Je tricote, tu tricotes, il tripote, on se fait chier….
Faut vous le dire en quelle langue ? Y’en a marre, y’en a marre du jeu en triangle, des passes à la noix à une touche à la vas-y-que-je-te pousse la baballe une deux hop hop une deux trois en quadricercle, et hop je retourne ou j’étais et je recule et j’avance, marche avant, marche arrière, ras le bol du jeu léché, de l’identité de jeu tactico-tactique, en losange, en courbe sinusoïdale, en trapèze, des 835 passes par match pour épuiser le spectateur le nez dans sa cannette, de la philosophie technico-tactique pondue sur tableau noir de jeu collectif à la Dénoueix qu’a plongé les canaris dans l’abîme de la détresse footballistique du fin fond du gouffre de la L2, des séances vidéo Gourcuffiennes que je te décrypte les systèmes et qui emmerdent les ado neuro-embouchés du foot, et vas-y que j’avance, que je recule, que je vais à droite, que je vais à gauche, que je te confisque le ballon, que je tripote, que je t’embrouille, que je roule des mécaniques, je suis l’impressionniste catalan du ballon, je peints avec mes guibolles, je danse avec mon protège-slip ; mais merde quoi, il est ou le trip, le sang, le mollard, la vitamine, le poilu, le couillu, le garçon boucher du rond central, le pitbull sans neuronne qui cartonne les zigzagueurs d’opérette, le british fighting boring spirit qu’envoie des péteux dans les nuages, l’esprit kung-fu du King qui te dézingue les cato du ballon rond, les coinçosses du toucher de balle, les vierges effarouchées du contrôle orienté. Y en a marre des bizounours d’1m30 qui se faufilent à la vitesse d’un boomerang dans une marrée de jambes gonflées à la créatine, des Rinpotché du rond central qui cumulent la trentaine de kilomètres par match et 80% de possession pour deux tirs cadrés mollassons, des ailiers fulgurants qui comprennent pas que le plus court pour aller à un point, c’est la ligne droite et le pointard.
Fluidité, couverture, vitesse, précision, collectif : que dalle, le dribble n’est pas une création d’art moderne, la passe est une perte de temps, le passement de jambes est une escroquerie sportive, le mouvement sans ballon est une illusion d’optique, le caviar n’existe qu’à Noël dans une assiette. Intelligence de jeu, science du mouvement, de la course et du déplacement, simplicité du geste ? On s’en balance, ça a fonctionné cette année en Afrique du Sud mais ça nous a gavé grave. De Jong est notre star planétaire du pied en l’air, Schumacher était un précurseur du remplacement de gencives, Cyril Rool a quelques compétences en défonce de Tallon d’Achille et surnage dans cet univers de trapézistes et Eric Di Méco en avait sous la pédale. Il nous faut du rentre-dedans, pas du jus de chaussette. Christian Califano a sa place en ailier droit, Jim Courrier aurait du faire carrière en goal, on veut du Knysna, du rebelle, du chauve, du pétard, des histoires de drogue et de voiture de sport, du banania, quoi, pas du kiwi.
Au revoir les amoureux du tricot, les Arribas, Amisse, Iniesta et consorts. Viva les Koehler, les Cascarino sans-dents, les Stuart Pearce sans-brain, les Ian Rush sans-style et les Bernard Lacombe sans cervelle ; nous comptons sur vous au Brésil les bouchers du football, le boring Arsenal, les patates de Pancran, les dégagements en touche, les pieds décollés sans raison, les pansements sur la gueule, les tatouages sur le zob, les narines pleines de crottes. Vous êtes l’avenir du ballon rond, le saute-milieu, les tacles par derrière, les coups bas, les injures, les crachats, les arrêts de jeu, les balafres, les crêtes iroquoises. Les biscottes rouges reviendront sur le devant de la scène à Rio. On leur dira qui c’est le patron aux spanish ! Merci à la FIFA d’interdire les double-contacts, d’opter pour les 30s de possession limite avant-tir. Au revoir le 4-3-3, vive le 4-0-6, balancez, kickez the ball out and hopez hard, en se disant que les trois avant-centres mélange de Shrek, mister T et de Gulliver se démmerderont avec. Menotti avait raison, le sport est un combat, pas un débat.
Vive le foot rugueux, l’ennui, les vilains ballons aériens et le muscle saillant. Irlandais, Ecossais, Norvégiens, vous êtes l’avenir de ce sport. Interdisons les passes et les protège-tibias, supprimons le hors jeu, organisons le Top10 du but le plus crado, donnons deux points par but issu d’une passe du gardien, rehaussons la barre transversale de 4-5 mètres, remplaçons le sifflet de l’arbitre par un zigouilleur à décharge électrique, licencions les éducateurs sportifs, faisons du retour en zone une faute professionnelle passible de la cour martiale, ça nous réveillera ce beau monde. Le prix citron sera enfin nobélisable. Alors on verra enfin du vrai beau jeu, de la castagne, du fight, que ne renierait pas Tony Adams, pilier de comptoir, world champion de la passe de 70 mètres. Platoche, bouge-toi enfin, le vrai peuple du foot est suspendu à tes actes.
Vive les Pays Bas, Nottingham et Millwall quoi, rendons le foot aux vrais fans pour 2014, ceux qui gueulent, qui vitupèrent, qui pensent que les Iles Féroé est la meilleure équipe du monde, que Sauzée est un esthète, et que si t’as pas la technique, tant que t’as du muscle, du bon sens, que tu sais faire du mortier et que t’as le pied cramponné bien calé au-dessus de ta tête, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes…
Le Condor.







(3 votes, average: 4,67 out of 5)



