Ordre de marche
Il y a plus bizzare que les Chinois...les Suisses. Alors que notre oeil subjectif pensait analyser les moultes parties en coupe de l'UEFA, c'est du pays de l'Emmenthal que l'improbable s'est produit hier soir. Un derby absolument insensé entre les deux clubs de Zurich, je nomme les Grasshoppers (sauterelles pour ceux qui ne pratiquent pas la langue de Shakespeare) et le FC Zurich, en demi finale de la Coupe de Suisse. Le syndrome des années 50 à frappé de sa foudre le stade du Hardturm de Grasshoppers, de même qu'il avait frappé le stade Louis II il y de celà quelques mois lors de la rencontre Monaco - La Corogne en CL!! Football moderne, que deviens tu? Un synopsis de notre envoyé spécial de son fauteuil de salon.
Le redacteur en chef a 2 balles - Omar
Zurich - ville naufrage par S. Vacic notre envoyé spécial de son fauteuil de salon
Je ne vais pas y aller par quatre chemins: le match de demi-finale de la coupe Suisse entre le Grasshoppers Zurich (GZ) et le FC Zurich (FCZ) du mercredi 3/3/2003 qui se termina sur le score invraisemblable de 6-5 est une honte, une parodie du football. Un match comme celui ci, ne devrait pas exister à un tel niveau en 2004. Il ne faut pas s'étonner après qu'on se foute de la gueule du foot suisse dans les autres pays européens quand on voit ce score, et surtout quand on réalise le contexte et les conditions dans lesquelles certains des buts et des événements qui ont déterminé le sort du match se sont produits.
Et qu'on ne vienne pas me dire que le match était au moins excitant car plein de rebondissements et de buts. Cela peut suffire à certains de nos commentateurs télés qui confondent le foot au basket, ou bien à des gens qui vont au matches pour faire la holà, mais pas pour moi. Il faut pouvoir exiger un autre type du spectacle du foot professionnel que du foot junior.
Que ça soit clair: ce n'est pas forcement le score, qui ressemble plus à un score de tennis ou de babyfoot, qui me pose problème. L'année dernière, nous avons vu plusieurs matches avec des scores semblables, par exemple le 3 :4 de Manchester contre Real Madrid dans la Champions League, ou encore tout récemment l’étonnant 8 :3 de Monaco contre Deportivo. Il y avait certes dans ces matches plus qu’un brin d’irrationnel, de folie passagère qui faisait que les défenses craquaient alors que le niveau de jeu restait élevé. Ces matches là étaient véritablement spectaculaire, surtout Manchester - Real, notamment grâce aux 3 buts splendides de Ronaldo, mais aussi généralement par la qualité du jeu et la combativité des deux équipes qui ont tout donné jusqu'au dernier moment, en gardant toute leur grâce et leur capacités à faire du beau jeu.
Non, le vrai problème c’est la médiocrité; le beau jeu était apparemment resté au vestiaire hier soir, si ce n’est pour quelques gestes techniques isolés. Dans plusieurs sens, le match d’hier ressemblait plus à une séquence télé bêtisier du foot qui aurait certainement ravi Christian Jean-Pierre, à commencer par les deux premiers buts (d’ailleurs je suis sur qui passera des extraits du match sur Téléfax dimanche pour ricaner sur le dos des Suisse). Dans les deux cas, les défenseurs démontrent bien dans ses actions que le pire ennemi de l’homme, c’est l’homme lui-même. Ca point s’applique aussi à l’incompétence du gardien Taini, qui a failli encaisser encore plus de buts (notamment sur un débordement de Nunez vers la fin du match) – en comparaison, un guardien comme Porato nous apparaît comme Oliver Kahn.
Ensuite vinrent plusieurs très bons gestes de Gygax (FCZ), certains résultants en buts, et c’est comme cela qu’on s’est retrouvé rapidement à 5 :2 pour FCZ. Certains ont qualifié cette montée de « festival »; étant donné le niveau de jeu général, je penserai plutôt à une fête foraine.
Le foot, c’est une question d’art et de discipline; un sport qui se joue à 11 nécessite un minimum d’organisation et de pensée collective. Or il manquait les deux hier soir ; l’art j’en passe, mais la discipline alors… même si c’était certainement extrême de donner un deuxième carton jaune au brésilien Cesar, l’auteur du cinquième but, pour avoir célébré son but de manière trop ostentatoire, il faut reconnaître que le joueur fait évidence d’une stupidité flagrante puisqu’il avait déjà été averti. C’est simple – si le règlement interdit un certains nombre de choses ou comportements (et il s’agit là de quelque chose qui est facile à éviter, contrairement aux choses qui se passent pendant que le ballon circule), les joueurs et les clubs doivent s’attendre à des sanctions quand ils les transgressent. Encore plus stupéfiant est la réaction de Cesar qui, face au regard perplexe et critique de Lucien Favre son entraîneur, semble vouloir se justifier de sa bêtise.
Dès lors, il faut quand même s’interroger sur le rôle du coach. Je suis triste pour Lucien Favre car il ne méritait pas, certainement pas ça, mais ce n’est pas pour rien que ce match vous rappellera un certain Deportivo : PSG de quelques années en arrière, ou Luis Fernandez avait commis l’énorme erreur de réduire le potentiel offensif de son équipe (qui consistait déjà d’un seul attaquant) et la mettre dans la mauvaise posture psychologique qui menait donc à son élimination. Hier soir, Favre a plus ou moins fait la même chose (dans une moindre mesure, certes) et ceci s’est révélé fatal lors des prolongations, à l’image du défenseur de FCZ Filipescu (un Koller vraiment colerique?) se prenant pour Roberto Carlos en essayant de monter à l’attaque. A ce sujet, il est aussi intéressant de relever le faible niveau physique d’un bon nombre de joueurs, malgré le fait qu’ils soient des professionnels du sport.
Moralité – comme le disait Coluche dans un de ces sketches – « comme disent les Suisses, quand on voit ce qu’on voit, et qu’on entend ce qu’on entend, eh bien on a raison de penser ce qu’on pense ! »
Points forts du match :
Ø Eduardo, joueur de milieu de GC, auteur de 3 buts hier soir
Ø Le lob de Nunez sur Taini sur le dernier (6ème) but de GC
Points faibles du match :
Ø La pluparts des joueurs des deux equipes
Ø Le 2ème but (auto-goal) de FCZ
Ø Le match lui-même
On aurait aussi pu dire :
Freres ennemis
Est-ce que Taini est le frere ingrat de Taino
Minutage
Un peu plus et le résumé était aussi long que le match.
Open de Zurich
6-5 en 95 minutes, c’est long pour un set
Commentaire de Roger Federer
« C’est pas juste, moi je dois gagner par deux jeux d’écarts ! »