement parlant, c’était une manière sauve : OM – PSG n’ayant rien d’un clasico sinon la volonté marketing des médias et de leurs camarades présidents de club, l’annulation du match remet le terme en place (pour quelques temps seulement, Ô malheur !).

 

La cerise sur le gâteau venait dans les échanges, et ces pensées qui circulaient pour tous les supporters qui avaient traversé la France, engagés des frais, et qui ne l’auraient pas fais si l’annulation avait eu lieu la veille, tous ces supporters dont la mise ne serait pas remboursée… On se demandait comment personne ne pouffait, en imaginant dans la coulisse monsieur Linette patron des sports en train de faire l’addition des moyens mis en œuvre pour la diffusion du match, pour rien !

 

Bref, une demi-heure de perdue, pas une image de foot. Les plus patients auront sans doute vu un but, plus tard. Moi, j’ai pris mon repas. Avec ma famille. Le foot sans les bobofs du dimanche, c'est plus digeste.