Balotelli, le nouveau bafana

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J’ai compté, ça doit faire plus de six mois que je ne n’ai pas été foutu de pondre le moindre article sur le meilleur site web sur le football que l’homme ait crée.

Six mois de carême pour certains, six mois d’intense bonheur pour d’autre, fatigués de lire la prose bienpensante du sociologue en réaction parfois violente au venin infantile du consultant yougo (oui, je n’écris pas yugo car ce n’est pas français, une fois pour toutes).

Aujourd’hui, j’ai envie d’me casser la voix dirait l’autre con, ou plus simplement de faire sortir peut-être les sentiments bizarres qui me traversent les boyaux. Je ne vais pas m’étendre sur le divan comme la pathétique Justine Levy qui nous raconte son cocufiage puis l’agonie de sa mère, tout simplement parce que je viens de compléter un E-learning sur la confidentialité au travail et si ça se trouve, ce qui me chagrine les entrailles à rapport avec mon taf.

Du coup, je vais prendre en grippe ce qui risque d’être mon souffre-douleur préféré dans les six prochains mois (oui, je fonctionne en semestre, comme pour les bonus) : la vicieuse Italie.

J’ai déjà eu l’occasion de traiter du football italien gangréné par la violence et l’inaction de ses dirigeants (merci de fouiller dans les cartons d’archives mal rangés de subfoot.com), et là on touche encore une fois non plus seulement au football mais bien plus encore à la société dans son ensemble qui semble avoir été éduquée dans son entièreté dans les internats sordides de l’Opus Dei.

Seigneur, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. Non ce n’est pas récent. Non le cas Balotelli ne peut se lire sous le seul angle des insultes racistes proférées par les supporteurs à tête de veau de la Juventus de Turin. C’est pire que cela. Bien pire. C’est profond et ça fait mal sans qu’on ait envie d’y revenir. Et pourtant il le faut bien car si un homme averti en vaut deux, il se peut alors que cet article remplisse un rôle social. C’est prétentieux mais en tant que sociologue politique, j’ai effectivement la prétention de croire que l’acteur social (éditorialiste, producteur de mots) est aussi un agent social quoiqu’il fasse quoiqu’il dise, quel qu’en soit sa conscience.

Pire, ai-je écrit ? Ecoutez plutôt cela. En prenant mon volant pour aller à prendre l’air de Zurich, j’eu la bonne idée d’écouter France Inter un matin de décembre. La trêve française donnant l’occasion aux médias hexagonaux de s’intéresser à autre chose qu’à la Ligue 1, ils se jetèrent sur les insultes dont le pauvre Balotelli a été victime lors du dernier match de son club, l’Inter, contre le Chievo de Verone.

supermario2.jpg Provocateur?
Un épisode de plus dans ce qu’on pourrait sans exagération appeler une chasse à l’homme rappelant le prix du danger avec Michel Piccoli où les fauves sont lâchés sur une proie sans que personne ne réagisse. Un épisode de plus car ce match contre le Chievo n’est pas un cadeau de Noël particulier que les supporteurs jaunes et bleus adressent à Balotelli, ce dernier étant la cible (de chants racistes ) à atteindre depuis le début de la saison dans tous les stades italiens ou presque et même quand l’Inter ne joue pas, un objectif prioritaire Drughi et autres Indians (supporteurs de la Juve) comme à Bordeaux en phase de poule de la ligue des champions.

Le supporteur est parfois un con. Passons.

Le plus savoureux dans cette affaire n’est pas vraiment ce qui se passe dans les stades mais les explications que les acteurs et notamment les journlistes sportifs font du cas Balotelli.

Sur Inter (France Inter), ce matin-là, on avait invité le rédacteur en chef du journal Tutto Sport, qui est le deuxième journal de sport en Italie après la Gazette (de sport… de foot en vérité) afin de lui demander son avis sur l’amende reçue par le joueur interiste pour avoir « provoqué »  le public par des applaudissements en réponse à des insultes. Son analyse ne manquait pas de sel. Selon lui, les insultes étaient certes inadmissibles mais Balotelli provoquaient également les supporteurs et de ce fait pouvait générer une certaine violence.

Grandiose ! Brillant ! Magnifique ! Superbe ! Fuoriclasse, oserais-je !

La justification du racisme par les faits. Ainsi donc, pour pousser le raisonnement un peu plus loin, les personnes de couleur n’auraient pas le loisir de provoquer comme n’importe quel joueur de football au QI de lapin sans subir un racisme de bas étage. Pour amener la réflexion à son paroxysme, posons la question : Les Noirs auraient-ils le droit de marquer sans devoir endurer des cris de singe ? Les Africains peuvent-ils tacler sans entendre monter dans les tribunes à chemises brunes, des hymnes à l’Italie blanche ?

Les joueurs non italiens ont-ils tout simplement la permission  de se comporter comme des hommes et d’êtres des citoyens à part entière soumis aux devoirs et aux droits d’un pays de droit ?

Ou alors faut-il peut-être réintroduire une société à deux vitesses, avec des règles pour les Blancs et d’autres pour les Noirs. Avec des bus pour les uns, des bus pour les autres. Des jeux pour certains, des jeux pour d’autres.

C’est, semble-t-il, ce que réclament même les plus instruits d’entre nous.

Avant la prochaine coupe du monde, avaient-ils déjà entendu parler d’apartheid, de Soweto et d’Afrique du Sud ?

One Comment

  • 30 août 2011 | Permalink |

    I bow down hmlbuy in the presence of such greatness.