N'y tenant plus
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Par Thierry Pellet - La Rédaction (autres articles du même auteur)
May 11, 2009 - 1:13:52 AM

Pendant de longues semaines je me suis interdit à tout commentaire mais, n'en pouvant plus, j'avais tenté d'aborder la chose de manière indirecte.

De manière indirecte, je pensais parler de ce que Daniel Riolo incarne, c'est à dire une manière d'informer sans donner la moindre information mais en jetant de l'huile sur le feu parfois et, toujours, en abordant les choses d'un point de vue journalier pur, c'est à dire selon l'opportunité des résultats, ce qu'il incarne donc, mais sans parler de lui non plus, par souci de ne pas lui faire de publicité, quand bien même négative. Je pensais qu'il n'en valait pas la peine.

Je m'étais mis dans les lignes d'un faux écrivaillon, Jean Rigol, et de son blog. Par deux fois Subfoot a bien voulu accueillir cette « création » somme toute monstrueuse, tant elle succombait davantage aux besoins d'expulser qu'au désir de créer.

Le premier « Jean Rigol », intitulé "Une œuvre à contre cœur", portait donc bien son nom. Je faisais dire à Jean Rigol cette phrase absolument affreuse : « J'ai remarqué qu'en changeant régulièrement d'opinion, j'avais toujours raison. ». Et je détaillais la méthode : « Quotidiennement, j'exerce la profession d'avoir raison. Pour donner au tout de l'envergure, je me fends de qualificatif à mon propre égard. (…) La vie est trop courte pour faire de belles choses qui demandent du temps et se priver d'un triomphe journalier ! Tous les jours, je me drogue de foot. Dans cet excès, j'ai besoin qu'on me suive. Sinon, comment j'existe ? »

Le second Jean Rigol tombait déjà dans la redite. Quoique l'analyse de la méthode utilisée par l'indirectement décrié y était complétée : « Ma focale perpétuelle, c'est la répétition incessante, chaque jour, des mêmes principes décrits ici... d'une logique non pas déclinée dans les diverses dimensions des choses, puisque la réalité est réduite à ce que j'en dis, mais déclinée dans le temps. Le temps qui passe est le mouvement de ma focale. De cette technique bien peu enrichissante, je gagne ma vie. »

Pendant de longues semaines, ma seule plainte s'est voulue créative, réaction presque poétique à l'expression de ce qui me semblait être d'une criante bêtise.

Le pastiche de blog ne satisfait plus à ma plainte. Voilà qu'il me faut écrire les choses à la sortie de ce week end, découvrant renvoyé par un ami le lien du blog et ses aveux affligeants : Riolo explique qu'il ne comprend pas la nullité des cellules de recrutement des clubs français, qu'il annonçait Eduardo de Guigamp depuis avant qu'il ne naisse (j'exagère mais c'est grosso modo l'idée), au passage pose des tacles sur Lacombe puisqu'il est « désolant et pitoyable en même temps » qu'un club de L2 gagne un club de L1 en finale de la Coupe de France, etc etc etc etc etc.

Daniel, tu m'excusera de te tutoyer, mais :

  • non content d'inonder le petit monde du foot de tes sempiternelles analyses nées dans l'instant pour mourir le lendemain soir à la faveur de nouveaux résultats,
  • tu sembles prendre un malin plaisir à faire le malin
  • à provoquer
  • ainsi qu'il te paraît sans doute suffisant de provoquer pour être impertinent
  • voire intelligent.

Daniel :

  • non seulement tes analyses sont la plupart du temps affligeantes par la pauvreté de leur argumentation (« Comment [Eduardo] a-t-il pu rester dans ce relatif anonymat ? Lors du « mercato » de l’année dernière, le PSG le voulait mais finalement, le club a préféré le duo Everton/Souza. Et oui… ! (…) Cette histoire me laisse perplexe. Elle illustre la nullité d’ensemble des cellules de recrutements des clubs de L1. »)
  • en plus elle trimballe une philosophie du foot qui ne tolère ni l'existence de l'incertitude comme une donnée enthousiasmante du sport ni même la défaite comme un élément constitutif d'une compétition et/ou d'un jeu,

Aussi, Daniel :

  • quoiqu'il m'en coûte de m'adresser à toi
  • je ne saurai m'empêcher plus longtemps de te dire que je ne te trouve même pas bête et méchant,
  • ce serait donner trop de consistance à tes sorties professionnelles,
  • à mes yeux tu incarnes le journalisme de foot dans ce qu'il a de plus affligeant : l'imposture des avis qui n'en sont pas, l'imposture d'un style qui est un positionnement commercial déguisé, l'imposture d'une soit disant liberté de penser et de dire qui ne correspond ni plus ni moins qu'au blanc seing qu'on se donne soi à remplir du vide

Et,

  • je ne saurai donc te reconnaître qu'une seule qualité :
  • ta capacité à t'imposer en si peu de temps comme ce que le journalisme de foot a fait de plus vain depuis longtemps. Mais je ne doute pas que tu saches, tout au long de ta carrière, concurrencer les sorties fameuses et, pour le coup, désolantes et pitoyables en même temps, de Thierry Roland, pour devenir unique.
Ton travail écorne le foot tel que je le conçois... il altère la profession ou le loisir de ceux qui observent le ballon rond et son théâtre, ainsi que tu fais tendre celui-ci vers une triste comédie de sirs aussi peu désopilants que sérieux, baignant dans des certitudes clamées... et aucunement constructives.

Tu m'excusera de te tutoyer. Je ne suis pas perplexe. Jean Rigol était une erreur. Si ta prétention fait bien partie de la nature humaine, elle ne mérite guère, sinon le silence que je voulais d'abord tenir, qu'une interpellation franche, surement pas un effort d'imagination. A moins finalement, mais seuls les jours prochains me le diront, qu'il ne me prenne régulièrement l'envie de narrer l'infatigable exploit de tes risibles sorties...

Et sans langue de but, pour reprendre le mot célèbre de Pierre Dac. Mais là, bien sûr, tu aura compris que je me moque.