| Mettomo est vivant
suisse Par Guillaume S., sociologue subjectif - (autres articles du même auteur) Oct 23, 2006 - 10:15:00 PM |
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Même si l’éléphant est maigre, il reste le roi de la forêt nous apprend le proverbe camerounais. Lucien Mettomo décollera-t-il un jour ?
Mettomo est vivant
Par Guillaume S., sociologue subjectif
Le football regorge d’histoires de joueurs dont le destin était annoncé au firmament de ce sport et qui finalement se retrouvent dans des ligues au sein desquelles ils végètent ou parfois survivent dans le cadre d’une carrière devenue médiocre.
Je ne vous parle pas des Izno qui jurent leurs grands dieux que, si leur mère n’avait pas insisté pour qu’ils passent leur bacs, ils auraient été champion du monde en 1998 aux côtés des joueurs que vous connaissez.
Non, je vous parle de ces joueurs qui, entre 18 et 22 ans, semblent promis au plus bel avenir, qui lorgnent vers leur équipe nationale et plus encore vers un club qui saura leur donner la visibilité médiatique leur assurant un beau contrat bien juteux dans un des cadors du football européen.
Tout le monde ne s’appelle pas Ronaldinho. Il y a aussi des Ouedec, des Paille, des Tevez, des Saviola qui n’ont jamais atteint les étoiles fantasmées.
Un de ceux-là s’appelle peut-être Lucien Mettomo (http://site.lucien.free.fr/index.htm).
Mettomo appréciait la technique du ciseau
Le beau bébé de 83 kilos pour 1.83 mètres est né dans la grande cité de Douala en 1977. A 19 ans il rejoint le centre de formation de l’ASSE. Les verts le bichonnent. Ils se souviennent encore avec émotion de la doublette en défense centrale Kastendeuch-Cyprien puis Blanc-Cyprien où le grand guadeloupéen donnait parfois l’impression d’être le maître du jeu devant un futur champion du monde.
Mettomo ne tarde pas à faire ses débuts en Division 1, à 21 ans, déjà international pour le Cameroun depuis deux ans. Geoffroy-Guichard scande son nom comme celui de Piazza à chacune de ses montées rageuses et physiques (1998-1999, 33 matchs, 7 buts). Pourtant, on se rend bien vite compte dans le chaudron que le gamin ne restera pas éternellement dans le Forez si le club n’a pas plus d’ambitions. C’est le cas. Mettomo le capitaine stéphanois sent que ses chevilles ne rentrent plus dans les chaussures vertes et veut partir.
Mais Mettomo, comme beaucoup de jeunes joueurs encore imberbes se précipite vers le premier venu, conseillé par un agent avide de cash. Il y en a eu d’autres avant lui, il y en aura d’autres après lui et notamment ceux devenus champions du monde junior en 1999 dont seul Berthod aujourd’hui tenir un certain rang.
Ce sera Manchester City et les livres anglaises quand Saint-Etienne descend en Division 2 lors de la saison 2000-2001 à cause du faux passeport de son gardien ukrainien Levitski aussi européen (au sens UE) que je se suis malien.
City, ce n’est pas le paradis, même avec Bernarbia et un Shaun Wright-Phillips encore plein d’espérance et « flamand rose »Wanchope. Keegan n’arrive pas à gérer les seize nationalités (si, si j’ai compté) de son effectif et au bout de deux saisons 27 matchs en tout et pour tout, Mettomo s’oriente vers l’Allemagne.
Un club de rêve ? Un Bayern ? Un Brême ? Un Dortmund ? Rien de tout cela, ce sera le FC Kaiserslautern d’un Djorkaeff déjà parti et d’un Sforza déjà fini. Le FCK est bien loin de son glorieux passé par lequel sont tout de même passé des clients du niveau de Klaus Allofs, Andreas Brehme, Hans-Peter Briegel ou encore Miroslav Klose. Mettomo s’enfonce.
Mettomo aimait bien les calins avec l'adversaire
Mais il y a pire puisque le camerounais part au mercato 2006 à Erciyesspor, dont la sonorité quand vous l’aurez prononcé à haute vous fait dire sans hésitation que ce club fait partie du gotha du championnat turc. Wahoo !
Mettomo n’a pas la carrière souhaitée mais il n’est non plus pas suicidaire et cet été sans coupe du monde pour son équipe nationale, il prend son téléphone mobile, scanne la liste de ses connaissances et active son réseau. Sous « s », il tombe sur Sforza. Le suisse a arrêté sa carrière, a toujours un caractère de cochon développé sous l’influence de Mathaus au Bayern et non pas de Moratti à l’Inter comme le prétendent les mauvaises langues.
Pourtant, il propose à Mettomo un challenge pour se relancer dans un championnat qui a plus de visibilité que le championnat turc. Sforza vient de reprendre la direction technique du FC Lucerne, au bord du lac des quatre cantons. C’est bucolique, c’est vert avec plein de petits chalets et d’Heidi qui cherchent leur Peter. Mettomo hésite mais quand Sforza lui allonge la liste des clients passés en Suisse avant de faire le bonheur de très grands clubs européens, Mettomo se détend.
Sforza commence par Chapuisat passé par le Lausanne Sport, Henchoz par Neuchâtel Xamax, Zamorano par Saint-Gall, Vogel par Grashoppers, Barberis, Fargeon, Frei ou encore Sonny Anderson passés par le Servette. Et puis des génies ont été jetés de ce championnat : Ronaldihno par le FC Sion (le responsable des juniors ne voulait pas d’une « bête de cirque »).
Mais quand Sforza parle à Mettomo de Jean-Pierre Cyprien passé par Neuchâtel Xamax pour repartir jouer en Italie (Lecce, Salernitana, Crotone), le camerounais signe des deux mains, il y a des signes qui ne trompent pas. Mais Mettomo ne sait pas que Crotone est en Serie B et Cyprien l’ombre de lui-même.
Néanmoins, l’ancien stéphanois s’accroche et ce week end, il donne une victoire à Lucerne contre les Young Boys de Berne (qui viennent de virer Gernot Rohr) en passant deux buts de la tête au gardien bernois.
Mettomo est de retour. Si Crotone est intéressé ?
