Haut les mains !

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haut les mains

Décidément le sujet n’est pas clos, et pourtant qu’il est ballot, la main d’Henry. Allez-y : mettez moi dix irlandais sous le nez, je tiendrai la rampe du même discours, et haut la main je vous le dis, nous trinquerons dans la minute, amateurs de sport.

Décidément le sujet n’est pas clos, et les envolées continuent. La sortie d’un livre nourrit le phénomène. C’est un type important qui s’y colle. Un directeur de l’IRIS (Institut de relations internationales et stratégiques), c’est important, non ?

Rue 89 fait l’article sur la sortie. Accrochez vous au fauteuil, vous allez en prendre plein les yeux des arguments et des idées ras la pelouse.

Le livre résumé en une phrase : « Son geste est inqualifiable au niveau sportif, mais pardonnable. » On reviendra. Et l’avis critique de Rue 89 : « On peut reprocher à Boniface de ne pas assez se pencher sur le temps qu’il a fallu à Henry pour s’excuser, et pour évoquer sa joie indécente après le but (quatre jours après les faits, sur RTL et dans L’Equipe), de ne pas analyser ce que ce geste a de français, d’actuel, de berluscono-sarkozyste, d’anti-sport. Comme s’il s’écartait trop vite de son sujet. »

Dommage, je ne suis pas stakhanoviste. Je ne suis pas prêt à m’ingurgiter 24 heures de foot par jour en tenant à jour un fichier excel répertoriant les fautes de main ayant entrainé un but depuis la fameuse main de Henry, dommage car, j’estime à la louche : il y en a eu plusieurs milliers et… tenez vous bien : le foot va bien ! Les matchs continuent, la jeunesse dévoyée vit encore !

Ah…. Le geste inqualifiable de Henry… Mais pardonnable ! Dieu soit loué, la morale chrétienne a tout prévu : elle peut à la fois extraire le mal et le consentir !

Inqualifiable, la main de Henry ? Par qui ? Elle est qualifiable pourtant : d’un carton jaune ou rouge, pour peu que l’arbitre la voit. Fin du débat. On posera la question de la morale, de l’esprit du jeu. Je répondrai par le jeu tout cours et mettrai au défi les directeurs de rédaction, rédacteurs et autres intelligents du micro de se pointer crampons aux pieds sur une pelouse, d’enchainer des heures de foot avec des heures de foot et de faire preuve de morale c’est-à-dire, dans leur langue, de ne jamais commettre de main !

Ah ! J’aimerai reprendre leur carrière professionnelle et chasser les petites fautes : sujet présenté sans avoir eu le temps de le préparer, traiter à la va vite en serrant les fesses que ça passe, j’en passe et des meilleurs de ce qui ponctue la vie d’un homme normalement constitué : tout, rien, un peu des deux, etc.

Henry, nous explique le journaliste, a eu l’indécence d’être heureux : c’est vrai, quel salaud ce Thierry Henry on aurait préféré qu’il se lacère le dos ! Ah… oui, j’oubliais, j’exagère : on ne demande pas qu’il se fouette en public, on demande qu’il soit parfait : qu’il arrête l’arbitre, le stade, ses potes et qu’il crie : « Non non j’ai fauté, j’ai mis la main, ne soyez pas heureux, nous ne méritons pas la victoire, nous n’avons pas marqué, soyons moraux à défaut d’être qualifiés » Dès lors, ils auraient été moraux et traités d’incapables dans les journaux : incapables de se qualifier. Dieu les pardonne, ils ne sont pas parfaits : ils n’ont pas su se qualifier haut la main mais de la main, ils ne sont pas moraux et ne nous laissent pas le choix : prenons le parti de les aimer de loin. Nous, on est moral. Nous on est décent.

Peste tiens !

Le journaliste n’est pas au mot prêt, et enfonce le clou de son crâne vil : « (…) ce que ce geste a de français, d’actuel, de berluscono-sarkozyste ». Damnation : depuis que les sociologues et autres scientifiques ont ponctué leurs théories de livres bourrés d’anecdotes exemplaires tirés du quotidien, faisant des liens entre les divers éléments de la société, trop d’esprits s’y mettent qui s’y emmêlent les neurones !

Voilà que nous apprenons donc que la main dans le foot a avoir avec le sarkosysme ! Ce n’est même plus idiot, c’est pire : c’est doublement pervers… faire de l’illustration politique avec des évènements déconnectés, ainsi qu’un démagogue joue de premier exemple populaire pour animer des connexions faciles et, faire de l’anti-sarkosyme de comptoir, ainsi que l’attaque est si faible qu’elle en crédibilise l’attaqué.

Bref, la main de Henry relève après quelques mois un vrai problème : pourquoi tant de monde écrit il sur le foot ?

Pourquoi les faits de jeu d’un match sont ils repris à ce point par des bavards creux ? Qu’y gagnent ils ?

Le foot n’y gagnant rien, on imagine bien que le match en question n’a rien à voir avec le ballon rond, mais avec leurs auteurs, et des sujets connexes.

En attendant, pour parler valeurs et sports, on attendra une exploration sérieuse, plutôt qu’un battage médiatique.



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